BASS4S
des Centaures et des Lapifhes. Il serait facile de rétablir co temple avec tous ses morceaux, car tous sont encore là , et il n'y manque que ce qui est à Londres. C'est une dilapidation véritable que d*arracher ainsi aux monuments anciens les morceaux que le temps avait respectés. Le temple d'ÂpoUon épicurien avait survécu à toutes les invasions des barbares, et sa situation isolée , au faîte d'une haute montagne éloignée de toute habitation, l'avait préservé des mains des maçons. Les Turcs, qui étaient de grands destracteurs, n'ayant pas de mosquée à construire dans les environs, avaient passé à côté sans le voir et le détruire, et voilà que des amis de la science font ce que n'ont pas fait les barbares. Placés à Londres dans une espèce de cave en briques, au bas du Musée Britannique, comme un feston d'architecture, ces bas-reliefs ne peuvent rien produire pour l'art; ici ils auraient peut-être déterminé le gouvernement grec, non à restituer, ce qui est aussi une barbarie, mais à mettre sur place et debout toutes les pierres accumulées ici et qui en eussent fait le monument le plus complet de l'ancienne Grèce. Le toit , qui était en marbre, dans le genre de celui du temple de Thésée, gtt encore à terre, et on y retrouve, de plus qu'au temple de Thésée , Tintérieur et la nef dans leur intégrité. De la plate-forme de ce temple on a une vue fort étendue sur l'isthme et le golfe d'Arcadia. Il est encore entouré comme autrefois du bois sacré de vieux chênes, et ses deux fontaines l'abreuvent avec leur eau fraîche et pure.
Je restai pendant trois heures en admiration devant ce temple, puis montai le sommet de la montagne qui en dérobe la vue du côté d'Andritzena. De là à Andritzena, c'est une descente rapide et une succession de collines arides fort différentes de ces deux belles vallées qui précèdent l'arrivée à Phigalée et qu'on voit près de Callilzena. En approchant d'Andritzena le paysage devient plus gracieux; toutes les montagnes sont couvertes d'arbres et les vallées sont remplies de jardins bien cultivés , entrecoupés par des
474 GAECE CONTINBHTALE ET MOREE.
cbami» nouTellement moissonnés, dont la couleur jaune esl variée par la verdure de quelques beaux arbres. À une lieue et demie d*Ândritzena est le vieux château franc de Zarkoula» près de Phanari. De là on a une vue magni&que sur les deux mers, sur la mer Egée d*un côté et la mer Ionienne de l'autre. II. est en ruines ^ mais en ruines grandes et vastes. Ce qu'il y a de curieux à observer, c*est que des siècles si différents que les premiers temps de la Grèce et le temps des croisés aient amené la construction de monuments imposants. Sans doute les premiers teipps grecs avaient un goût plus pqr, mais la force s'y fait plus sentir que la grâce. Lçs rois d'Homère étaient en effet les grands barons francs de Morée. Nestor possédait la IVlessénie, Agamemnon i'Argoîide ; mais leurs domaines étaient moins étendus que ceux des ducs d'Àtliènes et de Naxos , et le baron de Cariténa pouvait lutter de bravoure ^vec Àjax.
Andrhzena est gracieusement assise sur le penchant ci'une colline quj s'élève entre deux montagnes plus hautes, de l'une desquelles elle est séparée par de profonds ravins où coule te torrent de Ehovia : mais les torrents et les cascades diminuent beaucoup de grandeur en Grèce au moi^ de juillet; les torrents n'ont qu'un ûlct d'eau et les cascades sont à sec. £n voyant cependant cette succession de rochers droits au milieu de belles forêts et de profonds raylns, on comprend tout l'effet imposant qu'ils doivent prodliire au mois de mai, lorsque les pluies d'hiver sont encore grossies par la fonte des neiges.
Andritzena se conapo^ de plusieurs jolis hameaux distribués çà et là sur divers versants, de la montagne; les vignes onl iine verdure de feuillage qu'elles n'ont pas en France, et tous ces hameaux sont situés au mi• lieu des vignes. Je voulqs acheter quelques monnaies , et me vis entouré de toute la ville. En Grèce, un étranger est obligé d'avoir une vie publique comme hiî roi.: s'il tait une question, tous s'approchent pour l'entendre;^ s'il veiit acheter une médaille, tous veulent l'examiner. LS rbiitë d'An-
LAVDA. 475
drilzena à Lavda est fort belle. Là je m'arrêtai afin d'aller voir dès le matin les ruines d'une ville antique, connues sous le nom de Castro de Sainte-Hélène.
Couché en plein air sut* rin tapis , sur une de ces terrasses en bois qu'on a fréquemment dans les maisons grecques; je m'éveillai avec les premiers rayoïis de l'aorore ; et montai |a montagne placée au-dessus du haut Lavda. Après une demi-heure j'arrivai à une ville antique : toute l'enceinte est parfaitement conservée ; il y a deuit terrepleins l'un au-dessus de l'autre, puis un acropolis. Les pentes des montagnes ne sont pas là aussi rudes que dans beaucoup d'autres villes antiques. Dans l'enceintç je trou-» vai plusieurs fragments de çolon^ies cannelés, et j'^n trouvai d'autres .d^ns une petite chapelle près de la footaipe qui est à quelques pas des murs de la ville. Dans l'a^ropolis est une tour ronde qui servait aussi sans doute de n* gie au moyen âge ; car de là on voit devant m , comme à deux pas, le Diaforti, ancien Lycée, sur le spmmet ^uquel sont les ruines d'une autre tour hellénique 4ont il.n'existc que les premières assises. Le long des murs de Lavda on retrouve encore plulsieurs tours carrées, et d'autres ai:rondies du côté extérieur, comme j*en ai vu i Phigalée. Il faut une demi-heure ou trois quarts d'heure pour faire le tour de cette ville aux murs à larges pierres, parmi lesquels oh en trouve pliisîeùrs polygonales irrégiilières. L'emplacement des deux portels près des deiix tours est parfaitement niarqué et les murs s'y consérvéht entiers, il y a aussi plusieurs restes de temples avec leurs soubassemeiits et les ruines de plusieurs petites églises.
476 GEECE CONTINENTALE ET HOREE.
CAEITEIIA. — MtoàLOPOUS. -~ LEONDARL — YEUGOSTL — M AKRY--PLA6I. ~ LAK03. — - GAROI&I.
De Lavda à Garitena il n'y a que trois fortes heures. Le chemin est assez âpre et les montagnes arides jusqu'à une lieae de Lavda. On aperçoit de loin )*A1phée qui code an fond de la vallée; et de Larda même on voit le château de Caritena, fief du chevaleresque baron de Garitena, assis snr la montagne comme une couronne de comte, avec ses créneaux pour fleurons. La roule qui longe Tautre côté do torrent semble tourner autour du château de Garitena et permet de l'envisager sous toutes ses faces. Je traversai an pont jeté au temps des croisés sur TAIphée , pont à plusieurs arches dont la vue serait fort belle dans un paysage, et montai, par une pente des plus rapides à cette célèbre ville de Garitena , placée au pied du château d'un de ces barons si repommés dans l'histoire du treizième siècle, et s'étendant sur la croupe du mont et sur ses deux versants. Il faisait une chaleur extrême et il était midi. Je pris mon logement dans une maison de fort bonnes gens, mais peu habitués à la visite d'un étranger, et d'un étranger franc. J'eus grand'peine à persuader à la maîtresse de la maison qu'il ne pouvait m'être commode qu'elle restât assise sur le seuil de ma porte tout ouverte sur la rue. Je conquis enfin la solitude de ma chambre sur la bonne femme et sur de nombreux poulets qui la remplissaient. J'ouvris mes malles, et, dès que je me fus changé, j'établis mon nécessaire pour écrire et rédiger quelques notes; mais à peine étais-je assis que voilà l'un des poulets que j'avais chassés qui montre sa tête sous la porte , glisse légèrement son corps pressé entre la porte et le seuil, et
CARITBNA. 477
pénètre dans la chambre ; un autre suit bientôt son ca-» marade, puis un autre, puis la foule : les voilà tournant, iroletant, becquetant partout, passant sous mes jambes, montant sur mon pupitre. Je recommence une nouvelle expédition ; je les mets à la porte à grand*peine et à grande châle or, et rentrant avec inquiétude je me rassieds pour reprendre mes papiers. Mais il y avait une petite fenêtre dans la chambre : les poulets obstinés avaient tourné la maison et Toletaient un par un pour rentrer par cette seule fenê-» tre« Nouvelle chasse, fort pénible par l'extrême chaleur; et comme pour fermer ma fenêtre il n'y avait qu'un petit volet, et que, ce volet fermé, je n'avais plus de jour, je dus me résigner à rester sans lumière pour rester sans poulets. Je sortis pour aller voir le château. Yu de ce côté de la Tille » il a un aspect encore plus fier et plus féodal. Il a conservé jusqu'à ces derniers temps la renommée de sa force ; car Ibrahim n'a pas osé entreprendre d'y attaquer Colocotroni , qui s'y était réfugié. Colocotroni l'a fait réparer, et on y a trouvé alors des casques , des cuirasses et des cottes de mailles à deux fois différentes. Tout cela a été disséminé, et il n'en reste rien. Quant au château , il porte encore des traces visibles de sa création. Par le chemin le plus difficile , on arrive à la porte , qui est la vraie porte féodale; au-dessous sont les meurtrières avec leurs trois corniches de soutien, et en dedans l'ouverture par où on faisait descendre la herse : un écusson de pierre était placé au-dessus de la porte , avec le blason du chef féodal d'alors, mais il a été arraché et on n'en voit plus que la place. Deux tours carrées^ placées à peu de distance l'une au-dessus de l'autre, subsistent encore, et on n'a fait que réparer un peu le haut Presque tous les murs d'enceinte sont conservés ; seulement le haut est réparé : la couleur du mur indique assez la différence d'âge. En dedans, les chemins de ronde existent et on voit les fenêtres d'une ancienne église du même temps. Les murs du palais seigneurial sont encore debout çà et là, mais ruinés. Des citernes magnifiques
fonririBseiit tencdre de l'eaa ; et danà (^ilsietirB endroits ; surtoat près de la t>orte« oh trouve des pierres aussi gros* ses (tue l'étaient les fûerres helléniques : deux ou trbis paraissent même avoir été apportées toute taillées de quelque ville hellénique toisine , peut * être de l'ancienne BrenthèSk Au bas de la ville sont plusieurs églises anciennes : celle de Saint-Nicolas; qui n'Offre rien de remarquable, et celle de la Panàgia, qui est accompagnée d'une bot' de pierre servant de campanile et est extérieurement de l'époque fradque. Cette tour eist isolée de Tégliie actnellei qui est peut-être plus ancienne) et sdu clocher aUra sans doute été ajouté par les Francs des leur prise de possessâdn; An-dessus de la porte de cette église est une inscrîptioii en lettres grecques ecclésiaëtiqnes qui me parait indiquer l'époque de sa fondation. On voit aussi dans l'égHsè de la Paufi^ia trois tableaux peints sur bbis et Si l'htiilë, con*^ sacrés, comme tous les icoUs de la Tierge ^ de Notre-Sei-^ gneur et de saint Jean, par le mirâcte d'atoir été jetés atl milieu des flammes sans en être endommagés.
