‹ La Grèce ancienneChapitre 78 sur 144 · VIII. — LA VIE INTÉRIEURE l»E LA CITE · texte numérisé non relu

VIII. — LA VIE INTÉRIEURE l»E LA CITE

il convient à une fête dont la première raison d'être est un pèlerinage en Ihonncur des dieux.

De là, dansPiiidaro, ces généalog-ies, ces allusions, ces digressions, cet empressement avec lequel le poète lâciie son héros — dont il y a souvent peu à dire — pour se lancer avec complaisance dans des développements sur sa florissante patrie ou ses illustres aïeux. Ine léiicndc prétend que le poète Simonide, ayant ainsi rempli une ode de l'éloge de Castor et de Pollux, se vit refuser par l'athlète les deux tiers de la somme proniisp. Il n'avait qu'à se faire payer le reste par Castor et Polliix. Mais, en i:énéral, les vainqueurs étaient très flattés de cet hommage rendu à leurs familles et à tous leurs tenants et aboutissants. Si les odes de Pindare nous paraissent aujourd'hui fort ennuyeuses et assez obscures, elles étaient en revanche très intéressantes et très claires pour les gens d'alors. Et il faut que ces sortes d'éloges aient répondu à un besoin bien défini pour qu'ils aient eu ce succès immense, et pour que Pindare ait été salué avec enthousiasme comme le plus grand poète lyrique de l'antiquité. Ce succès immense n'était que le contre-coup de la passion immense que les Grecs avaient pour les sports.

Les fêtes en plein air. Les Panathénées. — D'autres fêtes coupaient agréablement la vie des Grecs. Ces fêtes étaient nombreuses, parce que le travail facile laissait des loisirs. Ces fêtes pouvaient comporter des cortèges et des danses en plein air, parce que le ciel était presque toujours serein. Elles revêtaient un caractère gracieux et pittoresque, parce que l'éducation de la race favorisait le goût des arts.

Les processions, harmonieusement ordonnées, satisfaisaient ce goût dans la perfection. Le mot « pompe » vient d'un mot grec qui signifie cortège. Le plus célèbre à Athènes était celui des Panathénées. Cette fête, dont la tradition faisait remonter l'origine à Thésée, et qui avait pour but de commémorer la fusion des cités de l'Attique, comprenait des courses et jeux divers, des concours de musique, et une procession gigantesque à laquelle prenait part une grande partie de la population

d'Athènes et des environs. Elle avait lieu tous les quatre ans. On se réunissait à la principale porte de la ville, et l'on montait à l'Acropole. En tête s'avançaient les joueurs de flûte et de cithare. Puis venaient l'infanterie sous les armes, la cavalerie, les vainqueurs aux courses de chevaux ou de chars, sur leurs chevaux ou leurs chars, les hécatombes escortées par les prêtres et les sacrificateurs, des vieillards portant des rameaux d'olivier sacré (l'arbre de Minerve, des porteurs d'offrandes, les jeunes filles de la bourgeoisie portant les objets nécessaires au culte dans des corbeilles (canéphores) , des jeunes gens chargés d'objets d'art, les femmes des métèques, tenant en main des rameaux de chêne, emblème des gens hospitaliers; les filles de ces mêmes métèques, dont la fonction — légèrement humiliante — était de transporter des sièges et des ombrelles pour les citoyennes. La subordination des étrangers aux gens du pays était donc systématiquement marquée dans le protocole de la fête. Dans tous les détails de celle-ci respirait un souci caractéristique de grâce, de symétrie et de belle ordonnance qui s'accorde parfaitement avec tout ce que nous avons dit des inclinations artistiques, favorisées par les conditions sociales, et accrues de génération en génération. La jeunesse en particulier, avec son éducation toute littéraire et musicale, trouvait là le genre de divertissement qui convenait le mieux à la façon dont on lavait orientée à l'école, et la souplesse des mouvements, donnée parle gymnase, pouvait triompher à Taise dans ces longs défilés ([ue scandait le son des instruments. Rien d"étonnant si les souvenirs et les images de celte fête ont frappé d'admiration les modernes et si les Grecs eux-mêmes se sont efforcés de la reproduire sur le marbre, comme, par exemple, sur la frise du Parthénon.

Les Temples : Le Parthénon. — Le Pai'thén«in, dont nous avons dit un mot, était le temple de la déesse protectrice d'Athènes. 11 était situé sur l'Acropole, ou « ville haute », en compagnie de plusieurs autres, car il y avait souvent, dans les grandes villes, le « quartier des dieux ». La construction de ce chef-

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