Vivien de Saint-Martin, Histoire de la géographie
2. Ch. Thurot, Études sur Aristote, 1867; Havct, la Rhétorique d'Aristote, 1846; Ravaisson, la Métaphysique d'Aristote; Bonitz, Études sur Aristote, 18G2-1800; Grote, Aristote; Barthélémy Saint-Hilairc, Préfaces k la traduction d'Aristote.
astronomie, géographie, sciences naturelles. Il a été comme une encyclopédie vivante de la philosophie et de la science helléniques. Il a réuni et classé toutes les connaissances. Il a remué toutes les idées et toutes les hypothèses. Il a apporté pour son compte un énorme contingent de faits nouveaux. Aidé par les observations des Orientaux que lui fit parvenir son élève Alexandre, il a démontré la sphéricité de la terre. Il a créé la géologie, la botanique, la zoologie, l'anatomie comparée ; et sa conception de l'organisation animale n'a été
Apollon et les Muses, d'après un vase peint.
dépassée que dans notre siècle. En même temps il étabhssait les sciences historiques, la philosophie et la critique httéraire sur des principes rigoureux, sur l'étude des faits et des documents. S'il a tant innové, s'il est parvenu par l'analyse scrupuleuse du détail à de merveilleuses vues d'ensemble, il le doit surtout à sa méthode. Le premier, seul peut-être dans l'antiquité, il a su nettement distinguer une vérité démontrée d'une hypothèse. En philosophie, il n'a tenu compte que de l'acte; en histoire, du fait; dans les sciences, du phénomène constaté par l'observation et confirmé par l'expérimentation. Aussi tous les grands savants de l'époque alexandrine, le géomètre Euclide, le physicien Archimède, les astronomes
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Ilipparquo et Eratosllirnc, les {géographes nicéarquc cL PtolriiR-e, le bolaiiiste Théophrastc, le grammaiiien Aristarqiie, tous relèvent directement d'Aristote, qui résume et formule toutes les conquêtes de la [>ensée hellénique avant Alexandre.
A côté de l'histoire et de la philosophie, la prose grecque a créé encore un troisième genre, l'éloquence *. Il ne s'agit point ici du don naturel qu'ont pu posséder les chefs de l'âge héroïque, les législateurs des cités et les premiers hommes d'E(at. L'éloquence ne devient vraiment un art que du jour où l'étude complète et développe la nature, où l'on commence à analyser pour les reproduire les procédés instinctifs, où le discours laisse une trace durable. En ce sens, l'art de la parole ne se façonne pas avant la seconde moitié du v° siècle. Les sophistes ont été les premiers à disséquer le mot, la phrase, le discours, par suite à ouvrir des écoles où se forment les futurs orateurs. Les plus anciens monuments considérables de la prose oratoire sont les discours un peu raides d'Antiphon, un des chefs les plus fougueux de l'oligarchie athénienne. Le démocrate Andocide, étranger aux nouvelles pratiques, donne l'idée de ce que pouvait alors le don naturel sans une culture spéciale. Dans ses petits plaidoyers, la plupart composés pour des bourgeois d'Athènes, Lysias déploie les grâces un peu grêles, mais charmantes quand môme, d'un talent infiniment souple et délicat. Isocrate, malgré son apprêt et ses élégances maniérées, a eu la gloire de découvrir le rythme oratoire ; il a tenu table ouverte d'éloquence, il a compté parmi ses élèves Isée, Lycurgue, Hypéride et la plupart des grands avocats du temps. Enfin la Grèce, au moment d'abdiquer devant Alexandre, produit ses deux orateurs les plus parfaits : Eschine, tout pétillant d'esprit et de grâce, à la phrase harmonieuse et ample,
1. Blass, Die altische Beredsamkeit, 1863-1874; Pcrrot, l'Éloquence politique et judiciaire à Athènes, iS'i^-, J. Girard, Études sur l'éloquence attique, 1874; Havct, Introduction à l'Anlidosis, 1862; Schafer, Demosthenes und seine zeit, 1856-1858.