TON AYTAAEA<>ON TOY
2 ANAKENE2ANTA2 TON
HKON TOYTON.
^ ETI. ç«e. ^ •
On, en rectifiant seulement l'orthographe sans riea changer au texte de cette curieuse inscription gallo-* grecque :
'AvriYepÔT) 6 6etoç xa\ îtavffsicroç vaiç toîî uirspaytou jxÊYaXo- [xapTupoç FfiopYiou, $ii auvep^eCaç xa\ TtoOou izoKkoZ toîî ôeoffe^EirraTOU xaêaXapt (XKjJp 'AvTtovt Bï 4>Xa|xa. \lBe. tsXoç ctXTicps Tto^Sv (jLotpTupwv , ôSs TsXoç gôpsv t(JT0p(a aSTY) Trapà Pep^iiavou tepo[JLOva;^ou xai xaÔ7)YOU(ji6vou xa\ Nixo$75|jlou îepo- {lovo^ou Twv auxaSfiXîpwv toÎ^ç (sic) àvaxaivtdavTa; (sic) rov o&cov TouTOv. — "Exei çw£3r (6819 ou 1311 de J.-C).
Ce qui veut dire : « Ce divin et respectable temple du très-saint et très-grand martyr saint Georges a été élevé par la coopération et le grand zèle de rillustre chevalier messire Antoine de Flamme ; ainsi s'est terminée la peinture de tant de martyrs par les soins de Germanos, moine et abbéy et de Nicodème moine, tous deux frères, qui ont
118 GRÈCE CONTINIRTALB ET MOREE.
restauré ce temple en Fan 6819 de la création du monde
(1311 de J. -G.)- •
Ainsi sont réparties par tout le pays les traces de la domination féodale des Occidenlaux : ici des tours de défense, là des églises en ruines, partout des armoiries et des inscriptions sur les murs extérieurs et intérieurs des monuments publics. Ce sont ces éléments épars que j'ai Toolu réunir en un ensemble assez imposant pour servir de point d'appui aux documents que me présentaient les chroniques et les archives.
Un peu au-dessus de TégUse gallo-grecque de Kdrditza commencent les ruines de Tantique Akrephium, qui couronnait le sommet de la montagne. Toute l'enceinte de la ville est fort bien conservée , et les murailles , composées de grandes pierres quadrilatères , s'élèvent souvent à douze et quinze pietls. Des portes longues, où veillaient sans doute des sentinelles, sont dispersées d'intervalle à autre. Çà et là, in milieu de cette enceinte de mors de fortifications , surgissent des ruines considérables de maisons. Les rues et l'emplacement de chaque maison sont fort bien indiqués ; caf les maisons particulières étaient , comme les édifices publics, construits de grosses pierres carrées. Pour les ap* porter dans de tels lieux et à une telle hauteur, il fallait me dépense considérable de force humaine en même temps qu'une puissance mécanique déjà fort avancée. On est souvent étonné en traversant ces pays où un rocher nu se refuse à toute culture d'y retrouver de si beaux restes de monuments publics ; c'est que
Prtvaius illis eenstts erat brevis Commune magnum.
Les villes modernes d'Italie, Rome» Florence , Boio^ gne. Gênes, Venise, pourraient seules, comme les vlHes anciennes, offrir, après des siècles, des ruines capables d'user la dent injurieuse du temps; mais des deux plos grandes villes de l'Occident > Paris et Londres $ que resie-
LAC GOPAIS. 219
rait'il après plusieurs siècles si un tremblement de terre venait k les renverser aujourd'hui ? quelques ruines d'églises, car le vent aurait bientôt emporté en poussière les fragiles matériaux de nos maisons et de nos hôtels.
A mon retour au village je trouvai tout disposé pour le repas. Une petite table roQde d'un pied de hauteur supportait le dîner, et les tapis et coussins étaient distribués par terre alentour. Les Orientaux s'accommodent fort bien de cette manière de s'asseoir les jambes croisées ; mais c'est une Téritable fatigue pour les peuples de l'Occident habitués à se poser sur une chaise , comme une statue de roi égyptien , de manière que la position de leur corps fasse trois angles droits avec le parquet. Les gens de la maison dd)ont ï la porte attendaient nos ordres avec un sentiment d'hospitalité délicate plutôt que de soumission. Pendant qu'on achevait de dîner je partis avec un guide pour visiter quelques autres restes francs sur les bords du lacGopais.
