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on cabriolet de Paris; le condncteor de chameaux, obligé d'essayer un nouveau métier, s'élance sur le siège d'une calèche d'Offenbadi , et lutte de TÎtesse atec le klephte pacifié , assis triomphaiement sur une planche endommagée de son coucou à roues mobiles. Le cuisinier mis hors de service , le palicare attendant une nouvelle guerre, l'homme des îles comme l'homme des montagnes , tous voyant pour la première ibis une voiture ^elçonquc, voilà les Tiphys et les Âutomédon qui se chargent intrépidement du transport de votre personne. La route est large, belle et facile ; les chevaux et les cochers sont pirins de feu, la course se bit rapidement, et même sans encombre, à moins que ces guides inexpérimentés ne se choquent un peu trop rudement, que les voitures mourantes n*expirent sous vos pieds , ou , par exemple , qu'un cheval d'Europe ne rencontre face à Êice quelques chameaux et, par peur de cet animal inconnu , ne vous jette sur un pan de muraille oublié des longs tnurs de Thémistocle ou dans le fit desséché du Céphise.
A moitié de la route , votre cocher, qui s'est fait une sorte d'étrange turban en nouant son mouchoir autour de son fefey, s'arrête auprès d'un petit cabaret; sous prétexte de d(Hiner un peu de repos à son cheval, mais, en réalité, pour se faire payer un verre de raki. Un gros garçon joufflu fait de son mieux , en mêlant toutes les langues , pour vous engage" à imiter votre cocher. Il y a peu d'années, il n'y avait lli qu'une pauvre baraque en bois ; mais une flotte française est venue séjourna* dans la baie de Salamine : officiers et matelots étaient curieux de visiter Athènes ; la consommation des cigares et des verres de raki s'est augmentée. Les marins, peu patients, attendaient rarement l'appoint de leurs francs en centimes; les francs sont de-^ venus des écus, et la baraque de bois de lanni s'est transformée en bonne maison de pierre. Vienne une nouvelle flotte , à cette maison s'en joindront d'autres , et la station se transformera en village* Le lien est bien choiâ pour
cela. Tout auprès est un puits de boone eau, et un paits, ici , c*est un trésor. La route a jusque-là suivi les longs murs ; on commence à entrer dans ce qu'on appelle le bois d*oliviers. Ces célèbres oliviers se sont succédé d'âge en âge sans interruption, depuis Gécrops; mais ils sont si clair-semés, leurs troncs sont si maigres et si noueux, leurs feuilles si pâles et si maladives , leur ombrage est si rare , qu'il faut être bien et dûment averti que c'est là un bois pour songer à lui donner ce nom, qui, dans notre prosaïque pays, nous rappelle tant d'autres images si belles et si douces.
Les cinq minutes écoulées , votre cocher repart au mi* lieu de flots de poussière ; et, après vingt minutes de celte course aventureuse , on se trouve en présence d'un des plus gracieux monuments de l'antiquité, le temple de Thésée, encore debout en entier sur un petit plateau qui surgit légèrement de la route d'Athènes. Ses élégantes colonnes d'un beau marbre blanc , auquel l'action du temps et du soleil a donné le plus beau reflet rose, se détachent sur ce ciel si pur comme pour vous révéler en un instant la vie et l'art antiques.
Le tribut d'admiration légitime une fois payé en passaut au temple de Thésée , on retombe de la hauteur du passé dans le terre-à-terre du présent. C'est à travers un dédale de planches amoncelées qu'on entre dans la moderne Athènes. Quelques petites maisonnettes malpropres servent , comme notre rue Copeau ou notre rue Mouffetard, d'avenue au Paris de ce petit coin du monde. Ce passage, au reste, est très- court , et on arrive dans une grande rue droite , la rue d'Hermès, qui coupe la ville en deux sections : d'une part les vieux bazars, les vieilles rues, la vieille ville, mais aussi la tour des Vents, le monument de Lysicrate, tous les restes antiques et l'Acropolis ; de l'autre part les nouveaux quartiers , les cafés, les marchandes de modes, la richesse, la diplomatie, la cour. Un petit essai de trottoir parfois interrompu, dans cette assez longue rue,
ATUÈNEd. * 61
prouve plutôt ce qu'on veut avoir que ce qu'on a réellement; et un beau palmier, Situé au milieu de la rue, reste là , glorieux , pour attester que la vie et le soleil d'Orient ont encore toute leur puissance. Le temple de Thésée, c'est le souvenir des beaux temps de la Grèce ; le palmier c'est le souvenir de la domination des fils du désert , qui transforment en autant de déserts tous les lieux qu'ils parcourent et qu'ils gouvernent.