Avant de m'avancer de Caritena vet's le nord de U Morée , j'avais quelques investigations historic[ues qu'il m'importait de faire. Je voulais visiter Mëgalopolis et reohercher la situation de deux points géographiques trèsessentiels i mats complètement inconnus : l'un était l'emplacement; de la ville dé Yeligosti s célèbre aii temps de l'occupation française; l'autre v celui de Gardlki et de la vallée de Lacos» près du défilé de Makry-Piagt qui mène de Leondarl à Sparte. Je partis de bonne heure pour SinaUd; en passant près des viUàgeS aux noms français dé Florio et de Yidoni, l'un venant d'un Florent ^ l'atltre d'un sire de Yidoine , connus par les diplômes de cette époque» Mégalopolis était située dans Une vaste plaine» sur le fleuve Bélisson , près de son embouchure dans l'Alphée. Elle fut fondée par Ép^iminondas, qui. voulût y réunir une grande populatipn tirée des autres villes de l'Arcadie t et eU fil la capitale de celte province. Ses ruines se manifestent déjà sur
iifSGy|i.oiH>us. 479
la roi|te par des friiginepts de coloones dispçc^éa dattô les chaipps. Il n-exUte plus rien debout ; m^ï» sur les bords de méll^soD, oa voit le9 r^ies d*MQ popt, uo grand e9paee enloiiré d'uu lour, dévastes pierres» et, au milieu» idusi^urs cQloqn^^ eqpore eq place, probablemeut celles de l'agpra. Je cherchai iuutijeiueQt qpelqûe^ restes du cippe * éle^é pfr derrière en rhoun^ur du grand bi^torieu Pplybe, fils de hy^ coria^, etspr ieque) étaient ioscrits desiecaéiégiaques oi il étfiit dit : qu^ FfoJybede MégiilQppljs avait pêrçopf h tqnteç Igs terres el toutes les wers ; qu'il ^vait poœbatt» cpqlr e \^ Rpmaip&pt ^vait^Quei leur colère contre les Grecs* En vingt plaçps diverses qu retroui^e au miliep dets champs , lautqt des cplonnes de ipart)Fe renversées, tantôt d-autres çotpnif es d^ut , avec le pavé de mosaïque en m^xkt^ nn^ qui f^isaii partie de Tancien temple, et tantôt, snr les bprds de VH^lissop , de grandes > bapt^s et larges muraillq^ ^p
Ipmiç de qnai. Le théâtre m sitqé de l*4«tre côté df^ YM- UssQu, sur un tmre natptiel qui a été ^gftli^é m^ de non-
velles terres ajoutées et qpi fait fac§ à la rivi^r^, Tqut \^ .sol qui portais autrefois Mégalopolis est cpUivé en Mé de T|:irquie et autres graine, l'emplacement seul dîi îb^âtre, qui ^'é\è\^ en pente rapide dans sa cpnpayité là pu
étaient les gradins de marbre» a été abandonné à !§ natnre. Les pierpes senlement ont été epleyées presque partput .
expepté îjnr les côtés qù elles soutiennent des lerire^. C'est
aujourd'hui uo immense amphithéâtre de yerdure. J'eifs beaqpppp de peine k pénétrer à travers le dédale d'arbrisseaux qni le revêtent en entier* L^i sur le baut , je trouvai un bei^er avec son troupeau : i| ne savait pas qu'jl était sur une ruine , que son troupeau paissait sur un théâtre, le plus vaste de la Grèce peut-être ; il n'avait ja« mais entendu parler de Mégalopolis, ne connaissait que le nom de Sinano , et se croyait sur un tertre ordinaire. 0 gjoifesde ce mopde! QMtre le fleuve d'Héjissop qui tra-
* Eirl (tt^Xy) (Pausaii. , Àrcad).
480 Ga£€E CONTlNBNTALfi ET MOREE.
▼enait la ville , il y avait encore quelques fontaines : Tean de l'one d'elles m'a para excellente. Aujourd'hui on traverse l'Hélisson avec facilité sans pont, et je Tai passé sur de petits caiUoux; ses bords sont élevés, ses deux côtés sont garnis d'arbrisseaux. Le terrain de Mégalopolis, quoiqu'en plaine, offre quelques pentes légères et adoucies, et c'était un emplacement excellent de grande ville. Elle était de tous côtés entourée de belles montagnes, et la plaine , depuis Garitena « est ricbe et féconde. Après mon excursion, j'allai voir au village de Sinano un morceau de marbre trouvé dans un terrain près du fleuve. Un paysan, nommé Liakos, que j'avais trouvé cultivant ses angauria (concombres) sur le terrain de Mégalopolis, m'avait {»t>^ posé de me le vendre : t'est une colonne de quatre pieds de hauteur portant sur sa base un homme debout, de deux pieds et demi de hauteur, avec son costume romain, se détachant en haut relief de son cheval dont le corps se dessine autour de la colonne et ressort sur les deux côtés du personnage. Il n'y avait aucune inscription. Ce personnage en costume de chevalier romain n'était-il pas Polybe lui-même dans sa ville natale? Mais PSusanias indique une inscription sur la colonne de Polybe, qu'il nomme oti^Xt), et il donne toujours ce nom aux colonnes carrées. Je n'achetai pas ce morceau , trop difficile à emporter, et me contentai de quelques monnaies ti*ouvées sur les lieux par des paysans.
J'avais à cœur de visiter aussi l'emplacement de la ville de Yeligosti dont la Chronique de Morée parle comme étant avec Nicii une des plus grandes villes de Morée , et comme étant aussi en plaine :
Ëiç kà{4.77ov xoTTOvrat (43).
Lors de la conquête de 1205, Yeligosti fut donnée comme fief de banneret à Mathieu Raimond ^ De Gala-
1 p. 48 de la Chron, de Morée.
VEtiGOdTI. 481
mata la Chronique fait arriver Geoffroi de Yille-Hardoin à midi à Veligosti ^ Il y avait une forteresse et un marché :
Ixo^ov To épLro|9tov , TO xaffT(>oy {aovo acpTJaov \ Elle était
située près de Makry-Plagi*. M. Boblaie Tavait placée , ainsi que Bory de Saint-Yincent , à Leondari , ce qui ne pouvait être. Enfin , à force de courir le pays et d'interroger tous les paysans , je parvins à savoir que , sur les bords du Xerillo-potamos , près d'un moulin , étaient des ruines , et que l'espace compris entre ce moulin et le bas de la plaine , sur ime demi-lieue d'étendue , était connu sous le nom de Veligosti. Je pris pour guide , à Sinano , un cultivateur qui me disait posséder des biens de ce côté, et après une heure et demie de marche en allant du côté de Samara et dans la direction du Xerillo-potamos il me dit que tout cet espace était ce qu'on appelait Veligosti. J'appelai deux autres hommes qui travaillaient dans les champs voisins; ils me confirmèrent le nom donné à cet endroit Je leur demandai ensuite s'il y avait quelques vestiges d'ancienne ville ou d'ancienne église près de là : ils me dirent qu'au delà du fleuve et de la fontaine, à environ une demi-lieue en se rapprochant du moulin , étaient des ruines dans les champs , et qu'on disait que là étaient les [restes d'une grande ville placée autrefois dans ce pays et appelée Veligosti. J'y allai , et trouvai en effet dans les champs un grand nombre de briques. Un petit berger m'indiqua d'autres ruines un peu plus loin, dans l'endroit où finit la plaine et où le terrain va s'élevant un peu, -et j'y vis les restes d'une église élevée sur les ruines d'un temple ancien. On retrouve encore sur ce terrain un grand nombre de belles colonnes de marbre , ou debout ou renversées. En comparant tous les détails donnés par la Chronique, je ne puis douter que ce ne soit là le véritable empla-
482 GRÈCE C0NT1NPI(T4I«B £T HORÉE.
cemept de V^lîgQ>ti « 4ai s'^eQdut peut-être da mouUn à la rivière , ^a y cpwpreqant les Tigoes située^i sur l'antre rive ^vçp je même qom • Qt qui fondaient sans dout^ les faqbourgs 4^ côt^ de Sioano. Comme on m'avait indiqué jiussj m ch^te<|q ep rqinQf à Samara» à une demî-]|eoe de Ik , je mp dif û|e^ 4^ p^ cd(é eo traien»nt à gué le Koutpufibari.