Nous laissâmes à notre droite Kokkino et la montagne où sont les ruines du temple d'Apollon Ptoiis, passâmes entre les deux crêtes de la montagne et descendîmes parla pente qui , à travers les bois , mène au lac Gopals. La cha« kar était extrême , mais l'envie de voir me soutenait. Je snivais k route qui conduit â Martini, où les femmes portent de si jolis costumes : robe, petites guêtres rouges, jimbe nne et fine, tunique blanche fort courte, tchoubé plus oenrt attaché avec une large ceinture, corset et manches courtes ornées de nombreux rangs de becs de perdrix , kras nns et ornés de bracelets de corail , bonnet composé de plusieurs rangs de monnaies avec deux brides de métal qui encadrent la t^e , et une immense chevelure qui re« Ittnbe presque à terre en se terminant par deux énormes Sbads de soie; tout cela compose un des plus gracieux Mtomes que j'aie vus en Grèce.
Après plus d'une grande heure et demie de marche , je BB'anitai sur un tertre bmsé qui domine un fort beau ravin
t20 GB£GE CONTINENTALE ET HOREE.
dans le fond duquel coule entre .des ombrages un torrent qui Ta se jeter dans le lac Gopaïs. J'avais devant moi , sur le côté du lac, un château franc, entouré de larges fossés remplis d'eau ; près de la rive et très-près de là Tile de Gla tvec un autre diâteau franc; en face de moi 5 de l'autre côté du lac, était Topolias, et plus à Touest Orchomène avec son château hellénique réparé par les Francs , et les marais situés entre le Géphise et l'Hercyne, où se livra, en 1310 , entre les Catalans et les Français commandés par Gautier de firienne , duc d'Athènes , la grande bataille qui décida de la possession de l'Âttique. La vue était fort belle et la sérénité du temps ajoutait encore à sa beauté. Des armées innombrables de grenouilles r^ent sans contrôle sur ces marais de plusieurs lieues, et forment un concert de jour et de nuit qui se fait entendre à plus de deux lieues au delà.
Je vins reprendre mes montures à Kardiiza, et, un peu fatigué de cette longue course en plein sdeil, je descendis, pour rejoindre la route de Thèbes à Ldvadia, un sentier que trace le torrent qui de Karditza va se jeter dans le lac Gopaïs , si célèbre par ses excellentes anguilles. Souvent , pour éviter les rochers trop pointus du rivage , il me fallut traverser les eaux du lac, qui , là où il ne pose pas sur nu fond antédiluvien de boue, cache sous ses eaux épaisses un fond de tout petits fragments du roc qui en rendent le passage fort difficile , surtout dans l'endrdt où ses eaux vont se perdre dans les abîmes connus sous le nom de Gatavothra , près desquels il se continue une route. A ces routes de rochers «succédèrent bientôt des routes de vrai marais, à mesure que nous approchions des plaines de la Béotie. Tous les champs-là sont de véritables vaithas ou marécages dans lesquels nos chevaux enfoncèrent fort profondément^ si profondément que j'étais étonné qu'ils trouvassent enfin un point d'arrêt Tous les terrains à l'est du lac Gopaïs , les champs de l'Haliarte au midi et ceux de Skripou à l'ouest ne sont que marécages. La route de
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Skripou était toutefois celle que suivaient autrefois les grau* des années de conquête. Boniface de Mootterrat arriva de Bodonitza à Tlièbes en 1205, en suivant la vallée de Dadi et en prenant au-dessous de Drakhmani la route de Ta* Icotê à Thèbes. Les Catalans prirent plus tard la même route, sans doute pour éviter le château-fort de Livadia qu'ils laissèrent à leur droite. Il leur fut facile, en s*avan«çant sur les bords du lac, d'opérer contre les^ manœuvres de la cavalerie française les saignées mentionnées par les chroniqueurs byzantins; car, dans cette saison de Tannée, toute la plaine de Skripou, qui a Tair d'un tapis de verdure, recèle sous cette apparence trompeuse des fonds marécageux, impraticables à la grosse cavalerie de nos chevaliers bardés de fer. .
