Guerre du Pëloponcse, I
I4i LA (iRKcn a.nciennf:.
doute, une lois réunis dans cet asile, ils étaient oblig-és de vivre plus pauvrement et de s"ini;énier comme ils pouvaient — à l'instar de nos émigrés pendant la Révolution française — mais cela relevait d'autant le niveau intellectuel de la race. C'était une cause A^ a f finement. Cette intelligence était nourrie par le contact avec l'étranger, comme dans les villes ioniennes. De là cet esprit particulièrement éveillé, dont Thucydide nous donne une idée dans un discours qu'il place plus tard dans la bouche d'ambassadeurs corinthiens parlant aux Lacédémoniens : »
« Les Athéniens sont novateurs, prompts à concevoir, prompts à exécuter ce qu'ils ont conçu... Ils sont entreprenants au delà de leurs forces, audacieux jusqu'à l'irréflexion, pleins de coniiance dans les périls... ils sont remuants... A leurs yeux, les voyages sont un moyen de s'enrichir... Une de leurs espérances a-t-elle été déçue, une autre la remplace... A peine jouissent-ils de ce qu'ils possèdent, occupés sans cesse d'acquérir... On les peindrait bien d'un seul trait en disant qu'ils sont nés pour ne connaître aucun repos et n'en point laisser aux autres » i.
Mais il est facile de conjecturer que ces divers arrivages de bannis, irrités de leurs échecs, n'allaient pas sans des commotions intérieures. On devine, en particulier, sous la légende de Codrus, dernier roi d'Athènes, à qui Ion ne voulut pomt donner de successeur parce qu'il avait porte trop haut la royauté, l'influence nouvelle prise par les « illustres bannis » du Péloponèse, qui s'agitaient autour des chefs indigènes, et leur disputaient l'influence, en même temps qu'ils se la disputaient entre eux.
L'histoire nous dit que les rois, à Athènes, furent remplacés par des «;'c/jo?ï^e.s; qu'il y eut d'abord un seul archonte, nommé à vie, et (pie, pendant longtemps, les archontes furent choisis dans la famille de Codius. On voit par là que la descendance des chefs indigènes — ou relativement indigènes — avait conservé un certain prestige, mais que l'entourage de ces chefs, désormais grossi, exer(;ait plus d'influence. Cotte période fut celle des eupatrides, ainsi nommés parce (ju'ils étaient des « hommes aux illustres pères », des « fils de famille », dont la formation