VIII. — LA VIR INTKIUEl iti; Di: I.A c.irÉ. IHo
d'œuvre était, au point do vue architectural, l'aboutissement de tous les eflbrts tentés depuis plusieurs sircles pour perfectionner CCS sortes d'ouvrages. Les proportions en étaient admirées comme particulièrement heureuses. Le monument, comme d'autres, était un grand rectangle environné de colonnes. Cellesci étaient doriques, c'est-à-dire de style grave. Les carrières du Pentéli([ue, près d'Athènes, avaient fourni du marbre. Les richesses conquises après les guerres médiques permettaient de donner une vive impulsion aux travaux. Un homme dont nous allons parler. Périclès, avait pris à cœur l'ouvrage, que Pisistrate avait ébauché. Des architectes intelligents, Ictinos et Callicratès, fournissaient les plans et la direction technique. La population athénienne elle-même produisait des artisans qui étaient plus ou moins des artistes. Un grand sculpteur, Phidias, était là pour recevoir sa tâche, celle des bas-reliefs et de la statue gigantesque de Minerve, qui se trouvait dans le temple. Cette statue était d'or et dïvoire (pour les parties superficielles tout au moins). La déesse, en digne fille de Jupiter,, roi des montagnes, portait le casque et le bouclier.
Les temples n'étaient pas ou n'étaient guère alors des lieux de réunion pour les fidèles. C'étaient les maisons des dieux. Aussi beaucoup étaient-ils petits. Ceux que l'on faisait grands étaient grands parce qu'on avait voulu honorer le dieu en lui octroyant une plus imposante demeure, et aussi pour loger les serviteurs du dieu, prêtres, sacrificateurs, etc. Une partie du temple, défendue par des grilles de fer, servait à contenir les nombreux présents apportés par les fidèles. Une autre partie — la partie postérieure — contenait les logements des prêtres et du personnel. Dans la partie centrale trônait la divinité, que l'on venait invoquer individuellement, à titre privé, comme lorsqu'on fait une « visite », car les « cérémonies » proprement dites avaient lieu surtout en plein air.
L'Acropole d'Athènes, qui avait dû être naturellement le castel primitif d'où la ville était née à l'âge héroïque, avait été ruinée par les Perses lors de l'invasion. On la rebâtit avec plus de splendeur. Dans son enceinte sacrée se trouvaient, outre le
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Parthénoii, plusieurs autres temples, notamment celui de la Victoire Aptère, ou de la Victoire sans ailes, représentée ainsi pour monter que désormais elle ne quitterait plus Athènes. Ce trait accuse fort bien le caractère intellectuel et artiste de la race. On y voyait encore le temple d'Athéné Polias et d'Erechtée, dont le culte se rattachait à de très anciennes traditions, antérieures à la légende de Thésée elle-même. Entin, les Athéniens avaient voulu faire de l'entrée même de l'Acropole un monument splendide : les Propyh'ps. Il y eut, en un mot, au lendemain des i^uerres médiques, une débauche de constructions et de reconstructions qui attestait l'essor merveilleux pris par la prospérité matérielle. De la même époque datent les fortifications d'Athènes, construites par Thémistocle, et les « lones murs >; unissant Athènes au Pirée, œuvre de Périclès. Les descendants des Pélasges, comme leurs ancêtres préhistoriques, se révélaient bâtisseurs. Jamais peut-être, en si peu de temps, on n'avait remué tant de pierres pour des constructions d'intérêt public ou de pur ornement.
Les embellissements de la religion : sculpture et peinture. — La sculpture sort de l'architecture, dont elle est le complément. Les statues sont en effet des statues de dieux. C'est le locataire qui vient occuper son domicile. Plus nombreux que les statues sont les bas-reliefs; mais eux aussi sont destinés à orner la frise ou le fronton des temples. De l'architecture sort encore la grande peinture, qui a pour objet de décorer les portiques ou les panneaux en représentant des scènes, soit directement, soit indirectement religieuses, car, môme dans les sujets « patriotiques » la glorification des dieux est inséparable de la glorification de la cité. C'est l'époque de Zeuxis, de Parrhasius, de Polygnote. Un autre genre de peinture, plus modeste, naît du besoin d'orner les vases. Le tableau indépendant, isolé, n'arrive qu'après coup, comme un raffinement. Tous les artsplasti((ues, en définitive, sont en germe dans la maison des dieux.
Un autre embellissement de la religion : le théâtre : Eschyle