‹ La Grèce avant AlexandreChapitre 10 sur 44 · Aristote, Politique, VII · texte numérisé non relu

Aristote, Politique, VII

3. Dareste, le Chréophylakion dans les villes grecques. {Bull, de corr. hell., 1882.)

registrement étaient administrés par des magistrats spéciaux, qui portaient divers noms : c'étaient des Mnémons, des Hiéromnémons, desEpistates,des Grammatophylaques, desDamosiophylaques. Le titre variait : mais tous étaient les gardiens officiels de la propriété foncière.

En différents pays, nous savons qu'on dressa régulièrement des cadastres ^ Déjà Cypsélos à Corinthe avait fait relever la carte des domaines. En Attique, le cadastre fut exécuté, sous la direction de Solon, par les naucrares. Après les réformes de Clisthène, il fut tenu au courant dans chaque canton par le démarque. En IiOi on fit, en Attique, un recensement général : sur vingt mille citoyens on trouva quinze mille propriétaires fonciers. En 377, sous l'archontat de Nausinikos, on entreprit un nouveau recensement des terres et un remaniement du cadastre. Outre la valeur de la propriété, on y mentionna désormais ce qu'on appelait le timêma ou capital imposable. Le timêma s'élevait au cinquième de la valeur totale pour les premières classes de citoyens; la proportion était beaucoup moins forte pourles autres propriétaires. C'est d'après le cadastre qu'on répartissait les membres de la cité dans les diverses classes politiques.

Les Grecs ne connaissaient pas l'impôt foncier proprement dit. Les lois de finances n'atteignaient ordinairement que la propriété mobilière. Mais, en temps de guerre, la terre pouvait être frappée d'un impôt extraordinaire ou eisphora. On le prélevait sur le capital imposable inscrit au cadastre. Les Athéniens s'y prirent de même pour faire acquitter une taxe de guerre à Potidée.

Le sol était partagé entre trois catégories de propriétaires. D'abord l'État possédait des terres, des maisons, des pâturages, des mines; on réservait en partie ces domaines pour

1. Aristote, Oecoixom., II. p. 1346 et, 1347: Harpokration, au mot o-^pap/oç; Stobée, Florileg., XLIV, 22.

LA PROPRIÉTÉ

les besoins de l'administration; on affermait le reste, sauf les pâturages dont le plus souvent on réservait la jouissance commune à tous les citoyens. Puis on rencontrait à chaque pas des biens de mainmorte : c'était la part des dieux, le domaine des temples, des confréries reconnues par l'État. Les dieux et la cité possédaient environ les deux tiers du territoire : le troisième tiers était réparti entre les particuliers.

Quant à la nature et au régime des domaines, il faut distinguer les champs cultivés, les pâturages, les forêts, les maisons et les mines.

Les mines , assez rares dans la presqu'ile hellénique, se rencontraient surtout dans les îles et dans les colonies. On trouvait de l'or à Siphnos, à Abydos, à Thasos et sur la côte

voisine de Thrace; de l'argent, à Trébizonde, en Chaleidique, en Épire et en Attique; du fer, à Gyaros et en Eubée; du cuivre, à Chalcis et à Cypre. En beaucoup de régions, le sol était percé d'aiguilles ou de montagnes de marbre ; les plus belles carrières étaient celles de Carystos en Eubée, de Chios, de Thasos, de ^'axos, de Paros, de l'Hymette et du Pentélique. Les mines appartenaient quelquefois à des particuliers, le plus souvent à un État. D'ordinaire, l'exploitation en était dirigée par une Société, en vertu d'un bail perpétuel. On dressait avec soin le plan de la concession, où des lettres indiquaient les limites du terrain ^ On connaît surtout les

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