Deux rues tiansversales, la rue de Minerve, qui conduit à l'ancien portique d'Adrien , et la rue d'Éole , qui finit à la tour antique des Vents , viennent couper la rue d'Hermès. Voilà les seules tentatives de régularité urbaine qu'on aperçoive en arrivant à Athènes. Tout le reste semble désordre et confusion ; et cette rue d'Hermès elle-même a été si mal tracée , bien qu'on eût la plus entière liberté de tracé, qu'elle vient se jeter tout au travers d'une vieille et respectable église que les maçons étrangers n'auraient pas fait diflBcullé de démolir, mais qu'ont protégée le respect religieux du peuple et les réclamations des savants. L'église reste donc , et la rue tournera autour d'elle comme elle pourra. Avec le temps, on s'arrangera pour tracer à l'enlour un crescent à portiques quand les petites maisons à Tallemande qui se sont glissées ici tomberont pour faire place à des constructions plus conformes aux besoins du climat.
Cette première vue d'Athènes est plutôt bizarre qu'agréable. On sent cependant qu'il y a ici de la vie et de l'avenir ^ Les mœurs d'Orient n'ont pas encore contracté
^ M. Wordswortli a visité Athènes à la Gn de 1832 et aa commencement de 1833. Voici l'état dans lequel cette ville se présenta alors à ses yeux -. « The town of Athens (p. 51) is now lying in niins. The streets are almost desertid; nearly ail Ihe houses are withoat roofs. The churches are reduced to bare ^alls and lieaps of stones and mortar. There is but one church in which the service 18 performed. A few new wooden houses , one or two of more solid (Structure, and the two Unes of planked shades whicli forai the Bazar, are ail the inhabited dwelliugs tliat Athens can now boast. >»
6i GRÈClf CONTINENTALE ET MOREE.
mariage avec les niceurs d'Occident ; elles coexistent séparées, sans s*être ni fondues ensemble ni annulées. Plus tard la fusion s'opérera par des sacrifices réciproques. En attendant que le goût et la mode aient fait passer la société grecque sous leur équerre , chacun prend Tallure qui lui convient. Près d'une boutique à la turque , dans laquelle le marchand s'assied sur ses jambes, en déroulant mélancoliquement entre ses doigts les grains de son chapelet, on rencontre un café à la française avec un billard d'acajou. Ici vingt Maltais, accroupis dans la rue, attendent l'emploi de leur activité ; là des Grecs à la blanche fustanelle , à la veste dorée, fument leurs longues pipes, tandis que d'antres Grecs , habillés à la franque , finissent une bouteille de bière en fumant un cigare ou une cigarette et en dissertant en français sur les journaux de Paris. Celui-là porte un costume grec avec des bottes françaises par*dessus son large pantalon, celui-ci une redingote française avec la fustanelle et les guêtres grecques. Les langues grecque , française, italienne, allemande viennent à la fois frapper l'oreille , et une dissertation sur un roman de Balzac et un drame d'Alexandre Dumas est interrompue par une tirade patriotique sur Candie, Omer-Pacha ou Mavrocordatos.
C'est à travers ce pêle-mêle de costumes, de langues et d'idées que je me fis voie pour me rendre à l'aubei^e dont j'avais fait choix , car on peut faire un choix maintenant. Il y a à Athènes trois auberges fort convenables, et quelques autres où on peut trouver à se caser sans trop d'inconvénients. J'allai me loger à l'hôtel de Londres, chez un Piénontais , nommé Bruno , ancien courrier de Capod'Istrias. Sa maison est petite , mais précédée d'un jardinet et proprement tenue. Mon appartement, très-suffisant, s*ouvrait sur tous les points de l'horizon. C'était une sorte de belvédère de trois pièces, d'où je pouvais jouir d'une vue magnifique de la ville, des environs et de toutes les chaînes de montagnes de l'Attique. L'Hymetle , le Pentélique, le Parnès m'entouraient^ D'un côté, je pouvais ad-
mirer le Parthénon , diadème précieux qai orne le froot de l'Acropolis , et nui vue s'étendait dans ia direction da temple de Jupiter-Olympien jusqu'aux montagnes au pied desquelles serpente le lit sans eau de l'Ilissus et se détache le rocher un peu sec de la fontaine de Galiirhoe ; d'un autre côté » mes regards s'étendaient sur Phalère , le Pirée , Sa-^ lamine , en suivant les roches Scironides , d'où le brigand Sciron fut précipité dans les flots par Thésée, jusqu'à la cime aplatie de l'Âcrocorinthe. Mon belvédère était ainsi un excellent point d'observation pour m'orienter ï travers l'Athènes de Périclès, celle des ducs français de la maison de La Roche ou de la maison de Brienne, celle des vaîvodes turcs, et celle dont il a plu au roi de Bavière de faire la capitale du nouveau royaume hellénique, afin de se donner le plaisir classique de recevoir de son fils , le jeune roi Othon, une lettre datée : D^ mon paiais d'Athènes.