Le yillage fie Samîir^ est «|ué suc «q^ cndline C44)efi6e li (.eqpdari,j| H^^ fieipi-lieiie , fi( lepbit^au ^tait l^âti sur uq^ î|uire piliqfi ^ di^ mipD(e§ dci U vill^. L^e place en cet en^lrpit j'^pcieuRQ Crppii« QmM i^ mai # qui ai visité avec 9oia et la folliiie Q(k ^t ^it^0 Ip village actuel, et celle pu esf }e clfâfe^q, je q'a| trpuvé aqcpp vestige d*aQtiqi)itéa. J.e pbâteaq es^ cprtaiqempuf dVigJoe franqiie : la forme eq çst qo pe^ d^tf^fep^e des c()ât^apx ordinaires* ^atre 4^u^ des tours, dopt 1q ç^ir^é s'avançait ea angle aigu, 0ait pne grap(}6 tppf el||ptiqu& Qptre c^Uq çopatructiop central^, |1 y fivait pqe ^oubl^ ençeiut^ qpi suivait les mouvemepts du rocher jpsqM*^ Teqdroit m la colline es; coupée brusquerpeqt (|h côté dp 4epye. Cette forteresse n*a jai^aiç dû être fpf t re4PMt^l4e. La position ne l'est pas et les coDstruc|iop§ pe SPOt P99 çQp»idérables.
Arrivé à Samar^ . jq çîioisi# l'ombre d'un grand arbre spr pue cp))in§ ppur ip'y repo§^r. C'était l'époque de la ipoisyq çt, à 1§ mèm tl^^re , les mQissonneprs quituient aps^i leur qpvr^gp ppî:|r gpût^r qpfilqpe repos. Me voyant élrap^er, il^ voulurept pae f«|ire politesse : ils sp rangèrent donp autour de ippi , a^is i l'orientale sur leurs jambes croises, et multiplièrent l^s qp^^tiqqs qu'ils croyaient les plus propre^ à m Pipntr^r lepr intérêt pour moi : comment se pprtaieot mop père, p)<l mère* ma fepime, mes enfants; si je p'en avjiis perdu aucuns depuis combien de temps j'avais quitté la France; si la Grèce me plaisait; et qu'est-ce qui m'y plaisait à moi , ué dans un pays où on possédait depuis long-temps ce qui garantît une vie ^uquille. Ils parlèrent ensuite de ce qui les concernait eux-
LBMMtttl Isa
mêmes , de la gnerre de Crète : car tous ici r^nràlsrtt là Grète comtne détenue injustement |)ar là TQh}ttie et devant être grecque. On lie saurait croire quëliilté^êt ils prennent tdos aux choses publiques et avec quel bon sens ils en parlent Le pâtre le |^us isolé sur sa montagne forme lei mêmes vœux que rhbnmie le plus éclairé des villes et énonce ses idées avec une remarquable ihtelligehce. le les. interrogeai à ibon tour et m*enquis des objete qui m'intéressaient moi-mêmei Je l<!ur demandai à'ils con» naissaient, un château appelé i par un voyageur anglais » Ko<îpio< ic«9Tpo. Deux d'entre eux me dirent que ouiî qu'ils habitaient tout près d'un château & peu près nommé ainsi et où ils étaient allés souvenu Ils en rectifièrent le nom qui était ffOupia<, c'est-à-dire eU'OpottaçTo Havrpo, daoé lé Château de la Belie» nom donné ici à beaucoup de château x francs i en souvenir de leurs belles châtelaines françaises « comme dans llle de Zea, en Tzaconie près d' Astros» et dans le Magiie. Près de ce château» ils me décrivirent utt endroit appelé KoxxfiiXa; ce qui signifie ossements, pbrce qu'on y avait enterré les os des chevaliers motts en ce temps dans quelque grande bataille. Je résolus d'aller m'éclai-. rer sur les lieqx mêmes; Leake, qui en parle sous Iç nom de Kokhla au Heu de Gpccal^, dit qu'il n'y est pas allé.
Je partis donc pour (.eondari , situé à une demi-heure seulement de Samara. Leondari ne saurait être YeligOstii parce que Veligosti est en plaine et que Leondari est tout kifaitsur le haut d'une moj^tagne à l'entrée, du MakryrPla* gi. Je n'avais pas de lettre d'introduction et il n'y a pas d'auberge. Je miadressai à un. papas qui était assis .à causer et lui demandai où je pourrais trouver une chalati (balcon de bois à la turque] pour cpucher. Un jeune hommsi quipausait avec lui, m'ofîrit fort ol^iigeammeut sa maison, que j'acceptai. Avant d'y monter j'allai voir l'église, qui est une des plus anciennes et certainement une des plus jolies de Grèce. Je la crois du dixième bu du onzième siècle et antérieure à Andronlc , qui fut le grand bâtisseur d'églises de ce pays.
484 OmiGB GONTINBNTAIiB BT MOBBE.
Il y a deox dômes, el le premier» qui est enr ayant, est d*OBe forme très-rapprochée de Tantique et me rappela un pea la tour des vents à Athènes. Dans rintérieur, an-dessus de réglise, est une double galerie, comme à Saint-Luc Quelques restes de marbres épars ci et là et un grand nombre de colonnes de marbre dispersées alentour prouvent que cette église a dû être câèbrc autrefois. Je crois qu'elle appartenait à un monastère. Les Turcs Font complètement gâtée en faisant construire en face une sorte de portique, à droite un gros mur portant le minaret et à gauche une école. En abattant tout cela on aurait certainement la plus jolie petite église que j'aie vue en Grèce.
En prenant possession de mon logement, je fus émerveillé de la prévenance de mon hôte. C'était un jeune ménage et je craignais qu'on ne se gênât pour moi, car on m'offrait café et tout. Je me contentai de demander de la limonade, en recommandant à mon agolate d'aller acheter des citrons : mais il revint en me disant que, sur ma première demande, le mattre de la maison était allé prendre les seuls citrons qu'il y eût dans la ville. Je lui dis d'acheter un poulet : l'hôte ordonna, sans me laisser le temps de refuser, qu'on sacrifiât un des siens, et il me fit servir avant tout d'excellent café. Je craignais d'émettre un désir, lorsqu'heureusement j'appris qu'il était propriétaire d'un petit café sur la place de Leondari et qu'ainsi sa politesse ne lui serait pas onéreuse puisque j'étais autorisé à payer. Je n'en fus pas moins reconnaissant de ses bons soins.
Nous montâmes ensemble au château de Leondari ; d'an côté, c'est un précipice assez formidable : et cependant ce fut parla et à l'aide des pointes de rochers que nous parvînmes à monter; ce qui me prouve une fois de plus qu'il n'y avait pas de château si fort que l'on ne pût escalader oa surprendre par l'endroit même qu'on croyait le plus iroprenable. De loin tout énorme rocher paraît uni, mais en se rapprochant on aperçoit des fissures et des vides qui aident à s'élever jusqu'en haut. Je l'avais essayé en Eubée, dans le
MAKRY-PLAGI. 485
Taste château près d*Acbmet-Aga, et j'y parvins bien plus aisément ici puisque le rocher est fort peu élevé. Dans l'intérieur du château sont quelques citernes, quelques restes d'églises, des ruines de murailles et de tours. C'est une construction franque, mais qui ne paraît pas avoir été fort redoutable.
A quatre heures et demie du matin, je me mis en route pour trouver mon château. Au lieu d'aller par un chemin de montagne que l'on m'indiquait, je préférai suivre le dervend jusqu'au khani. Par là je pouvais voir le Makry-Plagi (longue côte), position importante pour moi, et j'avais un chemin moins rude pour les chevaux. En nous arrêtant à la foiitaine^ près de l'embranchement qui conduit à Court-Aga, un paysan se joignit à nous et je le questionnai sur mon château. Il me répondit : qu'il le connaissait fort bien, qu'il fallait aller jusqu'au khani et que là je trouverais un guide, parce que le chemin est tout proche. Il ajouta des rensei* * gnements nouveaux à ceux de la veille, et me dit que ce château était connu sous le nom de Gardiki. C'était précisément la position que je cherchais. A six heures, j'étais arrivé au khani. Un gendarme de la station me trouva un homme de Charidis qui connaissait fort bien ce lieu , et je partis. Après une heure , nous arrivâmes à une petite colline qui domine un ravin fort pittoresque. Nous avions traversé plusieurs torrents sans eau et avions vu se dérouler devant nous toute la longue côte jusqu'à Sakona. Là le spectacle devenait beaucoup plus beau : nous étions près d'une fontaine et avions devant nous une vallée étroite qui va s'élargissant peu à peu jusqu'à ce qu'elle finisse dans la grande plaine de Lacos : car Lacos est cette vaste plaine où sont les villages de Meligala , Malta , Bouga , etc., et une vingtaine d'autres villages où on parle grec et non albanais. Cette position de Lacos , qui n'est nullement la Laconie, était un renseignement précieux pour moi et j'en vérifiai l'exactitude. La profonde vallée dans laquelle j'entrais est entourée d'une enceinte de montagnesà pic, mais donttous les
48t ORÈGB GONTIIIMITAU BT MOREB.
flancs sont reTétos d'arbres qai en l^ehent Tâpret^. La pins Ittute de toutes ces idontagoei est rudleoitsa. Et) avant de ruelienitza se détache nrie montagne fort pittoresque t son sommet porte le chflteau de Gardiki, Gardikion-Ga^troi comme me le répéta souvent mon unide ainsi que plusiears hommes dn pays. Le village de Gardiki était autrefois une ville iroportinte. Cbalcocondyle Técrlt KapSuctn et dît qu'elle fdt prise par Mahomet II eti i(i60. Snr la droite de ce soffl" met, un peu pins bas^ se détache dé la montagne un énorme rocher arrondi, comme une tour gigantesque qui survi^iUe TaUnie voinn. Ce rocber, si piit^eëqtie dans sa lidrme, l'eA aussi par sa couleur , car les arbl^ le. râvêtenf comme le lierre revêt les viemt cbâteauii en laissant voir de tempd à autre une partie de s^ flancs rougeâlres. Pour arriver ft la montagne de Gardiki» on tourne un ravin û*\k^ sort uli totrent qui tomberait en magnifique ca^cade^ s'il y avait ' dé l'eau : car les rochei*s bont placés de manière à faire com« prendre toute la beauté de Ces cascades au jour qù l'eau ar* rive. Près du point où ce rocher va rencontrer l'autre, ses flantis s'ouvrent et s'arrondissent eii un^ grotte qui est masquée par les avant*ements. du rocher. C'est là qii($ les Grecs se retirèrent pôdr éviter Ibrahim : c'est là que la Chronique de Morée représente le grand-domestique se cachant pour ne pas être pris» Le pasasge de la chronique de Moi*ée ne laisse pas de doute sur la ritualion de Gardiài.
