‹ La Grèce continentale et la MoréeChapitre 18 sur 68 · ASSEMBLÉES NATIONALES · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉES NATIONALES

presse élait reconuue ; les titres de noblesse étaient interdits; le recours à la protection des puissances étrangères élait aboli. Des promesses de terres étaient faites à ceux qui auraient bien servi le pays, à leurs veuves et à leurs enfants. Les maires (démogéronics) devaient être élus, par les habitants, à la pluralité des voix. Le siège du gouvernement était fixé à Naupiie. La bataille de Navarin, le 20 octobre 1827, \int consolider Tespoir d*une indépendance nationale.

Jean Capo d*Istria arriva à Naupiie le 18 janvier 1828, et convoqua une nouvelle assemblée pour le mois d'avril 1829 ; et, en attendant, il nomma , sous le titre de Panhellenion, un conseil composé de vingt-sept membres pour agir de concert avec lui. Le corps français du maréchal Maison débarqua à Navarin le 29 août 1828, et un protocole du 12 décembre 1828 promit aux Grecs une monarchie constitutionnelle.

L'assemblée nationale se réunit le 13 juillet 1827 à Argos, sur les gradins même du théâtre antique adossé à la moniagne. Elle continua le gouvernement provisoire des ^ingt-sept, choisis par le président sur une liste de soixantetrois qu'avait à lui présenter le congrès. Le sénat (gerousia) devait préparer une constitution définitive avec la division da pouvoir législatif entre deux chambres. Le congrès se sépara le 18 août 1829 après avoir décrété que 200,000 slrèmcsde terre (environ 100,000 arpents de Paris) seraient aliénés en faveur des soldats , à qui on devait un long arnéré de leur solde.

Le 3 février 1830, la conférence de Londres signa les protocoles par lesquels elle reconnaissait l'indépendance de la Grèce comme état monarchique ; et elle choisit le prince Léopold de Saxe-Cobourg pour son souverain, sans dire un mot du droit public des Grecs. Dans sa réponse à cette communication de la conférence, le sénat grec déplore le refus qu'on faisait de Candie, de Samos, d'Ipsara, de Chios et des petites îles voisines et indique son espoir d'une constitution libre : « La Grèce , est-il dit dans son mémoire, se réjouit

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d'autant plus du choix fait de S. Â. R. le prince Léopold de Saxe-Gobourg, qu'elle a appris que S. A. R. a Doblement refusé la glorieuse et difficile tâche de faire le bonheur d*uae nation avant de s'être assuré de son assentimeot. Le principe qui a engagé S. A. R. à prendre une résolu-' tion si généreuse , et Félévaiioa de son caractère , 80Bt de sûrs garants de sa disposition à consolider les libertés publiques que la Grèce a consacrées dans quatre assemblées nationales , et qu'elle regarde comme aussi nécessaires et aussi précieuses que l'existence même. » Le eomte J. Gapo d'Istria s'expliquait dans le même sens en écrivant en particulier au prince : « U m'est impossible, prince, lui disait^ il le 6 avril , de trouver le temps nécessaire pour discuter en détail les actes de la conférence de Londres; mois, et qui me semble asseï ckir, c'est qu'en a trouvé meilleur et plus court d'imposer aux Grecs une convcniioa d'où dok résulter pour eux l'indépendance que de leur laisser adopter cette convention dans une forme légale. Ce n'est pas à moi à examiner les motife qu'on a eus pour préférer cê plan ; ce que je puis dire seulement, c'est qu'on n'en peu" vait pas choisir un qui fât amns favorable aux intérêts de ce Huiiheureux pays et à ceux de Y. A. R. L'acte du 3 fé* vrier et celui qui confère à V. A. R. le pouvoir de soqve^ raia héréditaire ne disent pas un seul mot des droits pubiioi des Hellènes. Ce silence indique de deux choses l'uae { ou que les puissances alliées ont imaginé que la personne de prince absorbait et concentrait en elle-même tous les droits des Grecs, ou qu'ils ont réservé au prince souveraki la faculté de reconnaît!^ ces droits par uae déclaration qu'il ferait au moment de prendre la direction des affaires. Cette seconde e^)lication est celle que j'ai ckHinée aux membres du sénat et à tous les citoyens , qui ne cessent de m'acca- Uer de questions depuis que les actes de Londres sont connus ici ; et c'est dans ce sens que sera probablement conçue l'adresse du sénat. » Le prince de Cobourg, voyant par cm lettres que, par riiài^teUigoaci^ de l'avenir mofûrâ?

dans cette affaire par la conférence de Londres, il n^anraH pii en Grèce la force d'adhésion qui lai était nécessaire^ donna, le àl mai 1830, sa démission.