ATHÈ1I9ES. ~ SES MONtJMENTS ANTIQUES ET SES FÊTES POPULAIRES. — SA PASSION POUR LA PHILOLOGIE. — SES ÉCOLES AVANT LA RÉVOLUTION GRECQUE.
Un de mes amis, se promenant un jour dans les environs d'Athènes , demanda à un petit pâtre , qu'il rencontra , le nom de cette ville qui se présentait en perspective. — On l'appelle Anthina (c'est-à-dire ville des fleurs, Florence par exemple), lui dit le berger dans son patois ; mais,*pour des fleurs (en grec anthi) , elle n'en a pas*. L'Athènes antique, comme la Florence moderne, éveille en efl^et dans tous les esprits, même les plus étrangers aux lettres et aux arts, des idées de gloire ou de poésie ; et le peuple, qui ne
fausse jamais les noms propres que pour leur donner une signification plus analogue à sa pensée S prouve ainsi qu'il n*est pas moins sensible que les classes éclairées au beau nom acquis à sa patrie. Ce nom glorieux , répété de bouche en bouche dans la dernière lutte, après un silence de près de deux mille ans , a suffi pour éveiller la sympathie de tous les peuples ; et l'Occident, qui devait sa civilisation à la Grèce , lui a prouvé sa reconnaissance en Taidant à son tour à s'affranchir de la barbarie.
Bien que notre oreille soit plus familiarisée aujourd'hui avec ce magnifique tiom d'Athèiies , il ne laisse pas que d'agir avec force sur tout nouvel arrivant. Ce qu'on voudrait, ce serait de faire tomber pour un instant toutes les barrières qui vous séparent du passé , de reconstruire par la pensée la ville antique avec ses monuments, ses temples, ses statues; d'évoquer du tombeau sa population bruyante, ici se pressant au Pnyx autour d'un orateur populaire , là s'agitant, au théâtre de Bacchus, au spectacle d'une noble tragédie de Sophocle ou d'une mordante comédie d'Aristophane , ailleurs revenant en procession de la Voie Sacrée et affluant près des statues des dieux. On en veut à tout ce qui vous distrait de celte apparition fantastique, à cette ville nouvelle comme à ces hommes nouveaux. On désirerait au moins, puisqu'il ne reste que des ruines, que ces ruines ne fussent pas gâtées par un contact prosaïque avec des reconstructions modernes; que, pour un moment, disparût tout le présent , hommes et choses , et qu'on pût rester seul en présence de ces seules ruines. Malheureusement il n'en est pas ainsi. Depuis que, par une ordonnance du 30 (18) septembre 1834 , signée par les régents bavarois Armansperg , Cobell et Heideck , et par les ministres grecs Golettis , Theocharis , Lesuire , Rizo et Praïdis , il a été décrété qu'Athènes serait désormais la capitale du
^ L'tie de Naxos ou Naxie est la plas beUe des Cyclades; aositi
le peuple, au lieu de rappeler Naxia, rappçlie-t-il toujours ^ 'AÇf a, la Digne.
royaume grec , et que le siège du gouvernement y serait transporté le 13 (1*') décembre 183/i, le prestige antique a été et il ira de jour en jour s*éyanouissant de plus en plus. Au temps de la domination turque , les misérables cabanes {catyvia) et les misérables habitants qui se glissaient à travers les ruines ne nuisaient pas plus à leur efTet qu'un nid de cicognes placé sur les débris de créneaux gothiques n*en détruit Tunité. C'étaient là des choses si complètement étrangères et si éphémères qu'elles ne servaient pour ainsi dire que comme la cloche d'un couvent abandonné à sonner Theuredu passé. Il en est bien autrement des constructions récentes ; une ville moderne, je ne dis pas s'édifie, mais se maçonne presque partout, sur l'emplacement même de la ville de Thésée. Encore, si on eût fait quelques réserves pour l'antique et qu'on eût imité l'exemple du respect donné par Adrien ! Lorsque cet empereur , dans les deux visites qu'il fit à Athènes, l'an 125 et l'an 130 de notre ère, ordonna de relever la ville d'Athènes, il eut soin d'assigner un espace nouveau aux constructions nouvelles ; et sur les limites qui séparaient la ville ancienne de la ville nou« velle fut construit le portique d'Adrien, encore debout avec l'inscription qui attestait le respect d'Adrien pour l'antiquité. D'un côté de cette porte, on peut lire encore : C*est ici ta ville de Thésée^ non celle d'Adrien ; et de l'autre côté : C'est ici la ville d'Adrien, non celle de Thé-' sée. On eût pu de la même manière, à l'entrée de la partie de la ville sur laquelle semble vouloir s'étendre par prédilection la cité nouvelle , près du point où se rencontrent par exemple les rues d'Hermès et d'Éole, et en face du portique d'Adrien, élever un portique sur lequel on eût inscrit d'une part : C'est ici la ville de Thésée et celle d'Adrien, et non celle d'Othon; et de l'autre : C'est id la ville d'Othon, et non celle de Thésée ni d'Adrien. Ainsi eussent été laissés libres aux investigations et aux fouilles des antiquaires tous les terrains sur lesquels s'étendait autour de l'Acropolis l'Athènes antique,