, . 'ESUÇ'HXEV ayd) tU <nnqXptiov «va JJioZ ^Tov IçtJà elc 8<io ^opvi, i<5ta si< pitav X^yxolda. 'ËX6Ï ftcsu 2vt iT^(Mpoy TO nitix^ xh r«p8ixiv (p. 125)*
Gomme cette |[randevbataiile eut lien en venant de Galami vers la Longue Côte t
'£x T& K«>^.ui èfi^y\yu,y , &ir«Yii « to Moxpi» içkéyi, (p^ 123)»
Ge DO peut être évidemment que là^ Je montai nu aom^
OABOIRI. 487
met de la montagne par le chemin le pins rocailleux et le plus difficile. Il est impossible que jamais les chevaux aient pu pénétrer jusque-là. Arrivé à uUe assez grande baut^Uri à une heure environ» on rencontre déjà les muraillet» de la première enceinte; mais il faut marcher plus d'ode demiheure pour arriver au sommet. Un peu plus haut qhft cette première enceinte, je trouvai des ruides d*at)ciennea maisons; puis, un peu plus haut; les ruines d'une église^ En dédains sont epcore de nombreux morceaux de marbrei sur l'un desqueisje vis 1$^ croix ancrée de^ Ville-Hardoin. A côté, le long de la qauraiile, était un grand moreeaq de marbre de trois pieds de largeur spr deux et demi de hauteur s c'est un morceau antique^ probablement d'un tombeau ; la travail m'a paru romain; les figures sont fort maltraitées.. Le bas-relief représente trois personnages debout; les deux derniers tiennent à la main un masque de forme plqs grande, J'aurais désiré pouvoir l'emporter à Athènes, mjais il est si lourd qu'il eût fallu un mulet pqur le charger. Il y ,a aussi çà et là, au dedans et ^u dehors de cette petite chapelle, qui n'a pas un seMl autel de /orme latine, plusieurs autres fragments de marbre sculptés vers le trieizième siècle. La iTortO'* resse s'élève jusqu'à la cime la plus élevée , où on trouve en** core des ruines de pans de murailles. De là le seigneur de Gardiki * pouvait surveiller très-exacten^nt ce qui se passait, car on voit d'une part la mer de Cailamata et dç l'autre la mer d'^rçadia , et au-dessous de soi je mont Ithome et la plaine de Lakos. Cette église de \ t^ KoauaXqL est certaineçient le couvent de Pbaneromeni de la Chroni(|ue. Les Francs arrivent de Calami vers jVlakry-^lagi et la montent à revers.
Kal Trpixu^j^cV , Jcal lawaàv àTtflcvw iU tJjv f «jr^iv , *È7n55yi(JaV xi lYxpujjLfxa-ta Ixèivwv twv 'Pwfjt-aCwv (p. l25).
4 Phrantzi menticHUiè (p. 405) %u'en 696S (lîeb) l'approche de
488 GRECE CONTIIIBBITALS BT MORES.
Cette position de la petite église convient à merveille avec celle-ci. Elle est an pied da fort Gardiki, où se fit l'attaque, et c'est protnblement en mémoire des morts ent^rés dans ce caveaa ou cette église, car le texte ne dit pas si c'était un caveau ou une église, que le nom des 'ara K&ocoXa lui a été conservé. Les traditions du pays sont presque toujours fondées sur un fait historique que le temps obscurcit, mais dont la source est réelle. Le Goccala est un petit emplacement situé en bas, au delà de la rivière. Il y a une petite église en ruines où on a enterré probablement les hommes morts dans cette grande bataille dont la tradition a été défigurée. Tantôt on y substitue le même récit que dans la chanson du Château de la Belle; tantôt on suppose que ces chevaliers, trahis après dix ans, furent précipités du haut du rocher; tantôt ce sont des guerriers qui ont combattu avec les Grecs du château , et leurs os ont été déposés à l'endroit où ils avaient péri. De là le nom de Goccala, que Leake défigure en Kokhla.
Je restai une demi-heure à bien me rendre compte de cette position, et j'allai rejoindre mes chevaux ; je les avais laissés près de la fontaine, car ils ne pouvaient pénétrer au delà.
Charmé de ma visite au château de Gardiki et de mon inspection du MakryPiagi, je revins au khani où je restai jusqu'à quatre heures à causer avec les habitants du pays; puis je montai à cheval et allai jusqu'à la fontaine de CourtAga. Comme la lune se levait de bonne heure, je pensai qu'au lieu d'aller à Leondari je pourrais aller à Caritena par Court-Âga et j'eus raison. La route
Mahomet II força les habitants de Leondari à quitter la ville et à se réfugier à Gardiki, dont il fit le sii^ge et qu'il prit : sv Bl Tb) rapStXTj à; tffj^uporepov aÙTOÎî (Leondari) eioYÎXÔwv uXa)^- 69)vai. Il parle aussi d*jun petit champ qui était placé au-dessous, £y Ttvi ireSup (xixpcj), et où Mahomet, malgré sa promesse, fit égorger les habitants, femmes et enfants^(p. 406).
L*ARGADIE. 489
de Court-Aga est fort bonne et surtout extrémenoent belle , c'est un véritable paysage arcadien du plus gracieux style. Des champs de maïs du plus beau vert et des vignes d'une belle verdure aussi sont placés près de champs cultivés de toute manière. Des deux côtés deux petites collines boisées lesentourent, et tout cet horizon est ceint de belles montagnes boisées. Le temps était superbe, les cigales moins bruyantes du côté de la forêt laissaient entendre le chant des rossignols : chose rare cette année, car les cigales avaient tellement multiplié qu'on n'entendait qu'elles, et que les oiseaux paraissaient muets , humiliés de cette rivalité. Je traversai la rivière d'Alpbée à gué presqu'au hasard ; mais il faut, dans un voyage en Grèce, livrer beaucoup à la fortune. Pendant une heure environ nous marchâmes dans l'obscurité, car le soleil finissant et la lune commençant étaient cachés à la fois par les montagnes. Enfin une lune bien claire s'éleva au-dessus de l'horizon; et, par une température délicieuse, nous fîmes route jusqu'à Garitena , où j'arrivai à neuf heures un quart. Pendant que j'étais au khani , j'eus une preuve de l'activité de la gendarmerie et de sa surveillance. Mon garde me dit qu'il était obligé de retourner au khani sans m'amener par Gharidis, car la gendarmerie lui demanderait compte de moi. Gette sévérité était nécessaire après tant d'années de désordres et une habitude incarnée de la vie klephtique.
GORTYS. — PÂIOHBA. — ACHOVA. — UODORA.
Je voulais consacrer encore une journée à mon cher Garitena et n'en partir qu'à trois heures. J'avais pris un caporal de gendarmerie à cheval et un agoîate du pays pour m'indiquer la route, que mon agoîate ne connaissait pas. Je
490 GRÈGE GONTiNCrtf AtE ET MOREB.
deAcefidis de Gâdtend par nil antre ratiti de Vk inbtttSgn^ EU Ims est une ntnatirin fort pittoresque : lé chèîliill pSi^ entre deux hautt rochers droits et rtipprochés & dit piedi l*bn de l'autre, et on arrive à une branche de l'AÎph^e i}di ta rejoindre le cours principal 8 travers ud lit de rëchers: De là jusqu'à un pont sur le Gorijdos la rbute Offre peu de variétés; en regardant du côté de CaHtena elle est pM belle, car son thfttead se présente alors sdus sa forAe là plus élégante.
