‹ La Grèce ancienneChapitre 88 sur 144 · I. Thiic, VI, i.xxxvii · texte numérisé non relu

I. Thiic, VI, i.xxxvii

I\. — LES CIERRES ENTItE CIT|-S. 200

Pallas ((|iii onieiit la [nonc des .i;alères), la foule mugit sous les poi'tiques du marché, encombrés de froment (ju'on mesure, (l'outres, de courroies pour les rames, do tonneaux d'ail, d'olives, d'oignons enfermés dans des réseaux; on ne voit que couronnes, sardines, joueuses de lliite, yeux pochés; dans l'arsenal, on enfonce à grand bruit des chevilles, on fabrique des rames, on les attache avec la courroie; on n'entend que les sifflets, et le son des llùtes et des litres qui animent les travailleurs '. »

Or, c'est précisément cette extension envahissante des amitiés d'Athènes qui excite la crainte de Sparte et de ses amies à elle. Jusqu'alors, la marine athénienne n'a guère exploité que la façade orientale de la Grèce. C'est lorsque Athènes songe sérieusement à la façade occidentale que les choses se gâtent. Le Péloponèse a peur d'être bloqué par mer. On conçoit donc que r « amitié » conclue entre Athènes et Corcyre fasse déborder la mesure. On conçoit aussi que Corinthe, cité maritime, la plus immédiatement menacée par cette alliance qui risque de lui barrer ses deux routes de mer, mette tant de zèle à pousser Sparte à se mettre en mouvement, car Sparte seii/e, par sa supériorité militaire, est de taille à diriger une telle lutte. Mais le parti de la guerre, à Athènes, se moque de la supériorité militaire des Spartiates. Ce n'est pas sur Sparte qu'on veut marcher. On n'y songera pas un instant dans toute la durée de la guerre. C'est au loin qu'on va se battre. C'est sur mer ou par mer qu'ont lieu toutes les expéditions. Athènes, grâce à Thémistocle et à Périclès, possède d'ailleurs d'excellentes murailles. Quant à l'Attique, quant à la banlieue, tant pis, c'est la part du feu sacrifiée d'avance : les Lacédémoniens peuvent y venir.

Les partisans de la paix. — Ils y viennent, et c'est précisément ce qui exaspère les autres Athéniens, ceux qui ne tiennent pas à la mer, mais à la terre, ceux qui sont propriétaires ruraux, surtout les grands propriétaires, ceux qu'on ne peut consoler de la perte de leurs olivettes ou de leurs vignobles par des dis-

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