66 GRÈCE CONTINEMTAILE ET MOREE.
et OÙ on voit encore aujourd'hui les stoa ou portiques du Pœcile, la porte de l'Agora ou marché, la Tour des Ventfii le monument de Lysicrate dans Tancieune rue des Trépieds^ par laquelle on montait sur un revers de l'Acropolis paré encore de deux belles C4)lonnes qui portaient autrefois lear« trépieds ; les débris du théâtre de Bacchus et de son temple, et les précieux restes des chefs-d'œuvre de l'Acropolis. Aujourd'hui de nombreuses maisons de pierre bâties sur le nouveau sol, plus élevé que le sol antique, interdisent toute recherche future, •
Les premiers pas du voyageur dans Athènes se dirigent nécessairement^ vers l'Acropolis. Tout prévenu que l'on soit par les récits les plus pompeux , on est toiyours surpris et émerveillé de ce qu'on y trouve. La forme même et la couleur rouge'-pile du rocher de l'Acropolis donnent déjà des ailes à l'imagination. L'Acropolis est encore une forteresse ferioée par des murs : an nord les restes du mur , de construction dite pétasgique ; au midi , les restes du mur de Cimonf On passe au-dessous de la grotte d'Apollon et de Pan, on tourne un peu le rocher, et on se trouve à la première porte de la forteresse , au*dessus de rodéon ou théâtre musical d'Hérode Atticus , qui était i-éuni par les stoa ou portiques couverts d'£umènes , fréquentés par les péripatéticiens ou promeneurs, avec lO: théâtre de Bacchus ou grand théâtre tragique. Il ne reste plus rien du théâtre de Bacchus , mais la partie inférieure des stoa couverts qui l'unissaient à l'Odéon et le mur du fond de l'Odéon , avec quelques jours ouverts sur la campagne et sur la mer, subsistent encore. Au-dessous du théâtre de Bacchus , sur le haut d'un des flancs abrupts du rocher^ était un temple consacré à Bacchus, qui depuis le aïoyen âge avait été transformé en une chapelle dédiée à la Panagia Spiiiotissa, Notre-Dame-de-la-'Grottet parce qu'il était creusé dans une grotte* 11 y a peu d'années encore, ce temple subsistait en son entier et debout, avec une belle statue de Bacchus assis , sur toute la hauteur de
rarchitraTe. La beauté de la statue a causé Tinfortune du temple. Un ambassadeur anglais obtint en 1799 du gouvernement turc, que h débarquement doi Français en Egypte avait jeté dans les bras de la Grande-Bretagne, Tau* lorisation d'enlever la statue pour la transporter en AQgle« terre. Elle fut en effet arrachée saine et sauve de sa niche | mais les précautions suffisantes n'avaient pas été prises» et foute la façade du petit temple , Tarcbilrave avec les denu^ piliers de marbre qui souteuaient la cornicbe s'écroule-* rent et gisent amoncelés devant la grotte, Tout à côté est une vaste assise de marbre couverte d'une longue inscrip^ tion. Aucun des morceaux de cette simple et élégante fa*" çade , si ce n*est la statue du dieu , n'a été enlevée , et ce ne serait pas un grand travail de la relever en remettant les morceaux i lenr ancienne place ; cela se fera sans doute un jour.
L'entrée de l'enceinte murée de TAcropoUs est située au-dessus des deux théâtres , mais plus près de TOdéon* Après quelques pas faits dans rintérieur on se trouve 911 bas des degrés qui montent aux Propylées, majestueux ves* tibule de cet ensemble d^ cbefs-d'œuvre^ A droite s*élève le délicieux petit temple de la Victoire aptère (sans ailes); ^ gauche est cette belle salle de la Pinacothèque , dans la^ quelle étaient exposés les tableaua^ de Zeuxis. Un lourd piédestal gâte un peu cette façade élégante des Propylées ; mais il portait la statue équestre d'un empereur , et il est tout romain. Une lourde tour carrée gâte aussi un peu les proportions du temple de la Victoire; mais elle est d'ori<gine et de construction française, et servait de prison au palais des ducs français d'Athènes, Dans des temps fort rapprochés de nous, la même destination lui avait été rendue ; et on voit encore , attachée à une de ses façades et balancée par le vent, la corde à laquelle fut pendu Gouras, qui y avait été enfermé. Mais je ne mêlerai pas les sou» venirs de la féodalité franque et les souvenirs de la lutte récente à ceux que font naître les monuments construits
68 GRECE C0NTI1VCNTALE ET MOREB.
sousThémistocie, Cimon et Périciès, créateurs de tous les grands établissements d'Athènes.
