I\. — LES GUERRES ENTRE CITÉS
improvisées par les l'ialôcns. Cette défense farouche des maisons rappelle les scènes grecques et albanaises des plus récentes guerres modernes. — Les Tliébains fni^Mit, mais, ne connaissant pas les lieux, ils s'égarent dans l'obscurité. Du reste, « un Platéen ferma la porte par la((ii('lle ils étaient entrés, la seule qui fût ouverte ». Le gros des agresseurs est donc pris comme dans une souricière. Les l)andits de Thèbes ont afl'aire à des gaillards de même acabit.
Les Tliébains se sont rendus à discrétion. D'autres Thébains arrivent de Thèbes, retardés par un toirent qu'un orage a subitement grossi (nature montagneuse du sol). On parlemente, et les Thébains, qui voulaient d'abord ravager la banlieue platéenne, consentent à se retirer sur la promesse — selon eux — qu'on ne tuera pas les prisonniers. Les Platéens prétendent n'avoir rien promis et les prisonniers sont massacrés. — Toujours l'ergotage et les procédés de bandits.
L'épisode se termine par l'intervention des Athéniens qui mettent garnison à Platée, et emmènent chez eux les femmes, les enfants et les invalides. La cité prépondérante, à qui Platée a été fidèle, joue, en retour, son rôle de protectrice et de « grande amie ».
Malheureusement pour Platée, les Lacédémoniens vont arriver, et leur présence terrifiante aura pour effet d'intercepter désormais tout secours d'Athènes. Nous avons mentionné la tragique issue de ce siège. Mais, quand les Platéens affamés se livreront, ils ne seront plus que deux cents.
L'épisode de Sphactérie , que des critiques inattentifs ont trouvé trop développé dans Thucydide, a ceci de capital qu'il montre à quoi tenait C existence dune cité comme SpaiHe.
Sphactérie est une petite ile sur les côtes de Messénie. Elle bouche à peu près la rade de Navarin — l'antique Pylos — et, par ses deux extrémités, elle est très près de la terre. A l'un de ces deux passages, deux vaisseaux seulement, dit Thucydide, pouvaient passer de front. C'est à Pylos, en face de cette ile, que Démosthènes, général athénien, débarque et construit le fort dont nous avons parlé. — Rôle des murs.
:232 LA GRKCE a.ncienm:.
Sparte n'ost pas loin, mais les Lacédémonieiis, tout dabord, ne bougent pas. Us ne boug^ent pas de suite pour deux raisons : d'abord ils dédaignent les Athéniens, incapables de tenir contre eux sur terre ; ensuite le gros de leurs forces est précisément en train de ravager TAttique. Les Spartiates» de réserve » ne peuvent pas quitter Sparte avant le retour de cette armée absente, parce que les ilotes se récolteraient.
L'armée lacédémonienne de FAttique est donc rappelée, et les Spartiates de réserve, la voyant revenir, partent enfin pour Pylos. Ils essayent d'enlever le fort, mais, selon leur habitude, ils échouent devant les murs.
On pense avoir d'autres ressources. Une flotte de la confédération péloponésienne, arrivant de Leucade après avoir trompé une croisière athénienne, re(;oit l'ordre d'attaquer la place par mer. La mer, dans l'espèce, c'est la rade de Pylos, dont les orifices sont constitués par les deux petits détroits séparant le continent de Sphactérie. Cette étroitesse exceptionnelle des détroits suggère aux Lacédémoniens une idée : celle d'obstruer ceux-ci pour empêcher la flotte athénienne — qui stationne en ce moment à Zacynthe — de pénétrer dans la rade. Pour corser la défense, on occupera fortement l'île de Sphactérie, qui se trouvera faire corps arec le continent. Quatre cent vingt Spartiates passent dans l'île. — Procédé du blocus, et du blocus continental, le seul qui convienne aux Spartiates.
Cependant la flotte athénienne arrive. Contrairement aux calculs des Lacédémoniens, elle force les passes, et, dans cette rade de Navarin, prédestinée à des opérations de ce genre, détruit la flotte ennemie. Sphactérie, par cet événement, se trouve redevenir une île. Elle a beau n'être séparée du continent que de la largeur de deux vaisseaux, et le rivage continental a beau être occupé par les Lacédémoniens et leurs alliés, la supériorité navale des Athéniens fait de ce petit vestibule d'eau une infranchissable barrière, et les S[)artiates, descendus dans lile, sont virtuellement prisonniers.
Ces prisonniers, il faut les cueillir. Mais la chose n'est pas simple. Les Spartiates, en bons Spartiates, ne songent pas à se