Après mille tours et détours forcés entre les rochers pointus, où mon cheval, trébuchant à chaque pas, me faisait souvent entrer dans le lac plus avant qu'il ne m*était nécessaire pour l'observer, et les marais de Yariko, où j'étais menacé à chaque pas de voir ma monture, prise dans un fond par trop doux, s'enfoncer et rester immobile avec moi ainsi qu'une statue équestre, absolument comme Micéphore Grégoras le raconte des chevaliers nos ancêtres lors de leur bataille contre les Catalans, il me fut fort agréable, je l'avoue , de sentir mon cheval poser les pieds avec plus de fermeté et d'assurance sur le terre-plein de la Béotie. La vue avait changé. Elle n'était plus étroite et resserrée; mais de hautes montagnes bornaient encore l'horizon dans le lointain. Cette chaîne de montagnes encore couvertes de neiges, c'était l'Hélicon ; ce fleuve qui en sortait, c'était le Permesse; et, dans le fond du tableau, au pied de l'Hélicon, il me semblait voir, je voyais par la pensée , les fontaines poétiques d'Aganippe et d'Hippocrène.
]^ route de Thèbes à Livadia sur laquelle j'étais parvenu est presque tout entière carrossable dans les beaux temps; mais dans la courte saison des pluies ces terres grasses n'ont aucune consistance, et les roues d'une voiture s'y enfon*
§91 GRECE CONTINENTAU SX MORSE.
eonieiit de naalère h n'en ponfoir pas akément sorlîr. A moitié ckem ia / «ne edbne se détiche de la ekatse éee moRtagnes et se porte graeieusement en af aot jmqn^avx beeds de k route, préseRlaot les raines asses vastes et ffn« peaaRics d^vn viens cMceao frase qui readait aotrefoi» ee passage assess redoolaMeet qui l'embettit asfmirdlittî, sortent quand ses vieux mors se détachent, eomine ils in*ap* parurent, au mifieu des feux resplendissants du eoschant^
La toute qne j'avais à faire était encoi*e longue, nsds facile ; la nuit était survenue , et les armées de grenouilles du Gopafe annonçaient seules piu* leut murmure assourdissant la vie autour de nous. Il était près de minuit quand j*èntrai ii Livadia. Jignorais dene complètement In ferme du nouveau pays dans lequel j'étais arrivé.
An lever du soleil je m^éveitlii au bruit des easeadcs de l'Hereyne, qui roulait précipitaflMneet sous mes feaêtres au milien de ses roelMrs. «le sortis et me trouvai en présente d'une nature sauvage et belle qui me vappelait la Smsse , ou phMât l'approdie ée l'Beàknithal eMm Frihouig en firisgau et Oonanescbingen. Demc lignes 4» ru» chers âpres et élevés viennent se réunir pour fermer de sa oôié le passage de la vallée.