Une deniî-hetore après avoh* passé le Gortyhds , et lon« jours en inohtânt, j'arrivai aux murailles de l'aflâque Gortys, située bu-dessus d'un ravin fbrt escarpé dani lë^ qbel coule le Gortyiios. Lés murailles, conservées appar-2 tiendent à racropotls; ce sont des pierreb éitormes di six à sept pieds de longnenr^ La porte a une formé par^ ticuliêre : les murs d'enceinte se terniihent en un angle qui s'ouvre ^ de manière à joindre les deux côtés de ta porte qui forment les deux prolongements de l'angle; £lle est placée sur le côté oppo^ dé la rolite de €ari« téna entre Atticblo et la rivièrei Le mur se coniinlië an-* dessus du fleuve, qui i de l'autre côté du raviii, est bordé par un précipice considéridile. Je restai une demi -heure ati milieu des ruiïies de Gortjrs et remontai à cheval apt^ une petite chdte au milieu des grosses pierres de Gorty^ Conxme je prétoyais bien l|u'il serait liiiit au moment de notre arrivée à Dimitzana , et que les chemins sont détestables , je me décidai à passer la nuit au village de Marcou. Au-dessus des montagnes de ce pays sont de vastes plaines dans lesquelles cTt^slseui des raisins en abondance. Les vignes , au milieu desquelles sont de petites bastides assez éléga.utes, appartiennent presque: en tfrtalHé à des habitants de Zatouna ou de Dimitzana, et les habitants du villëge de MarCou n'en possèdent que fort peu: Au<les$us de cette haute plaine s'élèvent entore, les sommets su-^ périeurs des montagnes , qui ne semblent plus que des
'^ts fort ordinaires, quand on ne voit pas au fond les
|Q|i«eft§q rayjft§ qui Iqs s^parfîal 4e U haute pl^iqe |i la- Çm^Ue 4e Ipin ils p^fijisseat jpinfs, ftlarcpu esst ?itué ^uç 1@ gflp^g^fit |e plfi^ élWé d'upe de cps mqptagn§§; et qn y jnQfll^ par u^ senljfc étroit et presigm^ i, pic daps ufl§ cplljpie 4è teff e ftialilp çt ppfïductive. I^n^ femajae annonce
r^pprbpjjfi 4u pillage , ^uqupi pîj q'?rny§ m'm¥ ayftir
iPjipn^ deq^ flH ^rflis fpiîj ^ptouf fl^ rqyîfls prafgftd^ ç| ri^r
Îjdes, §ssfif flaïjgerepx Rî(ri^ pesu <le çopsi?^ppedf; |a terçe. .fi Bn§ gîte liaus )3* ^fl^isqa quj ii)g çeipb}^ la ipejUeure, ^t, cçijppp riïr étfil '^ yi( ^ pptls h^uf^wp de ja ïpqpî tfinfi , JÇ pri^ Ip pani fj^ ç\Qpj\\c ^^pg l'i^^éri^HP de jd ipaisop } pais jg mp. Ipy^j plu§ faljgvié que §j j'eqsçe çlpçipi pu plem air sur p terrain «nj. |lç; p^pqH^f ^i^r iP^MP* j'étais fpuçjié ipfflft^il loi^lfis SQftes de fpnfleraeut? qpj utP blessaient psirtouf et m*en^ec))aiept d^ trouver (|i up bop endrqit ui j^pg bpupe positiou, ^e piP feini^ eq fqqt§ d§ bpp p[)ç|tip. Qp de^ppnd 4^ iilarpQn pouf ajler à pitpjtziin^ p^r une peu|e de terre' fpf ^ Rpjdp, Mpq çj^eval tr^l^uçha à l'endroit le plus étrpit et le plus pérj||eux; n^ais je me méfiais 4e lq| et le relevai ayec jigsez 4e l^qnjieur ppqr gu'il écl^app^l: à un secpnd luauyais pas, situé à rendrqjt piêrp^ ^^ Il deyajt pprter sfs pieds en sp rejev^pt. }\ s'^p fallut peu qq ij pe r^\\\è.\ dans ip préqpipp , pt mpi-^pême ayec lui. Ep (Qurqânl }a mqpt^gqe pioqilppa îipparaît §Hr la haptcpr 4?p^ pqe fprl bejle sifuajion, ^\ l^ prpfppde vallée située jjp bfis e^ lopt à fait bpllp de verdure et 4*SPcidents de riyjèrps et 4e pipplagnes. Le flSP^e PRrtyRps poule dans un ravin profoq^» tljen bqisé 4e h^pt ep jjfis, et des vignps et des kalarabokki ^-pvêlept fous jes tpf ifes pt
! putes les petites yal|ée§ iptefiuédiaires. L'^scensipp est qrt rude du pont 4e piniitzana jusqu'à ja villf^. pi|njtz^pa est une assej^ gran4e yille pour ce pays-cj. Jp fpquvaj d^ps les fues de§ preuves d'une grande activité de tfqvaij. jout le monde sefnbl^jt ^rlis^ri. Je restai guelqqp temps sur la place à attendre inpn cpn§ki, qtt'qn nie d^ésigp^ c|)ez fc' ^crét^ïre de |^ ipuqicjpî||jti C'e§t ïjj gqp i'eçs ')':pçpns^
49) GEECE CONTINENTALE ET itOREË.
de bien apprécier le sort malheareax des gens obligés malgré eux d'êlre en représentation quand le corps demande on repos complet L'excellent secrétaire de la dimarchie me donnait Thospitalité; j'étais donc forcé de l'écouter et de faire fort bonne mine, au lieu de me reposer, car après tout c'était en lui acte de bon cœur et d'hospitalité. Golocotroni venait d'arriver en même temps dans la ville pour passer un mois des grandes chaleurs , car dans ce lieu élevé la chaleur d'août est plus supportable. C'était un événement pour le pays dont il désire conserver l'inféodalion. Après le déjeuner je me mis en marche pour voir les restes des murs de l'antique ville hellénique. On les retrouve en plusieurs endroits dans la partie la plus haute de la ville. On croit que c'est l'ancienne Theisoa. Les grosses pierres helléniques du mur antique forment là plusieurs assises bien marquées : on en remarque aussi dans plusieurs autres endroits de la ville, employées dans la construction des maisons. On retrouve aussi dans les champs un grand nombre de monnaies antiques , d'ai^ent et de cuivre , et j'en ai acheté une trentaine ; de toutes les boutiques et de toutes les maisons on m'en apportait. J'allai de là voir l'école : elle avait une grande réputation du temps des Turcs et existait , dit-on , avant la conquête turque. £lle a fort décliné sans doute , car il n'y a plus qu'un professeur* Il me reçut avec le dimarque et plusieurs papas dans la salle de la bibliothèque. J'examinai les 800 ou 1000 volumes qui la composent , il y a beaucoup de bonnes éditions ; c'est le don d'un monastère voisin. Il y a dans les environs deux monastères assez riches , mais ils n'ont plus ni livres ni manuscrits. Il reste deux manuscrits pieux à Dimiizana , un évangéliaire et un livre de prières qui me semblent être du quinzième siècle. Un manuscrit de l'Évangile sur vélin , qu'ils possédaient et qu'ils disent fort ancien , a été envoyé à la bibliothèque publique d'Athènes. De Dimitzana je me rendis à Arachova, l'Arachova de la Chronique, Là je trouvai bien la bonne eau
AR ACHO V A . — l^ALOlt B A . 493
de source ou de citerne dont parle le chroniqueur grec ; mais je ne pus trouver le château, qui, suivant ce qu'il dit, était fort petit. La vallée d'Arachova est fort jolie et devait être un fort bon fief quoique petit; et le château pouvait être dangereux, puisqu'il commande une route fréquentée. Tout à côté de lui, à une lieue, à Ylongos, existent les ruines d'un château franc. Tout le pays, au reste, et la partie située au nord d'Àrachova portent les plus nombreux vestiges du moyen âge. On y retrouve le pays d*Akhovaes avec le château ruiné appelé encore aujourd'hui Galatas ; puis sur le Ladon , au-dessus d'un autre château, à Glanitza, le pont de la Dame (yetpupY) t^ç Kupaç), et une tour tout près de là : à l'ouest de Galatas, dans le même pays d'Akhovaes, est la montagne de Yretembouga (frc-Tempiau f frères du temple), sur laquelle sont les ruines d'un vieux château ; c'était l'un des établissements des Templiers, qui^ dès le commencement de la conquête franque, furent dotés de quatre fiefs S ainsi que l'Hôpital Saint-Jean de Jérusalem et l'ordre des Allemands ou Teutonique. Près d'Androusa, dans le pays de Calamata, est un lieu appelé encore aujourd'hui Spitali , qui faisait sans doute partie de la dotation de l'Hôpital Saint-Jean. C'est surtout dans la Messénie et dans l'Arcadie que les châteaux francs étaient multipliés.
Je quittai Arachova pour aller prendre gîte à Palomba à deux lieues de là, où l'on trouve une caserne de gendarmerie et un petit village situé sur un tertre allongé , audessus d'une plaine qui descend m partie jusqu'à la mer, qu'on aperçoit de loin bordée par le cap Katakolo et le château de Ponticos. Palomba , malheureusement, manque d'eau , il faut en aller chercher dans une vallée profonde et boisée qui descend d'Arachova. Là se trouve une fontaine fournissant une eau assez rare, mais fort bonne et fort constante ; la vallée est délicieuse. Je fus reçus à Palomba
* Chron. de Morée, p. 48.