Le Teslibole des Propylées franchi , on a devant soi le monnment le plus parfait d'architecture et de sculpture qu'il ait été donné aux hommes d'admirer : le Parthénon. Sa belle ligne de colonnes est interrompue par la destruction qu'y apporta, en 1687, une bombe de Morosini ; et ce vide a été rendu plus difforme par une laide mosquée, qui tombe heureusement en ruine. Ses frises sont dépouillées de ces ravissantes métopes qui se moisissent maintenant sous le ciel brumeux de Londres. Mais , tel qu'il est , sur son rocher poétique, sous son ciel si pur, avec ses colonnes cannelées de marbre blanc que le soleil a brunies de la môme teinte dont il brunit les joues des filles d'Orient, le Parthénon sera toujours le type le plus parfait du vrai beau. Près de là , sur ce même plateau de l'Acropolis, reste debout un autre temple , l'Érechthée , auquel se rattachent les plus grands souvenirs de l'histoire d'Athènes. C'est là , dit-on , l'emplacement du palais de Gécrops ; c'est là que Neptune, dans sa dispute avec Minerve, fit d'un coup de son trident jaillir du rocher une fontaine dont les eaux furent renfermées dans les souterrains de l'Érechthée. L'une des façades de ce temple mystique, si irrégulier et composé de trois autres temples, était soutenue par quatre magnifiques caryatides. Elles tentèrent le même ambassadeur anglais qui avait obtenu la statue de Bacchus en faisant écrouler la façade de son temple, et qui avait fait enlever à la même époque les métopes du Parthénon dépouillé ainsi de sa frise comme une prêtresse de ses bandelettes; il obtint aussi de la Porte la permission d'enlever les caryatides du temple d'Érochlhée. L'une des caryatides fut en effet arrachée de la corniche qu'elle soutenait , et alla rejoindre à Londres la statue de Bacchus. Mais l'indignation populaire avait été grande à cette nouvelle ; car ces quatre caryatides avaient pris leur place dans les croyances populaires comme des êtres surnaturels qui veillaient sur le peuple d'Athènes,
et on ne les connaissait que sons le nom de jeunes fitte$ (ai korai). On ne crut donc pas prudent d'enlever les autres caryatides pendant le jour , et on attendit la nuit pour y envoyer les Turcs chargés de renlèvement An moment où ils s'approchèrent du temple d'Érecbthée pour consommer leur œuvre de destruction, le vent, qui souffle toujours avec plus de force après le coucher du soleil dans ce lieu élevé, fit entendre, en glissant à travers ces colonnes et les murailles ruinées , un gémissement prolongé, sem* blable aux sons que rendent les harpes éoliennes agitées par les vents d*Écosse. A ee son les Turcs effrayés crurent reconnaître la voix des jeunes filles {ai korai) qui gémissaient sur la perte de leurs sœurs, et qui se défendaient contre le sacrilège par leurs plaintes et leurs soupirs. Ils s'arrêtèrent; et rien ne put les décider à porter leurs mains sur les caryatides, qui échappèrent ainsi à une émigration forcée , et sont aujourd'hui Tornement de leur patrie, où un beau ciel^ ajoute encore à leur beauté.
M. Pittakis, conservateur des antiquités à Athènes S possède une histoire manuscrite de la ville d'Athènes en langue grecque jusqu'à l'année 1800, dans laquelle on trouve quelques curieux renseignements sur l'époque de ces diverses dévastations. Cette histoire d'Athènes depuis les temps fabuleux est suivie d'éphémérides depuis l'année i75/i. Le dernier des événements mentionnés est relatif aux recherches de lord Elgin avec l'autorisation de la Porte.
« Sur la fin de juillet de cette même année 1799, est-il dit dans ce manuscrit, lord Elgin, ambassadeur de la Grande-Bretagne près la Porte Ottomane, envoya à Athènes des ouvriers romains et napolitains pour faire des fouilles et retirer du sein de la terre des marbres et antiquités, et faire descendre de la frise du célèbre temple de Minerve
< M. Pittakis est le mari de la beUe Grecqne chantée, en 1811, par lord Byron dans sa Maid of Athens.
C09 magnifiques bas-reliefs et slalues qui faisaient Tétoiineluent et Tadmiration de tous les étrangers. »
Le même chroniqueur mentionne dans ses épbémérides des dilapidations partielles des monuments antiques employés à la reconstruction des bâtiments nouveaux,
« Dans Tannée 1759 , dit-il , le vaïvode d*Atbènes bâtit la mosquée du Bazar d'en bas, fit sauter avec la poudre une des colonnes du portique d'Adrien , et prit beaucoup de marbres dans l'ancienne métropole.