Gapo d'Istria , resté seul à la tête des affaires en atten-* dant un nouveau choix de la conférence de Londres, erai* gnit sans doute de voir éclater la guerre après la révolution de juillet, 8t sie rattacha vivement à ralliance russe et à la fM>UUque ru98e. Il se refusa à la convocalion d'une assemblée nationale » restreignit la liberté de la presse et retint tons les pouvoirs eu ses mains. Les hommes les plus éminents du pays se séparèrent de lui ; le Magne se déclarji ÎQdépendiiQt } Hydra en fit autant ; la guerre s'alluma entre le président et le parti de Topposi^ion , et les Russes mar^cliôreot comaie auiiliaires du président , tandis que les Français et les Anglais, qui cherchaient à ramener Taqien, devinrent suspects au comte Gapo d'istria. L'incendie vo^ lontaire de la flotte grecque par les Grecs eqx-rnêmes, |i la suite de l'attaque des Russes sur Poros, le 13 août, et sur Qydra , et l'assassinat du président f le 5 octobre , par les jeunes Mavromichali , à la suite de l'emprisonnement illérga) de leur vieux père, tels furent les ieu% grands événeiBents de l'année 1831* Le frère du président , le comte Augustin Capo d'Istria , fut choisi comme président à sa pIlKe, par le sénat, avec Golettis e|; Golocotroni, et qn con- Sr^s uatioani fut convoqué.

L'anarchie la plus violente déchira le pays pendant les premiers mois de l'aqnée 1832. Il y eut deux assemblées pationalea et deux gouvernements, Golettis d'un côté, Augustin Capo d'Istria d'un autre. Gependant la France, l'Angleterre et la Russie tenaient à Londres, par leurs délégués, M. de Talleyrand pour la France, }ord Palmerston pour l'Angleterre et MM. Lieven et Matuszevics pour la Russie, des conférences dans lesquelles étaieiit examinées les Qiesures qui convenaient au nouvel État grec. A la suite de la démission du prince de Gobourg, les délégués des trois puissances avaient entamé des négociations avec le roi Louis

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de Bavière pour que son fils, le jeune Othon , encore mi* ncur, devint roi de la Grèce. La convention arrêtée entre eux et le roi de Bavière , représentée par son ministre le baron de Getto, fut arrêtée par un protocole du 7 mai 1832. Il était stipulé :

Articles 1, 2, 3, U. Que la Grèce formerait un État monarchique indépendant , et que le prince Frédéric Othon de Bavière en serait le souverain héréditaire.

5 et 6. Que les limites seraient fixées par les trois cours à la suite de négociations avec la Porte.

7. Que les trois cours se chargeraient de faire reconnaître le nouveau roi par leurs alliés.

8. Qu'en cas de mort sans issue , la couronne grecque passerait à ses frères et à leurs enfants, sans pouvoir être réunie h une autre couronne.

9. Que la majorité du prince serait fixée à 20 ans , qui tombaient le 1" juin 1835.

10. Que, pendant sa minorité, la régence serait confiée à trois conseillers choisis par le roi de Bavière.

11. Que le prince Othon conserverait son apanage en Bavière et recevrait des facilités du roi son père , jusqu'à ce que la dotation fût formée.

12. Qu'un emprunt de 60 millions serait garanti par les trois cours , chacune pour un tiers , mais que les recettes effectives de l'État grec devaient , avant tout , et sans pouvoir être emploi/ ces à aucun autre usage, être employées au payement des intérêts et du fonds d'amortissement , sous l'autorité des ministres des trois cours en Grèce.

13. Que la compensation à payer à la Porte serait prise sur cet emprunt.

l/i. Qu'un corps de 3,500 hommes armés, soldés et équipés par l'État grec serait levé en Bavière pour aller remplacer les troupes laissées par les alliés en Grèce.

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