Je franchis le torrent de Tiiercyne en me dirigemit du côté de la montagne, et après quelques miuulce je me trouvai devant L'antre célèbre de Trophonius. Là étaient autrefois des tenaples , h étaient réunies peut-être spKl^ quee^unes des inerveiiles de l'art grec; aujourd'init* tastt. porte les traces d'une récente dévastation. Les deux fan^ taines de Mnémosyne et de Léthé ou de la Mémoire et de rOiibK se confondent en une eau dormante , enfermée dans un étroit bassin de pierres maçonnées. Un riche Anglais, en faisant faire sialadroitement dlrrespfctuenses excavations, a, dit-on dans le paye, fait perdre ces sources, qui ont pris maintenant une antre voie et se dérobent aux regards continuent désormais leur cours sons terre. Au lieu des statues qui décoraient les rochera au tcnape de k
AHiTRB BB TBOPHONIDS. 13S
mce de Pansanias , on n*aperçoit t^us que quelques niches taiUées çà et là , et tout à côté les trous par lesquels on pénétrait dans l'antre de Trophonius, Tun un peu plus grand qni est obstrué, l'autre plus étroit et par lequel on se poDf ait pénétrer que coarbé el en rampant. C'est par là que pénétraient les pieds en avant ceux qui voulaient consulter l'oracle , et qu'après avoir été reçus par les prêtres ils étaient replacés aussi les pieds en avant. Au fond de la grotte est une sorte de puits naturel peu profond. Les retraites par oà passaient les prêtres se dérobent encore à l'œil an milieu des roches. Quand les flancs de ces mon* tagnessi sévères étaient revêtus de grands arbres, quand le torrent de l'Hercyne tombait en retentissant avec force an milieu de cette solitude qiii semble clore le monde , quand on n'était entouré de tous côtés que de temples et de dieux dont la présence, révélée par le marbre ou le bronze, agissait sur l'imagination déjà préparée, la visite à l*antre de Trophonius devait être un moment important dans la vie. Il y avait tant de force dans ces souvenirs d'émotionet de terreur que, jusqu'à la fln du quatrième ^le, son oracle coniet*va tout le prestige de son autorité. Pausanias, qui était allé le visiter, a raconté en détail, dans son Voyage, tout ce qui lui était arrivé à lui-même au moment oà il pénétra dans la grotte et où il en sortit.
Lvvadia, qui, à la sortie des montagnes de l'Attique, de rOBta et du Parnasse, commande la plaine de Béotie jus- <lM*à f HélicoB et jusqu'à l'extrémité de la plaine de Thèmes, était un point trop important pour que les croisés înnçais le négligeassent Dès les premiers temps de la conquête, ils y firent bâth- une de ces vieilles forteresses qui «it résisté aux injures du temps. Comme les Vénitiens ont M les derniers Francs établis dans le Péloponnèse de 1685 ^ 1715, et que leur souvenir est par conséquent tout ré- <^^nt , le peuple de Morée donne assez habituellement le i^^NU de château vénitien à des ruines de forteresses con • stmites par les Français plus de cinq siècles avant l'établiS-
sèment des Ydoitiens ea Morée. Cette erreur est encore plus manifeste dans la Grèce continentale, où les Vénitiens n*ont jamais rien possédé. Lamia , Patradjak , Salooa , Livadia n*ont jamais, à aucune époque, été conquises ni possédées par les Vénitiens. Toutefois le peuple grec, qui de tous les Occidentaux ne fait souvent qu'un seul peuple, donne fréquemment à ces ruines franqueslenom de ruines vénitiennes. J*ai obtenu du moins que cette erreur ne fût pas commise dans les cartes récentes du dépôt de la guerre, J*a]lai visiter ces ruines franques placées au-^lessus de l'antre de Trophonius. Une bonne partie des murs et deux des tours se sont conservées en entier avec leur crénelure et font un fort bel effet au-dessus de ces rochers qui servaient de clôture à Tantique bois sacré placé autour de Tantre. Les Turcs, qui comprenaient l'avantage de cette situation , ont profité des anciens travaux des Français, et, pour les compléter à leur manière , ils ont fait élever une mauvaise petite tour sur la partie la plus élevée du rocher. De là on embrasse une fort belle vue du Parnasse , du Githéron et de l'Hélicon. Le vieux château d'O: chomène, qu'on voit de très-près sur la montagne, anime encore le pa^'sage. Des deux tours franques. Tune clôt le rocher sur la partie la plus redoutable d'un précipice au fond duquel bruit un tori^nt dont le cours tourne la montagne et suit une direction opposée au cours de THercyne , l'autre ferme l'enceinte du côté de la haute plaine. Dans l'intérieur de la place , entre les deux tours, sont les ruines d'une petite église, bâtie probablement sur les ruines d'un temple de Castor et Pollux. £lle * est divisée en deux parties parfaitement égales, avec deux autels égaux, comme on en trouve beaucoup dans TAttique. Le château de Livadia tient sa place dans l'histoire moderne comme dans l'histoire du moyen âge, car dans la dernière guerre il a offert un abri à la population grecque contre les attaques des Turcs.
