A MADEXOISFLLE RITA BASSO POUK SA SOIRÉE A BÉNÉFICE
A toi les chants d'amour, les accents du délire, A toi la Toix sonore et forte qui déchire
Ou charme tous les cœurs; A toi le don charmant d'émouvoir l'auditoire , A toi d'être toujours chère à notre mémoire, A nous le droit de te couvrir de fleurs.
LA VILLE. lOS
salotiB les idoB élégftnto iont, comme on peut bien le croirei cem du corps diplomaiique. La France « 1* Angleterre \ la Russie et l'Autriche, puis la Bavière, la Prusse» la Turquie, la Belgique , TËspagne « la Suède ont des ministres pîéni-» potentiaires et des ministres résidents près de la cour d' Athènes, et chacun contribue plus ou moins pour sa part aux agréments de la société. Les secrétaires de légation et attachés ne travaillent pas moins activement è répandre le goût de nos élégantes habitudes d'Europe. Les Français y trouvaient de mon teknps chez leur propre ministre eet te fleuf dé société qu'ils aiment à rencontrer dans leur patrie j et chez les antres^ soit un esprit fin et déliée soit un oarsclère ferme et franc» soit une noble inti^Uigenee unie à un noble cœur, soit enfin ces traits particuliers qui font mieux res* sortir telle ou telle variété de l'esprit et du caractère, et k rendent plus nçuve et plus piquante en la marquant du sceau nationah
A côté de ces salons européens sont plaoés les salons fa» nariote^ des Argyropoulo , des Karad2a , des Soutso , des Rizo I des Mavrocordatos. Les familles fanariotes avaient» long-temps avant la révolution grecque , adopté les habitudes occidentales. Presque toutes étaient opulentes, car tour à tour les dignités d'hospodar de Valachie et de MoU davie, et celles de drogman de la Porte et de l'Arsenal ^ qui étaient des sortes de ministères , ou celles de poêteinieki et autres hauts offices des principautés i avaient passé entre leurs mains. Leurs enfants apprenaient en naissant la langue française ; toutes leurs relations étaient avec les Occidentaux, et surtout avec la diplomatie » et chaque famille se rangeait sous une bannière particulière. Les Mo* rousi et les Ypsilanti , par exemple , étaient connus pour être dans l'intérêt russe » comme les Soutzo dans l'intérêt français ; et c'était tour à tour l'appui ou l'inimitié d'une de ces puissances qui amenait leur chute comme leur élévation. Au moment dé la révolution grecque , les familles fanariotes riches et puissantes prirent la part la plus active
à raffranchisscment de la Grèce. Les uns , comme l*hos« podar Soutzo , furent sacrifiés pour avoir appuyé les premiers efforts de rhétairie ; les autres , comme les Ypsilanti, y sacrifièrent leur vie. La Porte , ne pouvant atteindre les chefs , poursuivit ce qui restait de familles fanariotes à Péra. Les biens furent confisqués ; les hommes , femmes et enfants obligés de fuir pour éviter la mort. Les jeunes gens les plus généreux n'avaient pas attendu ce moment pour aller joindre leurs efforts aux premiers efforts faits par les leurs en Grèce. Les Navrocordatos, les Soutzo, les Karadza , les Ypsilanti ont mêlé leurs noms aux noms les plus honorables sortis de cette lutte. Grégoire Soutzo , qui s'était dévoué à la fortune de Golettis , qu'il respectait et dont il était aimé, succomba bien jeune encore et plein d'espoir. Démétrius Ypsilanti succomba à son tour. Mavroc>ordatos s'est conservé actif et influent. Mais, en général , les Fanariotes étaient suspects au reste de ia population grecque. Leurs habitudes étrangères, leurs distinctions aristocratiques éveillaient la méfiance de ce peuple d'une nationalité jalouse et d'un esprit complètement démocratique. A Athènes , où toutes ces familles se sont retirées , elles vivent beaucoup* entre elles et s'allient entre elles. Cependant peu à peu elles se mêlent davantage au reste de la population à mesure que la population grecque fait des pas vers l'Occident. Ainsi la brune et belle Rallou Karadza , petite-fille du vieil hospodar Karadza , le type le plus pur de l'antique aristocratie fanariote dans son beau temps , épouse un fils du chef de montagnes moraîte Colocotroni , le jeune Constantin Colocotroni , élevé à Paris, et parlant français comme nous. La jalousie ombrageuse des Grecs avait été surtout blessée du titre de prince que portaient les descendants de ceux qui avaient été hospodars de Yalacbic ou de Moldavie. L'esprit d'égalité est l'esprit du pays, et tout ce qui le blesse blesse tous et chacun. Le gouvernement ne reconnaissant d'ailleurs aucun titre, ceux qui les portaient en Europe y renoncèrent]dans leur pays ;