‹ La Grèce ancienneChapitre 121 sur 144 · XI. — Li: TYPE MACÉDONIEN. :28î · texte numérisé non relu

XI. — Li: TYPE MACÉDONIEN. :28î

fâcheux (l'avoir à entretenir des troupes! On cherche ù dissiper nos finances '. » Quant au motif intéressé qui porte les « traîtres » ;\ tenir c<' langage, le scepticisme bon enfant des Athéniens ne s'en émeut plus. « On porte envie à celui qui touche ; on ne fait que rire, s'il avoue; on lui pardonne, s'il est convaincu; on sait mauvais gré à ceux qui se plaignent de ces mœurs-. »

Le parti de la paix, k Athènes, est devenu plus fort que pendant lu guerre du Péloponèse, principalement pour trois causes : le progrès du bien-être, qui fait redouter davantage les ennuis de la guerre; les libéralités de Philippe, qui entraînent directement ou indirectement une partie de la population, et le déclin de la puissance navale d'Athènes, qui enlève aux partisans de la guerre la ressource de se rejeter, comme jadis, sur l'exploitation lucrative de la mer.

La résistance des autonomies locales : le type de Démosthènes. — Pourtant le parti de la guerre existe, et il est très fort. Il est très fort, parce qu'il s'appuie, lui aussi, sur un fait social de la plus haute importance, à savoir : l'indépendance absolue de la cité. Jusqu'ici, malgré les vicissitudes de la guerre et les triomphes momentanés de cités dominantes, les autonomies municipales sont demeurées à peu près intactes. Athènes, en particulier, n'a fléchi un instant sous le joug lacédémonien que pour s'émanciper presque aussitôt. Car une cité, nous l'avons vu par bien des exemples, est rarement assez forte pour s'annexer réellement une autre cité. Mais à présent, les « patriotes » éclairés voient se lever une plus terrible tempête. Ce n'est pas une cité rivale qui menace; c'est un « royaume », c'est une « puissance » organisée sur un type différent de celui de la cité, et qui est outillée pour établir sa domination d'une manière efficace. Voilà pourquoi, en face du plus redoutable péril qu'ait couru l'indépendance de la cité, surgit le plus éloquent des orateurs dont parle l'histoire. Le rôle de Philippe, par un choc en retour, crée celui de Démosthènes.

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