‹ La Grèce ancienneChapitre 47 sur 144 · V. — I.I-; HAMUT KHI STI-: ET MILITAHISTE. i · texte numérisé non relu

V. — I.I-; HAMUT KHI STI-: ET MILITAHISTE. i

réussi ;l transformer l'individu en machine à combattre, et à grouper méthodiquement, pour la lutte armée, un petit nombre de ces individus. Il faut aller jusqu'à la chevalerie du moyen âge pour trouver, à ce point de vue, quehjue chose de semblable. Les armées féodales, comme les armées Spartiates, furent des poignées d'hommes, et le chevalier était un merveilleux professionnel de l'art des combats. Mais le chevalier était moins discipliné que le Spartiate, et combattait à cheval au lieu de combattre à pied. Sparte n'a jamais eu, paraît-il, plus de six cents hommes de cavalerie. C'était son infanterie à'' hoplites, soldats pesanmient armés, qui faisait sa force. Chacun de ces hoplites, comme le chevalier, était une citadelle vivante. Chacun avait, pour emprunter un terme àla marine, la valeur d'une « unité de combat», et la perte de quelques-uns d'entre eux seulement était douloureusement ressentie. L'arrivée de quelques centaines de Spartiates sur un point donné suffisait à ranimer le courage, si l'on était chez des amis, à répandre la terreur si l'on était chez des ennemis. Les rois de Sparte, dans les coalitions qui suivirent, étaient pris d'emblée comme chefs, quel que fût le nombre de leurs hommes. On vit, dans l'histoire, les Spartiates, sollicités par tel ou tel peuple d'envoyer des secours, se contenter d'envoyer un homme, et cet homme unique devenait un merveilleux organisateur militaire. Tel sera le rôle de Gylippe à Syracuse, pendant les g-uerres du Péloponèse. Les Romains n'ont eu qu'une seule fois un Spartiate en face d'eux : c'était Xantippe, qui commandait les mercenaires carthaginois contre Régulus, et l'on sait que les Romains furent battus. Comme les Albanais actuels, les Spartiates fournirent des mercenaires aux rois de Perse, prédécesseurs des Turcs actuels. C'est Cléarque, banni de Sparte, que Cyrus le Jeune chargera de lever des troupes, lorsqu'il marchera contre son frère Artaxerxès. Mais, auparavant, c'est en luttant contre ces mêmes Perses que Sparte aura atteint le point culminant de sa gloire militaire, avec l'invraisemblable résistance de Léonidas aux Thermopyles, invraisemblance qui n'était possible qu'avec l'extraordinaire entraînement dont nous avons donné une idée.

Les lacunes de Tart militaire Spartiate. — Mais cet art militaire, si intense, a ses lacunes et ses défauts. D'abord, chose grave, le nombre des Spartiates reste petit, car la population, détournée de toute colonisation agricole, n'augmente pas, comme augmentera plus tard la population romaine, par des enracinements successifs. La vie de camp ou de caserne, telle qu'elle règne à Sparte, n'est pas de nature à multiplier la race. Ensuite, par cela même qu'il est impropre à l'industrie, le Spartiate est également impropre à tout ce qu'il peut y avoir d'industriel dans l'art militaire. Cet art pèche du côté du matériel. Les fortitications sont inconnues; on ne sait pas faire un siège. Terrible en rase campagne, l'infanterie lacédémonienne est désorientée devant une citadelle. On n'invente pas de machines, ni de procédés savants pour vaincre ces sortes d'obstacles. On ne sait que bloquer et attendre. De même, pas de marine, ou du moins on ne sait guère, dans les grandes occasions, que diriger militairement la marine de quelques cités alliées. En d'autres termes, l'armée Spartiate possède quelques qualités essentielles dans la perfection, mais elle ignore les qualités accessoires. C'est une incomparable infanterie à qui il manque, pour employer le langage moderne, de l'artillerie et du génie.

Et voilà pourquoi, très probablement, Sparte, dans sa guerre contre les Messéniens, avait besoin d'un Tyrtée.

Les Ioniens, moins braves et moins robustes que les Doriens, avaient un esprit plus plein de ressources. Ils étaient plus inventifs, plus industrieux. Moins militaires, ils étaient, à l'occasion, plus ingénieurs. Or, le besoin d'ingénieurs, dans une guerre, se fait quelquefois sentir.

Pour que Tyrtée ait été géncrcd, pour qu'on l'ait charge d'organiser une campagne, et surtout un long siège comme celui du mont Ira, il faut que les Spariiates aient eu confiance, non seulement dans sa verve poétique, mais dans l'ensemble de ses capacités et de ses connaissances techniques. Il faut que cet Athénien leur ait apporté ce qui leur manquait, c'est-à-dire la pratique de ([uelques raffinements matériels d»^ l'art militaire : travaux avancés, reti'anchenients, machines peut-être. II faut

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