» Le 18 février de l'année 1777, Hadji-Ali commença à bâtir le mur d'enceinte de la ville d'Athènes. Il commença ensuite à grande bâte le mur appelé Bourzi , qui fut terminé en soixante-dix jours ; car toutes les corporations y travaillèrent , et souvent lui-même aidait à passer les pierres aux ouvriers. »
Beaucoup d'autres marbres furent employés à la construction de ce mur d'enceinte , dont Tinvasion russe de 1770 avait démontré la nécessité.
Dans un autre endroit de son histoire, le chroniqueur mentionne la destruction d'une partie du Parthénon par la bombe vénitienne qui mit le feu au magasin à poudre des Turcs placé dans ce temple.
Il indique aussi , à la date du 10 août ilSU^ l'arrivée à Ai^hènes de l'ambassadeur de France, M. de Ghoiseul- Gouffier, qui fut reçu avec les plus grands honneurs. Mais le voyageur français qui ^ à ce qu'il semble , excita le plus vivement l'attention à celte époque fut un jeune homme de vingt-cinq ans « du nom de Montmorency, arrivé à Athènes au mois de Mai 1782 ^ Le chroniqueur raconte qu'il eut
*<!I s'agit ici de Tabbé Hippolyte de Montnaorency-Laval , frère du duc Matthieu de Montmorency. Il était fort connu p^ir son esprit et son Instruction , et avait rapporté de ses voyages en Grèce des inscriptions et quelques antiquités grecques que son parent, M. le duc de Luynes, m'a dit avoir vues dans sa jeunesse. L*abbé Hippolyte de Montmorency fut décapité à Paris pendant la révolution, et est onicrré dans le cimetière de famille An Picpus.
divers en(retiei)s avec lui sur des matières religieuse « Il était certainement fort extraordinaire , dit-it , de trouver dans un si jenne homme tant de connaissance de l'histoire ancienne et des livres saints unie avec une véritable piété« Son but était à la fois de décrire les antiquités du lieu et de bien étudier l'histoire de l'église de rorient... Après de longs entretiens sur des questions rdigieuses, il ternina en nous assurant , les larmes aux yeux , que , quelque iadifférence que missent les rois dans ces importantes af» faires , il se trouvait en Occident beaucoup de personnes qui donneraient jusqu'à leur sang pour voir Tunion des deux ^lises. »
Cette histoire grecque d'Athènes mériterait certainement d'être publiée, malgré un certain nombre d'erreurs historiques qu'elle contient sur l'époque du moyen âge , et j*^gage fort son possesseur, M. Pittakis , à le faire.
Ge n'est pas sans intention que j'ai cité le nom de M. Pittakis à propos de l'Acropolis. M. Pittakis semble , en effet, avoir été découvert par notre vieux consul Fauvel sous une corniche oubliée de l'Acropolis , qui protégeait son berceau ; il y a grandi, il y vit, il y monrra : car l'Acropolis est sa patrie , sa famille , son Dieu ; et après sa mort on le trouvera certainement transformé en caryatide supplément mentaire destinée à tenir lieu de celles qui auront disparu, tant sa passion pour son Acropoiis est vive , constante et jalouse. Bien des fois j'ai voyagé avec lui à travers les décombres de sa patrie acropolitaine , et chaque fois j'étais plus frappé de la tristesse solennelle de sa démarche, de son geste , de son regard , de sa parole. Adressait -il quelque observation aux gendarmes qui gardent les ruines plus que la forteresse, il cherchait à leur inculquer le saint respect du fragment de marbre poussé négligemment par leurs pieds, de la pousâère même qu'ils avaient Tbonnetir de fouler. Passait-il près du piédestal placé le long des Propylées et sur lequel était autrefois posée la statue de l'architecte de ce beau monument , tombé sans vie au même
lieu da haut des frises dont il sunreillaît l'exécution , il versait des larmes sur le pauvre architecte mort depuis deux mille ans. Trouvait-il un fragment de vase , il le re« cueillait comme le débris du vase dans lequel auraient été brûlés les premiers parfums offerts à Minerve. N'était-ce qu'un ossement humain , cet ossement pouvait être , était sans doute la précieuse relique d'un Gécrops ou d'un Péridès, d'un Sophocle ou d'un Praxitèle. Par ici il me faisait remarquer qu'entraient les processions solennelles; par là Egée s'était précipité , non pas dans la mer Egée , qui est à deux lieues , mais sur les rochers , à la vue de la voile noire de son fils Thésée revenant d'une dangereuse visite au Minotaure de Crète : de ce côté on avait précipité le fameux Odyssée pendant la dernière guerre ; car M. Pittakis unit souvent dans son admiration les héros des derniers jours aux héros des anciens jours. C'est le meilleur type possible du collecteur et conservateur des antiquités de la ville d'Athènes. Qu'il assemble donc et qu'il conserve, mais qu'il laisse à d'autres le travail de l'interprétation : il perdra son auréole le jour où il voudra expliquer les pensées au lieu de conserver les choses. Je ne trouve en lui qu'une seule anomalie , c'est qu'il porte l'habit franc Le conservateur du musée de l'Acropoiis et du musée du temple de Thésée devrait porter le tzouéé ou robe à larges manches des kodja-baschis , costume qui se rapproche au moins un peu du costume des gens graves de l'antiquité.
