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et propres à exalter l'enthousiasme patriotique. Ce mode difiéviùl du mode l//dien, doux et délicat, et du mode /j/iri/rjien, ardent et passionné. C'était le mode national par excellence. Lui aussi fut employé par les cités non doriennes, dans les circonstances où il convenait d'imprimer aux mélodies un caractère noljle et imposant.
Le troisième phénomène est la dili'usion, en architecture, du style dorique. Ce style se caractérisait essentiellement par une certaine espèce de colonne, la plus grave, la plus massive et la moins ornée que connussent les Grecs. Cette colonne n'a pas de socle et repose directement sur le sol. Sa hauteur est de cinq fois et demi le diamètre pris à la base, car le fût s'amincit vers le haut. Le chapiteau n'est qu'un évasemcnt de la pierre, orné de quelques rainures. L'entablement et la frise supportés par ces colonnes sont aussi moins ornés. Les édifices de ce style avaient quelque chose de particulièrement sobre et majestueux. Ils étaient pourtant artistiques, conformes, comme tout ce qui se faisait chez les Grecs, à un idéal de mesure et de goût. L'har monie de leurs lignes éclate si on les compare aux monuments disproportionnés, inachevés, bizarres, de l'Egypte et de l'Assyrie. Comme le dialecte dorien, comme la musique dorienne, l'architecture dorienne rayonna hors du domaine territorial occupé par les Dorions, et quand les Athéniens, en plein siècle de Périclès, voulurent élever à la déesse Athénè, protectrice de leur cité, un temple digne d'elle, ce n'est pas l'ordre ionique, national pour eux, qu'ils choisirent. C'est dans le style dorique, c'est-à-dire dans le style des Spartiates leurs adversaires, qu'ils construisirent le Parthénon.
LES REFOULÉS ET LEURS MIGRATIONS L'ESSOR DU PORT MARITIME : LE TYPE IONIEN
Comment se fondait une colonie. — Nous avons vu la place que tient le bannissement dans les mœurs grecques. A côté du bannissement individuel, par lequel un chef vaincu se jette dans la montagne, il y a le bannissement collectif, par lequel d'importants groupes d'hommes, ayant le temps de se reconnaître et de s'organiser, abandonnent une cité qu'ils ne peuvent plus défendre, pour aller en fonder une ailleurs. Ces bannissements collectifs s'opèrent par mer, car, étant donnée la configuration du pays, cette route est la plus commode pour ceux qui disposent d'une flotte et qui veulent fuir sans se séparer.
Il arrive aussi que, soit par l'affluence de bannis dans une cité, soit par la multiplication normale des habitants, le sol de cette cité, généralement maigre et aride, ne suffit plus à nourrir la population. Alors se produit un essaimage de citoyens. Une petite cité se détache de la grande et se transporte ailleurs, pour vivre d'une existence calquée sur celle du milieu primitif.
La colonie n'est pas soumise à la métropole. L'essaim émigré, par le seul fait qu'il émigré, devient indépendant. Nous avons vu en effet que la souveraineté, avec la formation sociale de nos Grecs, ne peut guère s'étendre en dehors d'une certaine case territoriale, généralement assez petite. Au delà de cette limite, une cité peut avoir des amies, des alliées, des tributaires. Mais l'autonomie municipalf subsiste, et l'autorité municipale, c'est