VII. — l.N COIN l/lONIE EN ATTIOUIi:. I ■) I
et la plupart d'entre eux se massèrent, soit dans Athènes même, soit dans le voisinaiie du i)ort. VA il arriva que i)lusieurs d'entre eux s'enrichireuf, ce qui rendit la classe enticre plus forte contre les eupatrides. Eu outre, dans cette multitude de crises iinlividuelles, les pauvres avaient eu besoin d'argent, et les riches en avaient prêté, à des taux plus ou moins usuraircs. De nombreux citoyens étaient engagés dans un réseau de dettes d'où ils ne pouvaient plus sortir. Alors commença cette lutte entre le patriciat et la plèbe, r^u'on retrouve dans presque toutes les cités antiques, pour des raisons analogues sans doute à celle que nous voyons agir à Athènes. Les effets sociaux de la richesse se retournaient contre les riches, en fournissant à certains prolétaires l'occasion de s'enrichir eux-mêmes et de donner du corps, par leur notoriété, à un mouvement « démocralique )>. Ce mouvement, comme toujours, trouvait encore une force dans les divisions qui régnaient parmi les eupatrides. Ce sont presque toujours, dans la société, des nobles « bannis » — bannis de leur monde — c[ui prennent la tête des mouvements contre la noblesse. Et l'on vit s'ouvrir l'ère des '< tyrannies ». Chose curieuse à constater, les tyrans, dont le nom est si honni dans les démocraties modernes, apparurent en qualité de vengeurs du peuple contre l'aristocratie. « Quand la Grèce, dit Thucydide, devint plus puissante, et cju'on y fut plus occupé à s'enrichir, des tyrannies s'établirent dans la plupart des villes, à mesure que les revenus s accroissaient '. »
Athènes commençait d'ailleurs, vers le vu'' siècle avant Jésus- Christ, à prendre la tournure d'une grande ville, avec des foules nombreuses, où les citoyens coudoyaient, non seulement les esclaves, mais les étrangers. Ceux-ci, nommés métèques, étaient des hommes libres, domiciliés dans le pays, mais ne participant pas aux droits politiques. On ne les admettait pas comme citoyens, sauf exceptions, parce que c'eût été diminuer, pour chaque Athénien, les bénéhces qu'il retirait de ses droits de co-propriétaire sur le domaine de la cité. Ainsi font toutes les « bourgeoisies »,