ELEUSIS
les murs des chaumières et dans tontes les clôtures de jardin. Près d*unc basse-cour , je vis par terre une inscription en lettres anciennes d'une forme dont on s'accorde à fixer la date au sixième siècie avant notre ère. Un reste de mosaïque d'un ancien temple est exposé aux jeux des enfants, qui en détruisent une moitié tandis que l'autre moitié est engagée dans une maison de paysan dont elle forme le parquet. Quelques statues mutilées trouvées récemment sont disposées dans une vieille église.
T^e moyen âge y a laissé aussi quelques traces. Sur une colline qui domine les routes de Mégare , de Corinthe et de Thèbes sont les ruines d'un château féodal, du haut duquel le possesseur franc mettait sans doute à contribution les voyageurs imprudents qui s'aventuraient sur cette route.
D'ici on se rend aujourd'hui par une fort belle route à Ëleuthère et h Athènes.
ENVIRONS D'ATHÈNES. — MONT LYCABETTUS , MAROUSI , KEPHISIA , LE PENTÉLIQUE , L'HYMETTE.
Sur le haut du mont Lycabettus, près d'Athènes, est une petite chapelle dédiée à saint Georges. Le mardi 16 mai , je profitai de la beauté de la journée pour l'aller visiter. Le soleil dardait avec force et il faisait une véritable chaleur d'été. Il faut une heure pour arriver doucement par un fort beau sentier jusqu'au pied du rocher. Là tout chemin cesse, et il faut gravir à l'aide des pointes de rochers. Partout où se trouve un peu de terre on voit que plus d'un pied Ta foulée depuis long-temps sans y frayer un sentier certain. Enfin, après quelques tentatives prudentes, on arrive. Le plateau sur lequel la chapelle est as.-
178 GRÈCE CONTIIIBNTALG ET MOREE.
sise est fort étroit et offre I peine on espace libre antti grand que celui qu'occupe la chapelle dédiée à saint Georges; mais de là la vue est grande et noble. Assis sur un rocher que la chapelle ombrageait en partie, pendant plus d'une heure je restai k adisirer ce beau panorama. Devant moi s'ouvrait la mer avec les baies d'Eleusis, du Pirée, de Musichie et de Phalère , découpée» sur la odt». A l'eitrémité cette mer est resserrée par le cap Saniom et par les montagnes de Mégare , an delà desquelles apparaisseitt le mont Cithéroa , l'Acrocorinthe et jusqu'aux montagnes de l'Acarnanie qui terminent le golfe de Lépaqte. Salamine se détache tout entière avee ses monts pittoresques, et Ëgine apparaît au delà comme placée sous la main. Plus près, à vos pieds, s'étend Athènes avec son bel Acropolis; à gauche, le monument de Philopappus et les colonnes do temple de Jupiter } à droite, isolé d'une mapiôre toute gracieuse, le temple de Thésée. Toute la plaine d'Athènes s'ouvre devant vos yeux avec sa ceinture de montagnes, et au delà , derrière le Pentélique , s'aperçoit le pic neigeux du mont Daphni en Eubée. Les neiges de THy mette étaient presque toutes fondues, et 11 n'en restait plus que quelques bandes jetées gracieusement comme des banderoles blanches dans les pentes dé la montagne. Le Parnès était encore revêtu d'un large chapiteau de neige éblouissante qui fondait à vue d'œil sous ce brûlant soleil , et ce souvenir des frimas donnait un charme de plus à la beauté de la journée. Pendant que j'étais ainsi seul à admirer cette vue, entre quatre et cinq heures , je fus frappé d'un effet de mirage vraiment eiiraordinaire. Deux soleils apparaissaient l'on près de l'autre sur la même ligne avec le même éclat et h une distance apparente asses grande pour ne pas confon-^ dre leurs rayons , à une distance d'environ quioa&e mètres do rayon visuel. Ce phénomène dura environ une demi-' heure; et j'appris en descendant que plusieurs autres personnes l'avaient remarqué en même temps que moi. La transparence de l'air produit ici des effets tout à fait mer-
KfirtllMA. 179
Teiileux. Souv^H en me levant je vois le nord d*uB verN tettdre délicieut, tandis que Torient est da rose te phisdélicat; les iBontagnes de Salamine m'appu-alsaent aussi parfois d'on gros Meii > tandis que les deut pointes de l'ilc paraissent se reierer au-dessus des flots et former un eraissant. Un peintre m pourrait ici copier exactement la natore sans se faire accuser d'ane Mzarre exagération dan» notre plie OcoideUt.
La chakNir extrême, qui , dès le mots de mars, se fait
sentir à Athènes, amène de bonne heure rémigration foreéè
des habitants les |rfos riciies, surtout des étrailgenk Qud^
ques-uns vcmt chercher un peu. de fraîcheur dana ieuri
jardins peu ombragés de Patisia ; d'autres vont respirer la
brise de mer au Pirée, et quelques-uns ont bâti de joliea
prîtes maiswu dans les villages plus fraiis de Naireusi et de
Kephiaia. Le tempe est iouvent si beau à Aihènes que je
aie rappeUe avtnr fait, le lundi 25 janvier, à Kephisia, une