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leurs départemeûtaux et donneront matière aux plus savantes dissertations des académies locales. On voit cependant quelquefois à Delphes de Térltables antiquités, bien que pour ma part je n*aie trouvé à acheter que des deniers tourfioîs des Ville-Hardoin-priuces et princesses d*Achaye et des La Roche ducs d'Athènes ; mais ce qu'on y voit surtout et partout c'est la trace des monuments anUques. On ne creuse pas une fois la terre pour jeter les fondations d'une nouvelle cabane à Castri qu'on ne rencontre quelque pan de muraille hellénique, quelques débris de colonnes ou même quelques fragments de bas-reliefs de marbre. Dans le jardin d'une cabane je vis gisant la mé^ tope d'un temple et de beaux restes de bas-reliefs; à quelques pas de là, des excavations récentes ont fait retrouver les murailles d'un temple , et un peu plus haut on vient tout récemment de mettre à nu un long pan de muraille composé de grandes pierres polygonales taillées avec soin et sur lequel sont transcrites de longues séries d'inscriptions de différents âges, en assez grande abondance pour remplir un volume, $ans même les réflexions et explications des commentateurs allemands ou hollandais.
Le gouvernement grec avait eu une bonne pensée , c'é« lait de réserver pour les fouilles les terrains sur lesquels sont placées les cabanes du village de Castri, et de donner en dédommagement aux habitants , des terrains dans la vallée inférieure pour y construire leurs maisons; mais malheureusement les projets restent là trop souvent à l'état de pensée. Ou avait bien interdit les constructions nouvelles avec promesse d'indemnité; mais comme l'indemnité n'arrivait pas et qu*en attendant on ne s'en mariait pas moins , on n'en avait pas moins des enfants , et que les enfants n'en gran<* dissalent pas moins et qu'ils réclamaient de nouvelles mai« sons 'pour s'établir, on prit le parti de sauter à pieds joints par-dessus les prohibitions gouvernementales ; mais, pour n'avoir pas à recommencer, on bâtit cette fois de bonnes Quiaons de pierre à l'aide des ruines qu'on avait sous la
maiiï. De sorte que si plus tard le gouvernement veut revenir sur son projet d'indemnité , il lui faudra payer dix fois plus pour les maisons de pierre qu'il n'eût payé pour des calyvia de chaume ou de bois. C'est ainsi qu'en ajournant à perpétuité les meilleures résolutions et en ne se décidant pas à prendre un parti rapide et trandié , on perd de nombreuses occasions de bien faire. Les nouvelles constructions faites à Delphes prouvent le fâcheux résultât que cela peut avoir sur les choses ; les conséquences en ce qui concerne les hommes ne sont pas moins fâcheuses quelquefois. On m'a raconté, pendant que j'étais à Delphes, un fait qui servira d'exemple. Le roi Othon encore mineur était venu faire une course de ce côté de la Grèce avec le régent bavarois M. d'Armatispèrg. Le tumulte de la guerre avait cessé à peine et les habitants des montagnes, longtemps habitués à la vle klephtique qui offrait sous les Torciâ la gloire d'une indépendance nationale , n'avaient pu tout à coup accepter la discipline régulière des sociétés occidentales. Les brigandages par terre avaient succédé aux pirateries des côtes, disparues devant la ferme volonté des amiraux européens, et aucune route n'était plus en sûreté. Tantôt par peur et tantôt par sympathie les villageois fournissaient des vivres et des munitions à ces efcmemls de la société nouvelle , de telle sorte qu'il était devenu bien difficile de les atteindra. Le gouvernement eut alors recours k un moyen qui eut les plus heureux résultats. Il offrit une prime de mille et deux mille francs à celui qui lui apporterait la tête des bandits signalés comme ennemis publics, en même temps qu'il promit à ceux qui se rendraient dans un temps donné, des moyens réguliers et honnêtes d'employer leur activité. Beaucoup firent alors leur soumission, et sont devenus des hommes fort utilesi D'autres plus récalcitrants furent tués par les troupes envoyées b leur poursuite ou Klirés par ceux même qu'ils avaient forcés à les recevoir. Quel' qoes^uns retournèrent reprends la vie de klephte et d'ar* niatole dans les montagnes turques de là haute Theiisaifei Peti