494 GRÈC9 CQBiTIIIBNT4L8 SX MPBEE.
c))ez Iq dimarqMç, hpmfPQ ricbe eo propriétés e| bootme iatelligenti qui ni U occupé 4^ 8f<s chaoïpii, 4ans upç ip^ifiQP bien fourpie 4'o0 qp api^rÇQit l9 mer daps 1^ loia^^ip, 9^ec sa j^qpe femipe, gr^p4fl fit bfillfi, R ipèçe, gt upp pcpur de n fenimfi* d^qn (ypq de bei^pt^ rep)arqual)le aussi, Tppte cette praçiett9e (aaiill^ me pqmhl^ d§ msir<IP^ de préyeo<iP' ees et p))erçha à pïfi r^t^pir plusieui^i jpqr^au d^l^ dç pe que i^yai» flxé, ^fï^, dçppi^ la p^^pvjii^ pp|t dg paonugpp pa99ée à Ikl^rco'u çt }f ^ fatjgqpfi 4p ^imit^fl? , jg p^e s^pt^i? n)eqac4 de 1^ ji^vfe, Crj|jgpftp|, §n' pi'açrêtWλ 4? p^g jai^r «pbjMguer par h P^adi^ , j^ pie g^ç^fti l>iep dP lasser eptrçYpIf peç fif^^PP^itlpûs à ppp 8K?qM§ ^^ fi^- Yrç; car pfitte expe||eptf f2|mi|}e p^ ffl'^PïSlt cpft^ipfiïpfipt pa§ laissé partir. Pp |^ft^e, PP Grèc§ , egt pireçqp^ pp pillent pt 4evjppt prpmptepifipt pp ajpj, et cpitq §içiti^ s/d transpipt cpiprp^ pp 1^, Je ^js^fflpl^ dppç Wfs sppffm^^ 4i} piiep^ qp*j| fpfi fpt ppssjj^le ^t ^pptip^ ^ypc ap§^^ ^P ^uit^ 4^ Ippgpes cjDiiiyq^|iflpg politique^ î^yep }e djpaj-q'pe , 3pi , t)ipp qu^appaytepapt ^u parti p^wJste pu rpssp, op capp4istriep j sf^yait rppdfe ju§tipp ^ 1^ ?f^RF^ ^l aspifaù ^p mopieut pjH ppp pqys aqfaît upe ppiistitpljqn ppliticjue vraipipnf gr^ue, pt ppu imitée, qïii Ipj pppît de pfepdre pprt ^ ses affaire^ ^ s^ P^îipièfe. {1 popvpi^ait que la France seule avait servi la jGrèf e avep désintéresseinqpt et q^P seule aussi plie ^ésjrajt S(ip§ arrjpre-pepsée persppnelle |'affr3pçl{jssemei]t çle |a Grèce; piais il jjéplQr«|it les perpétuelles pscJH^itiprig <ig pptre ppjitîgue, qu^j eippêçhajept les hoippies prudpnî^ de s'expospr «|p j-isqpe 4e [rpp se pipn^rer nos apiis. ^pp opinion pst Topinion de ja plupart 4^^s hommes éclairés dii parti n^ppi^te , c'est-àdire des adversaires de la (^rance. un voit dpnc combien il nous serait facile de réunir (pus les partis en un. La conversa tiop du mari et le gracieux acçpcil de la famille me faisaient aisément oublier les heures et Içs souffrances qu'adoucit un peu aussi , il faut l'avouer, l'heureuse surprise de pouvoir dormir sur uq pi^tel^s.
L^AL^ttÉE M LE LÂtfbM. 49S
Je quittai Palomba 9i onze heures H demie et bi'âche-i^ minai vers Hagiôs Joaiinis, A deux Heures de l&i près dé TAlphéë. Tout ce pays de Llodora est fbrt beau mais iti-^ cttllfe. Lei deux rhes de TAlphée sôilt bordées de tooil-* tagnes boisées foh élevées et en pérîtes asset douces i mA\é la inaih de J*homme n*a rien fait. HagioS-Joakibii €)st un misérable et |)aovre village où on né trouve hi pâiii; ni vio , bl quoi que ce sbit. Les hUbitatitâ mâOgent dll paAû de mais et du fromdge. Je m*y t-eposal une betire; et allai voir à dix minutes de là , en descendant vers le LàdOtt prèë de sa jonction avec i'Alptiëe , un pau de thui'aiilë!! en grandes pierres belléniquê§; seul reste de Tantiqûë Tille d*Hertea: Les payéans trouveilt sodvëbt des mobttafeU d'argent et de cuivre dahk ce teh-aih , et J'eti achetai détit de buhré. J'eus quelque peiné ft découvrir lès deut fl*ag» metits de murailles. HeriBà était dans uiie fort belle situation, tin peu élevée ati-dëssus de la rivière ^ mais aiIBsl n'ayant rien à craindre de ses déboHiements. Un peu bd descehdant des murs helléniques Vers la ri* ^ tière » oïl trouve quelques restés h)maiOs , appuyés bbr la colline et faisant face a la rivière \ ce sont trois otl qdâtrb pans dé murailles d'un bôtlment qui devait se trouver à l'entrée de la ville. En toufnatit la moutague j'avais perdd de vue la jonction de l'Alphée et du Ladon , et me trouvai sur les bords du Ladon , que je traversai à l'endroit où se trouvait un bac qui est maintenant détruit; il faut le traverser à gué. Dans Tété la chose est assez facile. Je fis appeler un berger pour uotls diotitrer le gué ; il entra dans l'eau devant nous pour nous l'indiquer mieux. Nos chevaux avaient de l'eau jus^lî'^tix sangle§ i je baignai mes pieds dans le Ladon avec plaisir en m'arrêtant sur l'autre tïVé. Je bi'imdgihais àvOir traversa l'Âlphée in lieu du Ladoii et j'avatiçéi ^délqde tetfa|5s hns ihëAïnbëi ma» enfin, ne voyant pas s'approcher Bisbardi , qui devait être au fond d'une vallée boisée, j'appelai, et j'appris que ce n'était pas de Bisbardi que je m'approchais, mais de Bc-
496 GmÈGE CONTINENTALE ET HOBEE.
lesî. Je fus dans une véritable colère contre mon guide: le fait est que mon agoïate avait peur, si j'allais d*abord à Bisbardi, que j'allasse coucher à Aspro-spitia, où il avait appris que Tavant-^veille on avait assassiné un homme , sans doute à la suite d*une querelle particulière. Il savait que j'avais l'esprit peu ouvert à ses folles inquiétudes d'agoîale, et il avait espéré me tromper sur la direction du chemin au moins pour la nuit. J'étais d'autant plus contrarié que cela me donnait deuK lieues de plus à faire pour visiter un emplacement où je présumais que devaient se trouver les ruines du couvent latin d'Isova mentionné dans la Chronique, et que je voyais la fièvre disposée à jeter sur moi ses serres déchirantes. Je me décidai donc malgré moi à suivre la roule jusqu'à Belesi. Mais h , après un repos de trois heures, je remontai à cheval pour aller à Bisbardi^ Je commençais à éprouver un léger mouvement de fièvre; cependant je tenais à voir Bisbardi et les ruines d'uncou» vent que je pensais être celles mentionnées par Leake sous le nom de Paiali, et je partis. Il fallut cette fois traverser TAlphée , plus large et plus profond que le Ladon ; mes ^ deux guides me le firent passer dans un endroit assez large , mais peu profond , et en levant mes jambes jusqu'à la croupière je ne me mouillai que fort peu.
ISOVA. — OLYMPIE.
A près avoir passé l'Alphée , je tournai la pente d'une montagne et arrivai dans une plaine plantée de maïs et qui
< Â peu dMieures d ' Bisbardi prend sa source le Chalkis, qui baignait autrefois les murs de Skyllunte , où Xénopiion écrivit la Cjfropédie, la Retraite des dix mille et ses autres ouvrages.
MONASTÈRE d'iSOVA. 497
va toujours s'élevant en pente depuis un mauvais pont de pierre jusqu*à un bois qui garnit tous les flancs des montagnes. Une heure et demie de marche depuis Belesi me conduisit enOn en présence des ruines que je désirais Toîr. Elles sont fort étendues : d*abord à ras de terre sont des restes de fondations d'une vaste maison qui appartenait sans doute au village qui précédait le couvent; et un peu au-dessus d*une fontaine d'eau excellente , de vastes ruines de deux bâtiments. I/un était une grande et vaste église latine ; les murs extérieurs sont conservés presque en entier, et on y retrouve toutes les formes des églises gothiques avec les vastes fenêtres en clives. Une des faces, sur le côté le plus étroit et occidental, offre une porte gothique surmontée de deux fenêtres longues.
 cette église était annexé sans doute le palais abbatial, car on aperçoit des restes de murs en saillie qui doivent appartenir à ce palais ; et à côté , un peu à gauche en montant , est une petite chapelle du même style, qui était probablement le dernier prolongement du palais abbatial. Je ne puis douter que ce ne soit là le monastère de Notre- Dame d'Isova , mentionné dans la Chronique de Morée avec le village de ce nom près de l'Âlphée :
'2 Ta icapairc^TaiAOV tou 'AXcpeiou Ixeï y^P ÂTréaiiii^av
Tb Xéyouv eîç t)|v 'Ewxoêav ot xiêiravoi JXo
Ailleurs le chroniqueur précise encore davantage la situation de ce lieu en indiquant son voisinage de l'Alphée et de Liodora :
T'îjv auptov exiVTiaav, ^X6«v 'ç t^jv At$(opiav Tb 'jcapairorafAov 'AXcpeco^ 6Xop0a IxotO^évi^
Si on a donné à cette ruine le nom de Palais, c'est peot-
4§S GBÈCE CONTINEI^TALB ET MOREE.
être par réminiscence du fialais abbatial ; car il n*y a pas le, moindre doute que ce ne soit là une belle ^lise latine, bile est toute bâtie en grandes pierres bien taillées; ses fenêtres sont ogivées avec soin et fort grandes et larges , et sur un des côtés ou aperçoit une des gouttières sculptées suivant la forme gothique et représentant un animal idéal pu peut-être un lion mal exécuté.
