‹ La Grèce ancienneChapitre 91 sur 144 · I.V. — LES (UERRES ENTRE CITÉS · texte numérisé non relu

I.V. — LES (UERRES ENTRE CITÉS

cela corrompt. (Platon songeait [)robal)lcnu.Mil au\ poètes-clianteui's (le métier, sortes d'artisans mercenaires, qiii flattaient volontiers les maîtres dn jour.) Les enfants des guerriers seront élevés en commun par les magistrats. Ces énormes utopies (dont (|uelques-unes ont encore des défenseurs), représentent le paroxysme de cet esprit communautaire de Cité que nous avons vu naitre et se développer en Grèce, en vertu de toutes les conditions du milieu. En fait, l'aristocratie Spartiate, préoccupée à outrance de la défense de la Cité, réalisait depuis plusieurs siècles, dans une certaine mesure, quelques-uns des rêves de Platon. Le philosophe est de ces Athéniens qui s'affligent de leurs institutions et envient celles de l'ennemi. C'est pour- (juoi l'état d'âme représente par la philosophie platonicienne est à sa place dans un exposé des phénomènes sociaux relatifs à la guerre du Péloponèse. Nous avons vu quels sont, dans la société athénienne, les éléments belliqueux et les éléments pacifiques, les éléments spartophobes et les éléments spartophiles. Jetons maintenant un regard sur les caractères généraux de cette guerre elle-même.

La physionomie générale et les procédés de la guerre. — Lu fait qui nous frappe tout d'abord, c'est Y importance des fortifications, soit pour se défendre, soit pour attaquer, et la facilité avec laquelle les guerriers se transforment en inaçons.

Ce caractère est étroitement lié au lieu et à Vorigine de la race. Nous savons que la Grèce est un chaos de collines rocheuses, jonchées de cailloux grands et petits et que les vallées même en sont encombrées. D'autre part, nous avons vu que les Pélasges étaient essentiellement des paysans bâtisseurs, et que les grands bandits ont été de vigoureux entrepreneurs de travaux publics.

Mais, si les Grecs sont d'excellents bâtisseurs, ils sont de mauvais démolisseurs. Une muraille défendue se laisse rarement approcher. L'art des machines est dans l'enfance, car il suppose un progrès i}îdust?iel qui n'est pas le fait d'un peuple adonné à la cueillette et au commerce. Les Athéniens savent un peu

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faire les sièges, parce qu'ils sont plus souples, plus cultivés et plus universels. Les Spartiates ne le savent pas du tout. En règle générale, une ville assiégée n'est pas prise cV assaut. On la prend quelquefois par surprise et trahison. D'autres fois., on se contente de la bloquer et de la réduire par la famine. Ainsi tombe Platée, l'alliée d'Athènes, au bout d'un siège de deux ans; ainsi tombe Athènes elle-même, à la fin de la guerre, lorsque, sa dernière flotte ayant péri, la route de mer est coupée.

Quand on assiège, on trouve plus facile de construire un mur, un vrai et solide rempart, autour de la ville assiégée, que de se hasarder à battre en brèche les murailles ennemies. Ainsi font les Athéniens à Syracuse. Elles assiégés voient quelquefois leur salut dans un contre-mur qu'ils dirigent perpendiculairement à cette muraille enveloppante pour couper la ligne d'investissement. Bref, on remue des pierres pour un oui et pour un non. Une escadre athénienne ayant relâché à Pylos, sur les côtes de Messénie, les soldats se mettent à entasser des cailloux, et, n'ayant pas d'ustensiles, portent le mortier sur leur dos, en se courbant. En six jours, un fort sort de terre, et, une fois sorti, devient inexpugnable pour les Lacédémoniens qui accourent pour l'enlever, mais trop tard.

Une particularité de plusieurs villes grecques, et notamment d'Athènes, ce sont les longs murs qui unissent la ville au port. La ville est plus ancienne, le port est plus récent. L'emplacement primitif, situé à quelque distance du rivage à cause des dangers de la piraterie, n'a pas été abandonné pour l'établissement commercial et maritime. On préfère unir les deux localités par un corridor de fortes murailles, qui forment ainsi le trait d'union entre deux types sociaux.

Ces murailles sont garnies de tours, où la défense, mieux organisée, se concentre. L'origine de ces tours est dans des ressauts du mur, disposés de manière à ce que les défenseurs puissent atteindre les assaillants au cité droit, ce côté n'étant pas défendu par le bouclier. Ces ressauls ou renlleuients sont peu à peu devenus des tours proprement dites. On voit aussi, cà et là, des tours isolées, et aussi des citadelles fort bien com-

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