Combien de fois n'ai-je pas visité seul aussi , avec affection , à différentes heures du jour et de la nuit , cette merveilleuse réunion des chefs-d'œuvre de l'Acropoiis! Au coucher du soleil on y a une vue magnifique ; tout l'horizon est inondé de rayons du rouge le plus ardent , les nuages en reçoivent tout l'éclat du vermillon ; la mer semble étinceler des feux du couchant; les îles élèvent leur tête pour se montrer dans leur beauté, et les montagnes se détachent par couches fortement nuancées depuis le plus éclatant porphyre jusqu'au vert le plus sombre. Ces vives
couleurs de la nature environnante viennent se refléter sur les beaux marbres de Pentélique du Parthénon , de TÉrechthée et des Propylées, et les nuancent de la plus délicieuse variété de rayons et d*ouibres, elle paysage entier en reçoit à son tour une nouvelle beauté , car ici chaque objet né fait qu'ajouter à la beauté de tous. Pendant les belles nuits, la scèneest plus restreinte, plus uniforme, plus calme. L'éclat de la lune de Grèce surpasse de beaucoup plus le pâle reflet de notre pauvre lune, que les feux étincelants du dia* mant de Golconde ne l'emportent sur la terne et douce blancheur de Topale ; c'est comme un autre astre dans un autre ciel. Cette blanche lueur si unie et si tranquille prête à ces grandes ruines un langage digne d'elles. A cette heure et dans ce lieu , toute mesquine idée s'enfuit honteuse ; ou croirait avoir frappé à la porte de l'éternité.
Le lever du soleil apporte ici de tout autres idées. Quiconque n'a pas vu se lever le soleil derrière la chaîne de rHyniette ou derrière ces mille chaînes de montagnes qui bordent le sol de la Grèce du côté de l'orient , ne peut rendre complète justice aux poètes anciens. J'avais fréquemment entendu parler dans mes classes ^e l'Aurore aux doigts de rose qui ouvre les portes du Soleil et s'enfuit après l'avoir annoncé au monde; mais en toute vérité je n'y comprenais rien. Dans nos pays de plaines , cet astre s'annonce lui-même. Il envole d'abord en fusée quelques rayons qui traversent l'atmosphère ; puis l'horizon rougit, et de ces ondes de pourpre émerge le soleil, qui, h ce premier moment, veut bien se laisser contempler face à face, mais qui bientôt se dégage des vapeurs qui lui servaient de voile et force tout regard à s'incliner devant lui. Il n'y a pas là de précurseur , il n'y a pas d'Aurore aux doigts de rose qui arrive, puis disparaît : il y a une Aurore en Grèce, et les poètes ont raison. Aussitôt que le soleil est arrivé à la hauteur des premières couches de l'atmosphère, cet air, plus léger, plus transparent que le nôtre, se teint du plus beau rose dans toute l'étendue du ciel et glisse à travers
T4 GRÈC£ CONTININTALB ET MOREE.
]m jékm et entre le flanc dei moatagnea) c'est T Aurore qui aanonce aux hoinmes que le dieu du jour va paraître. Il oe parait cepeudant pas , puisque les cimes des menta* gœs ie dérebeut ; mais , en dépassant les premières cqu-^ ches de l'atmosphère, ses rayons Uanchissent , et la teiple rose de Taorore a disparu. Le soleil continue à s*éleTer sans éblouir encore de ses rayons ; ce n'est que quand ila franehi le sommet des montagnes qu'il se manifeste en vainqueur. On voit donc que la fable antique n'est que l'enveloppe d'une vérité locale, et que les poètes anciens sont beaoooup meilleurs peintres de la nature et surtout beaucoup plu9 exacts qu'on ne ?eut anjourd^hui le recear naître.