Deux fenêtres gothiques, Tune très-grande et l'autre petite ^ subsistent encore ; une autre est à moitié écroulée , parce que les fils d*Âgar ( 'A^apéyoi), les Turcs , suivant le récit d'un bei^er qui m'accompagnait, avaient cherché à la détruire. L'emplacement était délicieusement choisi, au milieu des bois, sur un terrain à pente douce jusqu'à l'Alphée et jusqu'à une autre petite rivière , le Tzemberogou ou Dragon. Cette situation m'a rappelé celle du monastère deç Bénédictins de la Gava, Le^ Bénédictins choisissaient toiyonrs admirablement l'emplacement de leurs monastères , et en examinant ces ruines mes souvè* nirs se reportaient sur quelques vieux couveiUs de France et d'Angleterre. Les terres sont excé^llen^tes , de belles ipontagnes boisées s'arrondissent en cercle alentour; une abondante fontaine est tout prèSj et deux rivières presque navigables se dessinent dans le lointain : c'était une charmante situation ; et je ne pub dodter que ce ne. soit eelle dli monastère de bédédictind d'Isova , que l^es Grecs 4 en 1262, brûlèrent par jalousie. Aussi , lorsqu'ils furent battus par ]én Ftancs, crul*entHls voir^ les ui» saint Gborges combattre à 14 tête des Francs sur itn cheval blanc , Ibs autres Notre-Dame d'Isova les poursuivre de sa colèrei
*AXXoi eïiwv ïtt àp7((TÔ7i tduc ^ icéivfioç 0«ôT(faiô< *Owou 'tov è(ç 'rijv ÊtdoSotv \ tB fjtovotfftflpc é)tttvO ïo &aij;av Tore ot Pb)|Aaïoi elç to TaÇeîSt «te^vwv *.
Les Grecs venaient de Mistra dans la direction de Ghei- « Page 111.
FRINITZA. 499
1D08; puis ih s'avancèrent sur YeligostJ,qae j'ai retrouvée a une lieue de Leoodari et où ils brûlèrent le marché et ne laissèrent que le Castro ; le lendemain i)s traversèrent la plaine de Garitena (ils n'attaquèrent certainement pas. le c^âte^u^ que les Turcs n'ont pas. osé attaquer sous Ibrahim quand Golocotroni l'occupait); lé troisième jour il9 arrivèrent de la plaine de Garitena dans le .pays de Libdorà entre l'Alphée et le Ladon , qui en font la linûté par leur jonction ; pui£| ils attendirent une division de Turcs S Isova , dont ils brûlèrent le monastère ; puis ils se diri* gèrent sur Prinitza ^ . , . .
, Jeande Gatav^ avec ^ trois cent douze Frfmçais.n^ardia sor . des milliers de Turcs rét^nii; à Prinitza. I^ étj^t sur la rive gauche de l'Âlpbée ; il s'(|vança dans la di*: r,ec(ioa de Krestei^a (au sud.d'Qlympie sur l'autre rive de l'Alphée) 9 suivit les, bords de l'Alphée en le ren^onunt, et aperçut de loin sur l'autre rive l'armée in) périple cara-« pée à Prinit^.que je crois être Viieza, à deux lieues ei demie au sud de I^ala^
. La. Gbronique de Morée raconte fort éJpqnemment |a victoire remportée par les trois cent douze français ^\ le chevalier paralytique Jean de Gatavà , qui déclarait l'ennemi du Gbrist tout homme qui le verrait reculer ou trem« bler et ne regorgerait pas \
Poi^r retourner à ,P(ei^si ^j'avais deux rivières à traver» ser, le Dragon et l'Alphée. La. première était peu pro* fonde ; mais nous passâmes l'Alphée dans un endroit différent et beaucoup plus profond que ne^ l'était le premier passage. Mon gendarme, ,qui n'était pas habitué saps doute à traverser les torrents, faillit tomber dans l'Alphée, qu'il regardait couler ; ce qui lui donna le vertige : mais heu-
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Pag. lîl.
SOO gkèce continentale et morée.
rcasement pour lui qu*un des guides que j'avais pris se tenait à côté de lui , conduisant le cheyal ; il vil comme moi le gendarme chanceler de son côté, et il le retint. Moi, j'en fus quitte pour être trempé jusqu'à la ceinture; ce qui ne contribua pas peu sans doute , avec la nuit dore que je passai à Belesi , à rappeler la fièvre , qui depuis quelques jours frappait à la porte. Je tins bon toutefois , j'avais à voir Olympie.
En partant de Belesi je traversai rÉrimanihe et suivis tout le cours de i'Alpbée en me dirigeant sur Olympie. Cette vallée de l'Alphée est magnifique. Les montagnes, bien boisées, n'y sont pas très-éievées et se groupent de toutes parts avec grâce. Le bas des coteaux est couvert de kalambokki, dont la verdure tendre est agréable à l'œil. Si j'eusse été bien portant, c'aurait été pour moi une journée délicieuse que de suivre cette belle vallée; malgré mon état de souffrance, je ne pouvais m'empécher de m'arréter de temps en temps pour admirer la grâce de ce paysage. Olympie était dans une superbe situation. Bâtie sur une pente douce , encadrée entre deux petites chaînes de montagnes , et s'élevant graduellement en amphithéâtre au milieu d'elles, elle avait, au delà de l'Alphée , une vue délicieuse de collines ondnleuses et verdoyantes. Les grandes fêtes grecques qui se célébraient à Olympie recevaient un nouveau lustre de la beauté du pays. Ce devait être vraiment un spectacle enchanteur que de voir arriver ces immenses populations accourues de tous côtés, et de les contempler réunies sous un si beau ciel et dans un si beau pays. Il ne reste plus rien dfi toutes ces grandeurs; un meunier seul a placé sa maison au milieu de Taniique Olympie. En allant à cette maison on rencontre des restes de constructions romaines qui sortent de terre, parce qu'elles sont dans un endroit plus élevé. Olympie aujourd'hui est complètement déserte; car la verdure des plaines et des collines n'est que la verdure spontanée des forêts et des plantes sauvages , et l'homme m paraît en rien dans celte œuvre. De temps à antre seulement^ quel-
OLVMPIE. 501
ques champs de mais rappellent que près de là existent quelques descendants du peuple dont le goût et la richesse se manifestent par tant de nobles constructions. Les mon-* tagnes voisines sont toutes de terre friable , et les torrents, en détachant peu à peu la terre de ces montagnes, Tont entraînée dans leur cours et ont recouvert peu à peu, avec le cours des siècles, la surface de la ville antique de plusieurs pieds de terre. Pour retrouver les monuments de l'antique Olympie , il faudrait mettre à nu le sol ancien. La com« mission scientifique envoyée par M. de Martignac a fait des fouilles et a mis à découvert le temple de Jupiter Olympien avec ses immenses colonnes de pierre porique ^ , et , à quelques pas de là , une petite église du moyen âge, dont quatre colonnes de marbre, placées en forme de cintre , sont assez jolies. On aperçoit aussi à côté quelquesunes des pierres helléniques de l'antique Olympie.
D'Olympie je repris ma route vers Pyrgos. A quelques minutes d'Olympie se termine la chaîne de montagnes qui l'enveloppe dans son sein, et on entre dans une nouvelle vallée moins belle et moins cultivée encore; puis vient une troisième vallée, où la culture devient active; les raisins de Corinthe y abondent , et on aperçoit de nombreux signes de travail ; la vue est encore belle et la culture va en augmentant jusqu'à ce qu'on arrive dans la plaine de Pyrgos.
PYRGOS. — EUS. — ANDRATIDA. — BLACHERNES. —
GLARENTZA.
Pyrgos est une jolie petite ville , Tune des plus grandes de la Morée après Calamata. Ses maisons sont bâties de
* Voyez cette description dans Touvrage de la commission.
509 GIIBCB CONTINENTALB ET MOREE.
[iiërreé fohnétede terre, coupées en tranches quadrilatères iilongéesi assex épaisses; on les laisse sécher ad soleil ^ et ceitt devient nnc espèeë db pierte. Ib font aus^i de la métne lnanlè^e utle tulle loitgile et tonveie en faisant sécher i^ette telre dd soleil ; sa snrfàce est rade et grossière dans la cbntavitë hiais polie dans la eonreiité, et , ëtl la frappant) elle tehd un son clair. G*eét idusi qa'bn fait àUssi les tulles et briques en Egypte.
3e dépendis ft Pyt^ darfs là maison du gouirernear; M. Krieti, honimc plein de bienreiltancq; fort instruit des âffilires dé soh pays, qu'il a servi miliuiirement i et pleiâ dé sentiments honorables et patriotiques; Il a épousé une femilie torque du caractère le plqs parfait
J*avafs décidé de (Miriir dès le lendemain pour aller vi^ siler.^iiicô-Gàstros mais; .au liioment de me mettre en route , à.onze heures dn ihatin j je fUë saisi d*nh trémble-> ment fié?reux irrésStîtible; Je touIus dompter ihon mëhiise et le déguiser et t)artir $ mais la bienveillance de l'excéllettte madame Kriezi triompha de mes scrupules* La fièvre me prit iminédiatement avec une telle furce que je fus forcé dé mettre au lit. J'eiis, pendant tirois heures ; un accès d'une sorte de fièvre ardente. Je redoutais au delà de tout de tomber malade de manière ï être alité chei d6$ amîs aUssI nouveaux poUr lUoi. La certitud^e que j'avais qu'ils auraient pour moi tous les soins qu'on a pour un frère me rendait plus insupportable encore l'idée de la gêne que je pouvais leur apporter. Aussi, dès le même jour, pris-je des moyens héroïques ; le soir , un médecin me prescrivit (iM. le docteur Anino, jeune médecin de Céphalo- Oie établi ici), pour Je lendemain et le surlendemain, de larges doses de quinine que j'avais apportée avec moi de Paris. Grâce à ma volonté obstinée, je triomphai du mal ^tpus, après (|eux jours seulement d'arrêts forcés , remonter à cheval.
