Bull, (le corr. hell., IV, 116 s<)q
du premier degré touche un traitement annuel de six cents drachmes ; celui du second degré, cinq cent cinquante drachmes ; celui du troisième degré, cinq cents drachmes ; 2" deux paedotribes, aux appointements de cinq cents drachmes, qui président aux exercices physiques; 3° un maître de cithare, qui enseigne la musique aux enfants pendant les deux années qui précèdent l'éphébie; 4° et 5° un maître d'armes et un professeur d'arc et de javelot, désignés non plus par le peuple, mais par le directeur du collège. Les enfants passent régulièrement des examens : au gymnase, pour les exercices physiques, la grammaire et la littérature; au palais du Sénat, pour la musique. Voilà dans l'Asie Mineure un cours complet d'éducation, où se combinent fort heureusement les méthodes d'Athènes et de Sparte.
Ainsi, pour la première éducation, le système variait suivant les pays. Tantôt l'État la réglait lui-même en détail, tantôt il se contentait de la contrôler par des examens. Mais la deuxième éducation, celle qui s'adressait aux adolescents, était partout dirigée par la cité. C'est ce qu'on appelait Vcphébie, une sorte de noviciat imposé à tous les jeunes citoyens de dix-huit à vingt ans, dans des collèges à la fois militaires, religieux et politiques. On y était enrôlé dans l'année qui suivait les dix-sept ans révolus ; l'éducation y était donnée par des magistrats, suivant les règles du code éphébique.
Le Spartiate, en quittant la classe des jeunes garçons, entre dans la classe des aspirants-soldats, des mellirènes ou melliranes, comme on disait en Laconie. Il y reste jusqu'à vingt ans. Tout en recevant l'éducation fixée par la loi, il fait dans l'intérieur du pays un service de gendarmerie, qui consiste surtout à surveiller les hilotes.
De même, dans sa dix-huitième année, le jeune Athénien est inscrit sur le registre du dème. A cette occasion il offre des hbations à Héraclès et régale ses amis. Il coupe ses cheveux
flottants qu'il consacre à Apollon. Devant la porte de la maison, une branche de laurier entrelacée de bandelettes annonce aux passants le grand événement de la famille. Dès lors, le jeune homme est affranchi de la tutelle, il devient une personne, un citoyen. Le jour de son inscription il se rend près des Propylées, dans la grotte d'Agraulos. Là on lui remet une cuirasse et des armes. En les recevant, il prononce le serment éphébique^ : « Je jure de ne jamais déshonorer ces armes sacrées, de ne point quitter mon rang dans la bataille. Je combattrai pour mes dieux et mon foyer, seul ou avec tous. Je ne laisserai pas après moi la patrie démembrée, mais plus puissante et plus forte. J'obéirai aux magistrats, j'observerai les lois qui sont en vigueur et celles que le peuple établira. Si quelqu'un veut renverser la constitution et lui désobéir, je ne le permettrai pas. Je combattrai pour les lois, seul ou avec tous. » Une fois qu'il a prêté ce serment, le jeune Athénien est membre du dème, de la tribu, de la cité, de l'armée.
L'éducation éphébique durait deux ans. A Athènes, chaque promotion se composait d'environ quatre cents jeunes gens. La première année se passait en études et en exercices dans les gymnases. Athènes possédait trois grands établissements de ce genre, l'Académie, le Lycée et le Cynosarge. L'Académie était une enceinte consacrée au héros Académos, à six ou huit stades au nord-ouest de la ville. Cette enceinte avait été entourée de murs par Hippias, fils de Pisistrate ; Cimon
Ephèbe athénien prêtant le serment.
(Peinture de vase.)