Presque feus ceux des monqmeots de l'antique Athènes qui sont parvenus jusqu'à nous en dehqrs de l*Acropolis sont situés au pied du rocher. Le premier qui se présente, en descendant du côté du théâtre de Bacehus , dee deux colonnes encore debout sur les flancs de TAcropolis et de l'aocienne rue des Trépieds, est le gracieux monument de Lysicrate , connu aussi sous le nom de Lant^ne de Dé*mosthènes,. deviné autrefois à porter le trépied offert à ub vainqueur par sa tribu. Avant la réYciution ce moAument se trouvait renfermé à l'intérieur d'un couTent de francisoabis français dans lequel lord Byron a vécu qnelques mois en 1811, et où il a composé quelques*uns des plus beaui vers de Chiide^Ha^aid K Le couvent a été démoli, et nous n Vous plus de capucins français à Athènes ; mais le terrain nous appartient toujours , et ce gracieux monument est ainsi propriété française. Nous n'aurons pas, je l'espère, la grossière ignorance de l'arracher du lieu pour lequel il a été construit , bien que notre destruction de l'arc <|e trtomphe de Djémilah, qui s'était conservé en entier sur le sol d* Afrique, et que nous avons démoli pour le poser en-
< Il y a, daBft la oorM&pendance de lord Hifrott^ plusieurs lettres dalésft de ee OQHveat;
suite dans quelque carrefobt de Paris , ail signalé iloil^ propre Vandalisme aux yeux de toute TEtlrt^pe et nous force à garder le silence quaàd bn féit des t^prdches du même gein^ à un autbè ou \ d*antrés peuples \ car Jà le uioDumeot était debout et entier^ et il n'y atalt pa^ àtainB Talûlr pour excuse la craitoté d'une dégradétioli future, puisque le pays nous appartieikt et qu'il is'étalt mainlebtt tant de siècles, sans Yiolaiion dliucnn des peuples barbares qtaî y ont passé.
Sur la cdlllne dé ftlusée, à cAté de la Ville , est irftilé un monument aiis^ lourd que celui-ci est élégant | je veux parier du monument élevé à Philopappus. Eâ montant sur cette cotline^ on pedt visiter en passant troid chambres taiU lées dans le roc; La dernière et la seconde me semblent avoir contenu un aiitel et dea ex-voto \ on voit encore dans la seeondtà tine quantité de petits trous qui annoncent que c'était lli qu'on accrochait les tableaux ou offrandes votives. Dans la première chambre eist une partie plus reculée en forme de cône et éclairée par le haut. Ge devait être tt Bttssi remplacement d'un autel situé enjace de rAcH^tis et du Parthénon, qui i$e présentent dis là ëveë grandeur et magnificence. Au-dessus de cea ti^is chambres In roc l*é^ lève jusqu'au monument, dont la face Sculptée eit inurnéé du côté de la mer^ On a de là Uhe fort belle vue dé la baie de Salamine. Philopappus , auquel ce monument sk été ^levé , était Ub Syrien, descendant dn roi Àntiobhtis^ ^ni s'était fait incok*porer à la cité de Besa. Une inscription pu^ bliée par Wheler , (st dont oh Voit encore les restes i annottce qu'd fut tnilstil » probablement consul désigné, I Tépoque de la viclt>il*e de Trajan slir les Allemands et les Daces. Ce monument dh tempa romain est d'une architee^ tore fort lourde^ et le^ bas-reliefs et restes de statues sont d'une non moins lourde seuipture.
La colline du Pnyx et de l'Aréopage eM située entre la colline de Musée et le temple de Thésée^ Les sièges taillés dans le roc^ i»ur lesquels les juges prenaient
place, sont fort bien conservés. Il y aurait une page éloquente à écrire pour bien faire sentir l'effet particulier que les lieux environnants ajoutent aux mouvements d'éloquence de l'orateur; mais la vue du Pnyxen dira toujours plus'que les pages les plus éloquentes.
En se rapprochant de Y Agora ou marché on aperçoit un petit bâtiment octogone, que l'on dégage en ce moment du milieu des remblais qui jusqu'ici l'avaient enfoui aux deux tiers de sa hauteur. Il est connu sous le nom de tour des YentSy à cause des huit vents sculptés sur chacune des façades de sa frise , avec le nom de chacun au-dessous de sa représentation : Euros le sud-est, Apeliotis l'est , Kaikias le nord est, Boreas le nord, Skirôn le nord-ouest, Zephyros l'ouest , Notos le sud , Lips le sud-ouest. Yitruve en a fait la description, et Varron lui donne le nom d'Horloge. Spon , qui voyageait avec Wheler en Grèce en Tan 1676 , c'est-à-dire dix ans avant la conquête de la Morée sur les Turcs par le Vénitien François Morosini , dit avoir vu le dessin de cette tour dans un manuscrit sur vélin de la bibliothèque Barberini à Rome, de l'an 1^65, fait par un certain architecte nommé Francesco Giambetii. La collection de ces dessins est d'autant plus curieuse qu'elle a été faite un peu avant la conquête turque , et que beaucoup de monuments ruinés depuis étaient encore debout en leur entier.
Le temple de Thésée, le mieux conservé de tous les monuments d'Athènes et de la Grèce, est situé assez près de là sur un petit plateau qui s'élève au bas des dernières pentes de l'Acropolis. Tout l'extérieur de ce temple antique est dans son entier, et toutes ses jolies colonnes sont debout; l'intérieur seul a changé. Au moyen âge, c'était une église sous l'invocation de saint George ; c'est aujourd'hui un musée. La situation isolée de ce joli temple ajoute en* eore à son effet.
Le jour du l"" Avril, selon le style grec (13 Avril, n. st.), ce plateau devient tous les ans le rendez-vous d'une foule