Le matin du troisième jour je sortis de bonne heure ï cheval pour aller voir les ruines de l'ancienne ville de Le-
ti^ri près d'BagjQS-jQaapia. Je retrouvai Iji, $ur te9 târrftmp de M. Fapa-§t^powlp?, plwsj^m^ frjigweats d^ çplQn«fis.g# pjwre poriquç qt fes ^^i^^s d-un l§i«pte en pierrfi§ c^rr^ bfiUépiqï»^ » reyêtuqg ^Qpre 4'un ^«p §pli4e §t pqU .# tontes part^ paa§ u^ t^rr^iQ ¥pi^^ apRi pJusmpr^ m\\^^ «iqapducs, et, ep crèus^pf de qqfil«flQ8 pieds ce t^rrajn «:^pqHYpn p^r tes allqyiqpf (les flçuyep, pq r^cppai^t Ifts vm^ . dos mwailM heUépiquep de te yilj^. Gq lifiW ?PÇ^ §ifls dppie cpptipué îi être, ^bj^ peft^^pt te lewpp <J§f Uorn^ips ^t gpus te Sas-Ç«îpire; par op y Ivmn U»fi gwiirte qwimlilé de ces vastes tuiles qp*pa p§ ^\\ plp^ If i^ç «p tîcèfie
4wHi^ bi^^ â^^ #gI^* et m (liff^rppt d§9 pgitpstpiies
raisins ordinaires et de raisins dg tlpriptbe e\ ^le gn^xrftp pl^ii^^s seqtepien» deppi^ qn^tç-ç §n^; c^j; te§T»I^Pa>^^i^"' iPHt t^rft!^ . teP^ ^P^aPÎV I^Ç F«i^« rifi Çftriinh§ ét^iit gn plpiB^ Çécpjjp. Aqssitôl: c«eiHi , pp te déppsg sur PP t^çfi|ip ^pc pr^par^ Jtypc 4s Vçs« fil de la hpqçp de yaphe. J^'il fe{>te hujt jopra ^^ pêpig si^ jqpr,^ ^ spteiL pe l^'mps ^^\ ppuç qijp Ip gcaip se sèç^ e\ ?§ ^é^cb^.
On te ffipt fi^^H^t^ ^û ^\^ R^"^ l'pPvqyçf ^^ pqrppp. Pour le raisin de Smyrné , qui est blanc ef dopf 1^ grjijn ^\ b^aucp^p plpp grqg. jl faut ^p'il spiç pflgg^' d^RS l'eau pha^de pour ^mollir l'pavfijpRpe , ^prè^ qjjpi pp js ipet déchet' 4p 1^ ipêipp wanière, l^ fhatepr, ^u spteij §t çellç (Je la fçrrp produisent rapidejflent tepr effet, 1^.^ partiP4im RM acheté pp tpcf^ip <i^ ^QH^^n^fflWt I raisQij 4e q^aj-^îù^ ^raphipes te sfrème. C'est beaucoup; pp^i^ jjs çon^plenl sur i'àug^pentaljoi^ de ja çonso^flin^fiop pn Evjfppp ef pp Amérique, e| cela est (liflicile à prpif e. 4p rept^fii die 1^ ^ Pyi^os» qui se présente fort bien i la vue avec ses rpajsoos b|anclies au ipiliep de jardins, les alentours de la ville oiU quelques jardins de pilVQPi^ier?. de mûriers et d*oliviers. l/oliyier rapporte apnpei(cment ici jusqu'à deux ^h^lari , car la terre est féconde.
ïf:p§-décidément l'ancien évêché d'Olène, mentionné
604 GEBCB CONTINENTALE BT MOBEB.
dans h Ghroniqoe de Morée , se trouvait à Oiena , village aa nord-est de Pyrgos et à quelques lieues de cette ville. U s*y rencoatre encore quelques restes d'église. Le siège en fut depuis transporté à Andravida , mais avec le même nomd'é?èqne d'Olène; et ensuite à Pyrgos même, et toujours avec le même nom d'évéque d'Olène. Aujourd'hui Térêque de Pyrgos s'appelle évêque d'Olène et d'Élide. Ainsi , quand il est question dans la Chronique de Morée de l'évêque d'Olène , il ne faut pas confondre cette ?ilie atec roiène que la carte de M. de Boblaye et celle de la commission placent à Kato-Achaia.
Le Pondico-Gastro est appelé aujourd'hui Katakolo^ Castro, parce que ses ruines dominent le port de Katakolo et le cap du même nom.
Mon projet était d'y aller le même soir; mais je ne pus partir qu'à cinq heures de Pyrgos, en prenant congé avec serrement de cœur du bon M. Kriezi et de son excellente femme , qui ont été pour moi de véritables amis pendant la fièvre qui m'a saisi si désagréablement , et que j'étais parvenu à dompter. M. Papa-Siasopoulos, aide-de-camp du général Church, voulut absolument m'accompagner jusqu'à Clarentza.
Nous passâmes le long du lac de Mouria, laissant à notre droite Skouro-Khori, qui a peut'^tre reçu son nom du Gilbert de Score de la Chronique de Morée, et, laissant le fort ruiné de Pondico-Castro, nous nous dirigeâmes vers le couvent de Skaphidia pour voir la tour et les monuments latins dont on m'avait parlé. Cette tour est tout simplement une tour carrée, flanquée de quatre petites tours rondes, et construite au dix-huitième siècle. Comme le couvent est situé au-dessus de la mer, et que les Algériens venaient de temps en temps faire des incursions sur la côte , on a fait construire celte tour à l'extrémité des bâtiments du couvent, devant l'église et du côté de la mer, pour protéger le monastère contre un coup de main. Au reste, tout Je couvent est fort moderne : les Vénitiens, en 1686 , le
GOUVSNT DE S&APHIDIA. 505
trouvèrent institué depuis peu et lui fireuf quelques largesses. Des actes, qui datent du cooimencemenl de 1700, sont les seuls diplômes que possèdent ces moines. Quand je leur demandai leur bibliothèque , ils me répondirent que les Turcs Tavaient brûlée. J'ai cependant, en furetant, trouvé sur les planches de la grande chambre où on m*a* Yait l<^é quelques manuscrits ecclésiastiques du quinzième ou seizième siècle, évangéliaires et livres de prières, et un beau manuscrit sur papier in-folio des sermons de saint Jean-Chrysostome du treizième ou quatorzième siècle. Les moines voulurent à toute force nous faire souper; le sous-hégoumène insistait surtout, sans doute pour avoir une occasion de manger une sixième fois gras dans la journée : car il me confessa que , comme le jeûne de quinze jours commençait le lendemain, il s'était prémuni en mangeant déjà cinq fois de la viande ce jour-là. Il en mangea copieusement une sixième fois avec nous, et fit de nom-breuses libations de vin. J'ai peu vu , même les grands mangeurs parmi les moines, boire et manger autant que le sous-hégoumène du monastère de Skaphidia , qui a une aversion particulière pour les Bavarois, aversion partagée à l'unanimité par tous les moines de son couvent.
Je passai une nuit horrible dans ce couvent. Les counoupia (cousins) se sont établis maîtres souverains et y rè« gnent de la manière la plus cruelle.
L'abbaye de Skaphidia est bâtie dans une fort jolie situation, au milieu des bois et avec un assez beau jardin de citronniers et de figuiers. De là à la mer, on descend un fourré d'arbres au milieu desquels se trouvent , près de la mer, les restes de murs romains : c'était probablement une tour de garde. Il n'existe plus que des pans de mursassez considérables. Nous suivîmes ensuite le bord delà mer, en laissant à notre droite les monastères de Franca villa et Francopidima; nous nous reposâmes quelques instants à Kalitza près de Dervi-tchelebi, et arrivâmes vers midi à Elis. Toute cette route est une vaste plaine presque entièrement dé«
506 GRECS GOHTllIBNTALE BT HOREE.
posmie de eohere : Mulement, à quelques pas aotoar des TÎlla^Bs, 00 aperçoit qodqaes fignes et quelques arbres qui iaterronipeiit un peu raridité de ce disert , qui serait si riche s'il était cultivés car tous les terrains y sont bous, rbouniiie seul masque à la terre. C'est surtout en Elide que se canserf e presque entièreQieBt encore la Imgue de la Chronique de Morèe : tous les siots dont elle se sert, même les mots francisés, y sont restés dans la langue familière. C'est la proTinoe où les Français restèrent le plus long-temp&
Pendant que nosagolates préparaient notre konaki, nous alllmes visiter hs mines de Tanliqse Elis , distribuées sur un vaste espace de terrain an pied de la montagne qui ser* vait d'acropolis , et qui porte les ruines de Tantiqne fortere^e renouvelée par les Francs. Cette montagne , appe^ lée encore Caioscopi , est celle que les Francs , les Latins et les Italiens ont tour it tour appelée Beauvoir , Belveder et Puldimm^Yidere. Les Vénitiens avaient même donné le nom de Belveder à toute la province d'filide. Pinceurs ' lettres des princes de Morée sont datées de leur château de Beauvoir, et on la trouve mentionnée jusq«*è hi fin du quatonième siècle sous ce même nom.
Près de cette montagne , à quatre lieues de là , est la belle montagne isolée de 8aint-0mer (Santameri) , qui se voit de toute cette plaine d'Ëtide. An bas de la montagne sont les deux villages do. Portes et de Santameri : denx noms français, comme celui de la montagne. C*est ie sire Kicolas de Saint'Omer qui fit bâtir , vers 1278 , le fort château dont les ruines se voient encore sur la montagne qei a conservé son nom. Bientôt une ville oonsiitérable se groupa aotenr du château. Jean Leundavius, dans sa traduction latine de CfaaicoaMidyle, r^rodutte sans correotion dans l'édition de Bonn^ commet une erreur en supposant que, par iavT«pii(Hov icAtv , Chalcocondyle a voulu désigner File de Sainte-Alaure; Le texte de CMcocondyie est au contraire fort clair, et désigne bien nettement Saint-Omer (Sanimneri) ^n Elide. il n*y a anonii éonte possible. Le lieutenant du