Guerre du l'cloponèse, I
après les prriodes de fondation et lorsque est atteint le « point de saturation ». Les métèques ne pouvaient donc pas acquérir de la terre, et presque tous s'adonnaient au commerce ou à l'industrie. -( Ils fournissaient non seulement des ouvriers, des artisans, des matelots, des marchands de détail, mais encore des chefs d'entreprise, des armateurs, des banquiers et des nég-ociants. Ils se rendaient de préférence dans les cités qui pouvaient offrir un aliment à leur activité et à leurs spéculations, c'est-à-dire dans les poris de mer, les centres de grande production et les villes de gros trafic ^ » C'était là, dans l'Attique, une immigration de « nouvelles couches », fort différente de celle des bannis de grande famille qui avaient constitué la cité politique. Les métèques étaient venus trop tard, quand c'était devenu commode et confortable. Mais aussi la cité, en tant qu'organisme, s'était, pour ainsi dire, cristallisée avant leur venue.
Les métèques étaient un peu traités par les citoyens comme les auxiliaires de la deuxième heure le sont dans les sociétés coopératives par les fondateurs de celles-ci. On veillait à ce qu'ils ne devinssent pas trop forts. La « musique - » et la gymnastique — c est-à-dire ce qui peut rendre trop persuasif ou trop vigoureux — leur étaient interdites comme aux esclaves ; mais ils profitaient de la sécurité procurée par les chefs de la cité, contribuaient à enrichir celle-ci par leurs affaires, payaient des taxes spéciales, et enfin devaient le service militaire comme auxiliaires Presque tous habitaient Athènes ou les environs du port. Leur présence, grâce à leur travail, était un nouvel élément de prospérité matérielle.
L'élaboration d'une bourgeoisie : le rôle de Solon. — De tout ce qui précède, il résulte (|u"Atl»èues, immédiatement au-dessous de sa « noblesse », avait vu croître une bourgeoisii". Cette bourgeoisie, comme dans toutes les sociétés où l'on gagne de l'argent dans les affaires, comportait une forte proportion d'hommes nouveaux, inconnus, dont les pères n'avaient pas fait fiuurc dans
1. Paul Ouirauil, Lludcs cconitmi'jiies sur l'antiquitr, \k 134. Haclietto.
2. Ilapiielons que ce mol sii;nilii' renseigiioinent iiilelliHluol.