£n sortant du château franc, en dehors de la porte de la tour carrée et un peu plus bas, se trouvent une fontaine
UVADIA. 235
et près de là, autour de la fontaine et dans le champ voi« sin, les raines d'un temple antique. Parmi les pierres dis « séminées dans ce champ je remarquai une pierre portant une inscription grecque antique, avec le nom de la ville de Lebadea on Livadia actuelle, et ceux d'un Ménandros et d e sa femme Parisias, qui la consacrèrent à Junon.
A?ant les ravages de la guerre Livadia possédait bon nombre de maisons élégantes, bâties an milieu de jardins biens entretenus snr les flancs de la colline. Elle jouissait en effet à cette époque d'une sorte de prospérité. Ali Pacha lui avait conféré de nombreux privilèges et elle était entièrement habitée par des Grecs qu'il protégeait alors contre les incessantes vexations des Turcs ; mais au moment de la révolution les choses changèrent de face. Les troupes tur< qnes étaient cantonnées particulièrement dans ces promces , et de tous les Grecs ceux de Roumélie prirent la part la (dus active à la conquête d'une liberté qui avait été toujours chère aux habitants de ces montagnes. Les Turcs avaient alors pris position dans le château; mais les Turcs réparent mal et leur garde est peu attentive : ils furent surpris et le château pris d'assaut. Les Grecs vainqueurs avaient d'abord épargné leurs prisonniers, mais, à i'appro* che d'one armée turque , la crainte les rendit féroces et ib les égoi^èrent tous; mais ils ne purent néanmoins K maintenir dans leur position , une armée turque s'a^ vança et prit de nouveau possession de Livadia. Tout fut pillé , br(Ué , saccagé , et les meilleures maisons ne sont plus aujourdhui qu'un monceau de décombres. Il reste enoMre quelques maisons sur le flanc de la colline du château et de celle qui lui fait face de l'autre côté de la route, mais elles sont toutes en terre séchée au soleil.
Une nouvelle ville se reconstruit dans la vallée et sur les rives de l'Hercyne, et tout annonce qu'elle ne tardera P^^ renaître avec une prospérité nouvelle et plus durable, ^situation, à l'extrémité d'une plaine féconde, lui est ^inemment favorable , mais les capitaux , la bonne direc*
1S6 GBÈCE CONTIHBHTALE ET MOREE.
tion et les bras maiiqnent. Dans cette vallée , où de féconds pâturages suffiraient pour nourrir tant de milliers de grands bestiaux , le paysan ne sait pu encore que le fu* mier recueilli en niasse est un engrais utile, et que le lait de la vache peut être employé à donner de bon lait , du beurre , du fromage de toute espèce. Il n'y a ici aucune vacheria Dans toutes les saisons les vaches errent nuit et jour» aussi bien que les autres bestiaux, dans les [M'es, les bois et les monugnes.
Je me trouvais à Livadia un jour de marché. Un grand terrain en pente snr la rive de FHercyne était couvert d'une nombreuse populatiop, accourue de toutes les oioatagnes et vallées voisines pour venhr y vendre des grains. Là se trouvaient les vigoureux montagnards du Parnasse et les belles filles d'Arachova. Les costumes des femmes étaient généralement riches et [Htloresques. Des boucles d'oreilles larges, attachées ensemble par une chatne légèra qai pend au*des80us du menton et flotte en forme de collier, on une grande lame d^argent ciselée qui passe sous le men* ton et remonte le long de la figure pour venir s'attacher dans les cheveux, sont l'ornement le plus à la mode parmi elles. Je vis de ces boucles d'oreilles et de ces flaques qui avaient une assez haute videur ; ce sont des reli* ques de fiunilles. U y a aussi dans la ville un comm^icement d'industrie. Le cours rapide de l'Hercyne fait tourner de larges roues qui servent au battage et au lavage des laines du Parnasse. Un peu de temps , et surtout on pen d'activité dans le gouvernement, et un bon exemple de culture donné par quelques propriétaires plus ridies améllorenient rapidement Tétat du pays.