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survécurent à cette battue générale, Une redoutable bande
composée des trois frères avait cependant déjoué toutes les
poursuites et tenait bon dans la chaîne du Parnasse, Une
prime plus haute fut offerte pour lenrstôtes; mais personne
n'osait s'aventurer i la gagner. Un jour le jeune roi Otbon,
qui venait de visiter lei^ environs de Delphes, était assis sur
le gazon , è cOté des membres de la régence, autour d'un
repas homérique servi sur des amas de branches vertes,
lorsque se présente devant lui un beau jeune homme vôtu
et armé comme le sqnt les palicares, Une vaste moustache
descendait sur ses lèvres , un large coutean de ebasse et
deux longs pistolets garnissaient sa ceinture, Il s'adressa
an jeune roi avec assurance, « Vous ave^ promis, lui dit-il,
une prime h qui vous livrerait ma tête ; la voici. Jus^
qu'ici j'avais cru trouver dans la vie klepbtique un emploi
non ignoble de ma force, et mes frères Favaient cru ave6
mol l^es miens me ê^mm qne d'autrçs tempi; réclament
d'autres habitudes. Éclairei-moi sur le bien que me réserva
votre nouvelle vie, et snr les services que je puis rendre k
la Grèce ma patrie dans tout autre vocation ; mes frères at-»
tendent dans la montagne le résultat de mon expérience, »
Le roi Othon était mineur. A ces fières paroles, il tourna
ses regards vers le régent d'Àrmansperg pour réclamer une
adhésion prompte, tendre la main an brave palicare et
(aire peut-être d'un ancien klephte un citoyen honorable
et régulier. Un mot parti du coeur eût gagné le montagnard,
et quelques heures après ses frères fussent rentrés sous la
discipline des lois; mais ce mot ne fut pas prononcé,
M. d'Armansperg répondit qu'on ei^aminerait son affaire ,
qu'on aviserait, £n attendant, le palicare fut conduit en
prison pour y attendre une décision qui se faisait tous les
jours attendre. La captivité était insupportable à l'homme
des montagnes. Il se sauva • regagna les gorges du Par*'
passe , annonça i ses frères ce qu'ij avait vu , et tous trois
recommencèrent une guerre longue et terrible contre la
société qui les repoussait au lieu de leur tendre les bras ;
et ce ne fat qu'après avoir été long - temps la terreur du pays qu'ils succombèrent eux-mêmes. Leur jeunesse , leur beauté, leur bravoure leur ont mérité des ballades qui se chaulent mélancoliquement dans les chaumières.
Je quittai Delphes par une route opposée à celle par laquelle j'y étais monté, et je descendis du côté de Rbrysso. C'est un village fort joli avec de bonnes maisons et dont les habitants paraissent tout à fait à l'aise. Il est fort voisin de l'emplacement sur lequel était bâtie l'antique Crissa qui a donné son nom au golfe de Crissa ou de Salona ou de Galaxidi. La route suit cette baie le long d'une petite rivière qui féconde la vallée, bien qu'on la passe aisément à gué et qu'on puisse en suivre le lit à cheval. Sur la gauche on aperçoit le village de Ser-Ianni au nom franc, et 4iprès quatre heures de marche on arrive à Salona , l'antique Amphisse.
Dès les premières heures du jour, je commençai mes excursions dans Salona par la visite de l'ancienne forteresse , placée sur le haut d'une montagne au-dessus de la ville. Cette construction , qui est d'origine hellénique , fat augmentée sous l'empire de Byzance , et réparée par les comtes français de Salona. Les murailles helléniques sont fort considérables. La porte intérieure est complètement antique. Elle est haute de deux mètres soixante-dix centimètres sur deux mètres trente-cinq centimètres de largeur et deux mètres soixante-dix centimètres d'épaisseur. L'encadrement du bord est de deux mètres trente centimèti^es de hauteur sur un mètre soixante-dix centimètres de largeur. Ainsi que toutes les autres portes helléniques, elle est composée de deux hautes pierres sur lesquelles pose une troisième pierre. L'enceinte hellénique est presque partout fort bien conservée et on y remarque les deux genres de construction , la polygonale irrégulière et la quadrilatère réunies. Tous les angles des murs sont bâtis de grandes pierres quadrilatères, fort bien taillées, tandis que les pans intermédiaires sont composés tantôt de pierres polygonales