QNASTÈRIS DE SAINT-LUC
de pierre (actice suivant Fusage d'alors, et ainsi qa*qn eo voit dans plusieurs des églises normandes de Sicile. Les n)ur# sont revêtue de cette OQêwe mosaïque à fond d'or, L*exé* cution de pes tableaux en mosaïque à Saint-Luc doit êirç bjer) antérieure ^ celle des mosaïques du monastère de Papbni près d'Athènes» et elles sont d'un ^tyle plus pure^^ ment byzantin, Le pavé de< la ^iea^ ainsi que celui des trqjs autels , esi en mosaïque de marbre, et les çolounep soi^t aussi de fort beau marbre incrusté de gros morceaui^ de jaspe, de lapis^-la^uli, d'agatbe, et de beaucoup d'autres pierres dures, dont quelques fr^gment^ ont été parfois en^ levés. Ces; précieuses incrustations sont d'un goût dé|esta« bl^, m?iis QB les retrouve partout dans les plus riches égU* ses d'Italie, L'église de Saiut-Luc est fort bien entretenue, de inêpie que les autres bâtiments du couvent. Il est aisé de voir qu'une bonne administration économique et agricole Eiaiutienf l'opulence ancienne de ce monastère.
Au-Aessous de l'église bâtie par l'empereur est une hell^
égliie souterraine, Deux tombeaux de marbre placés dei
deux CQtés de l'autel arrêtèrent mon attention. Le tombe^ii
a droite est, suiyaut la tradition ancienne ^ le tombeau du
fondateur de l'abbaye, l'empereur Romain Lacap^ne. Quant
au tombeau à gauche, aucun des moines ne put m'en diri^
l'origine ; tout ce qu'ils se rappellent par tradition , c'est
qu'il renferme aussi le corps d'un empereur ; mais quel
empereur, ils n'en saveut riep. £n l'examinant avec atten^
tion , je vis que les colonnes qui soutiennent ce tombeau
diffèrent essentiellement de celles qui soutiennent celui de
l'empereur grec ; et je reiharquai , au-dessus de ces deux
colonnes, deux croix sculptées qui qe se retrouvent pas sur
l'autre. Or ces croix sont celles qui ont été adoptées par
les empereurs français de la maison de Courtenay, Pierre
de Courtenay, comte d' Auxerre , et ses deux fils , Robert
et Baudoin II , la croix perlée et fleuronnée par le bas. De
ces trois empereurs , le dernier, Baudoin II , mourut eu
i?73 dans le royaume d^ Pilles, où, après la prise de
244 GRÈ€E CONTINENTALE ET MOREE.
Goostantinople par Michel Paléologue, il s*était réfugié près de son parent Charles d'Anjou, et son tombeau, construitpar les ordres de Charles d'Anjou, est conservé à Barletta. On n'a pu découvrir jusqu'ici le lieu où avaient été enterrés Pierre de Courtenay et son fils Robert. On sait seulement que Pierre, après avoir été couronné empereur par le pape Honorius à Rome , en 1217 , s'embarqua à Brindes pour Durazzo ; que là, trompé par les paroles d'amitié du despote d'Arta , Théodore-Ange Comnène , il résolut de s'acheminer vers Constantinople par terre, qu'à trois journées de Durazzo il fut surpris pendant la nuit , fait prisonnier par Théodore , et qu'il mourut deux ans après en prison, tandis que sa femme, l'impératrice Yolande, qui était gro^ et avait préféré s'en aller par mer, s'arrêta quelques instants dans la principauté d'Achaye, auprès du prince Geoffroi de Ville-Hardoin, auquel elle donna sa fille en mariage*, et arriva saine et sauve à Constantinople. Où mourut^ Pierre de Courtenay et où il fut enterré, c'est ce que l'histoire ne nous apprend pas; mais il serait possible que Geoffroi de Vitle-Hardoin, lié avec la famille Comnène, eût obtenu de faire transporter le corps de son beau-père dans le monastère de Saint-Luc, qui était dans sa principauté et n'était pas fort éloigné du despotat
D'un autre côté, on saitque le fils de Pierre, l'empereur Robert de Courtenay , mourut dans la principauté de son beau-frère, le prince Geoffroi de Yille-Hardoin, à son retour de Rome, où il était allé se plaindre au pape d'un attentat de ses propres chevaliers. Yoici à quelle occasion : Robert
^ « Ains qo'ele venist à Constaotinople , arriva elle en la terre Gieffroi de Yile-hardoin , qui grant honor U fist. L'emperris avoit une fille et GiefTroi de Vile-liardoin un fil qui avoit nom GiefTroi. L'emperris vit qu'il avoit grant terre et qae sa fille i seroit bien mariée. Si H dona sa fille, et il la prist à famé; si l'espousa. Après s'en ala l'emperris à Constantinople. Ne demora après ce guaires qu'ele se délivra d'un fil dont ele estoit grosse. » (Bernard le Trésorier, Continuation de Guillaume deTyr^édlt. de M. Guizot, p. 330.)