CBEBOlin. %V
CHtaOHÊB. ^ UH MARUGE 6UG. ^ UB MON ASTÉKK
\ï& SAINT-LUG.
J'a?ais quitté Li?adia de bonne heure. Je suivais la route d*Orchomëne à Gfaéronéê , et j'allais faire un pèlerinage d'abord, en l'honneur dd moyen âge, au monastère de Saint-Luc, et ensuite, en l'honneur de l'antiquité, à la fontaine de Castalîe et à Delphes, i^atais pris avec moi à Livadla , pour me servir de guide et non d'escorte ( car on n'en a plus besoin maintenant dans ces parages), un chûTopkyiahas ou gendarme grec, gardon akrtiS et hiteHigent qui avait de bmne heure renoncé à h vie ktephtique pour se soumettre à la vie régulière des lois. Le corps des gendarmes grecs 4 formé et discipliné par un Français, le ccdenel Graillard, est uâ corps excelienl, qui a rendu sous lui beaucoup de services par son zèle et sa bravoiure* Des temps plus calmes ajouteront k ces bonnes qualités, que leur a inspirées leur fondateur, le respect dés droits de tous » si difficile, maià si nécestnre après tant de désordres.
Je cheminais doucement , causant Avec mon jeune guide des aventures ote sa vie klephtique , et lui faisant chanter de ces chants guerriers dont la mémoire de tout pallicare «t abondamment remplie. La matinée du dimanche 25 svril était chaude .et belle; j'a^r^ avec bonheur œt air ttnhauoié qui m'arrivait des montagnes dont l'horinm est ceint de toutes parts , et mes regards se portaient avec tvidité sur cette plaine historique de Gbéronée , resserrée P^r les dernières ondulations du Parnasse et du Knémis. C'est ici qu'expira l'indépendance de la Grèce sous les coups du roi Philippe de Macédoine. Que de révolutions im le monde social depuis ces deux mille ans » sans qu'ait
changé en rien l'aspect matériel du pays! Cette source où vient s'abreuver mon cheval coule aussi paisible qu'au temps de Pbocion et de Démosthène ; la cavalerie macédonienne s*y est sans doute arrêtée en descendant d'ÉIatée et des Thermopyles. Ainsi, comme le dit Quevedo en parlant des ruines de Rome e^ du cours permanent da Tibre :
Solo el Tibre quedè, cuya corriente Si ciudad la regè , ya sepultura La Uora oon funesto son dolieote.
O Roma! en tu grandeza, en tu hermosora, Haye lo que era firme, y solamenje Lo fugitivo pennanece y dura ^ !
Ces fleurs qui énudllent les plaines, ces beaux lis bleus, ces anémones à variées, sont les mêmes qui y fleurissaient jadis; ces montagnes qui me charment par leur coupe, leurs couleurs et leurs ondulations si variées, sont les mê« mes montagnes que franchissait l'armée envahissante de Philippe, qui venait combattre et vaincre les guerriers d'Athènes , de Gorinthe et de Thèbes , dans les champs de Chéronée.
Pendant que mes regards se portaient sur ces monta* gnes , comme si j'eusse dû en voir descendre encore une fois les phalanges de Philippe , je vis tout à coup sur ma droite un groupe mouvant et animé descendre des pentes inférieures du Knémis vers la plaine de Kaprena, l'antique Chéronée , que je traversais en ce moment Peu à peu ce groupe , en se rapprochant , se dessina, plus nettement à mes yeux; je distinguai une cinquantaine d'hommes à
* « De toutes ces choses si renommées, le Tibre reste seul, le Tibre dont les eaux arrosaient Rome au moment de sa grandeur, et la pleurent par un murmure sourd et plaintif au moment où elle gtt dans la tombe. O Rome! de ta grandeur, de ta beauté, tu as perdu tout ce qui semblait solide et 4urable| et n'aç conservé que ce qui était fugitif I is^