‹ La Grèce continentale et la MoréeChapitre 63 sur 68 · PATRAS.— -VOSTITZA · texte numérisé non relu

PATRAS.— -VOSTITZA

L*inten.sité des fièvres qui dévastaient TÉlide et Clarentza en particulier au moment de mon passage , les rudes attaques que j'en avais éprouvées en passant de Caritcna à Olympie me décidèrent à aller respirer, pendant quelques semaines, Tair pins vif et plus salubre des îles Ioniennes. Je m'embarquai à Clàrentza sur un bâtiment que je nolisai pour Zante. Je parcourus successivement cette gracieuse île, nommée la Fleur du Levant, Géphalouie, Ithaque, Sainte-Maure et Corfou, et, complètement ranimé par mon voyage dans ces îles si gracieuses et au milieu d'une société beaucoup plus avancée dans la jouissance du bien-être matériel , je repartis de Corfou pour continuer mon excursion en Morée en me faisant débarquer à Fatras.

Les côtes d'Âcarnanie, fort rapprochées de Corfou, paraissent bien sèches et bien incultes à côté des vallées délicieusement ondulées de cette île. Quand on a dépassé le cap Leukimo, ou cap Blanc de Corfou, la première îie qu on aperçoit est Faxos , renommée par ses huiles ; et presque en face de Faxos, apparaît Farga. Farga I que de souvenirs de force et de nationalité dans ce seul mot ! L'Autriche redoutait que l'Angleterre possédât un seul point sur le continent épiro-dalmate ; et non-seulement elle lui refusa Tancien lot vénéticoionien, Yostitza, Prevesa, Buthrinte, mais

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anssi la protection de Parga , qui seule peut-être , par ses anciennes habitudes d'indépendance , aurait pu enseigner aux Ioniens comment on forçait de prétendus protecteurs à limiter leur protection à la défense du soi contre autrui. Parga était située au bas des montagnes , et n'existe plus. On n'aperçoit au loin que des rochers blanchis et des maisons en ruine. Notre bâtiment à vapeur, s'éioignant des côtes basses de Nicopolis, Prevesa et Actium, se rapprocha peu à peu de Leucade, ?ers le Saut-de-Sapho et le cap Ducato. De là nous passâmes entre Ithaque et la terreferme; nous nous arrêtâmes un instant devant Argostoli dans l'île de Céphalonie , et après une nuit fort tempétueuse, pendant lequelle de magnifiques éclairs venaient de temps à autre faire élinceler les vagues, la mer se calma avec le lever du soleil et en même temps qu'on apercevait encore Céphalonie on voyait apparaître du côté de Khlemoutzi les côtes de Morée. Nous approchâmes des îles Gourzolaires et Oxia et .des côtes d'Étolie; puis, dans le lointain, sur le continent rapproché de ces îles en face du cap Papa , qui est une des entrées du golfe de Lépante , nous vîmes se dessiner très-distinctement au pied des montagnes la glorieuse et infortunée Missolonghi. £ile est aujourd'hui ruinée , abandonnée , et la maison où mourut lord Byron a été vendue et démolie. Missolonghi ! golfe de Lépante ! quels glorieux noms! La victoire de Lépante fut rendue inutile par la jalousie des princes qui l'avaient préparée ; la prise de Missolonghi fut une défaite féconde pour le peuple de Grèce.

Les rives de Morée , entre Khlemoutzi et le cap Papa, sont basses et souvent marécageuses. Nous doublâmes ce cap ; nous nous dirigeâmes vers les côtes de l'Ëtolic et entrâmes tout droit dans le golfe de Lépante. Au delà du cap Papa, la rive continue à être basse et presque inaperçue; mais le second plan s'élève un peu. C'est sur cette côte , entre le cap Papa et Patras, que débarquèrent nos croisés français, le 1*' mai 1205 :

Ô18 GRÈCE CONTIlieiCTALB ET UOREE.

£U vov Mop^v l^eivav \ t^v irpci^v roC Matou.

Ilot» Iv' ^^ftOev t^ç Ila'rpaO kocv Sexoir^vTe fiCXia. Ëù66<( xactAXc fxTV)<Tav ^ov {xà t^ irXt^dfpi.

CiH ^ Kalo-Achtte, près de Panciên Mêlas, atijoord'hai fleuvt de Gomettitia , qoe dnt g'opérer le débarquement nentkNUié ici par la ohroniqaeur , et oh y inonire encore les mnnillas dq chttean de brkpieaqu'y eonslraisirent les Fraoçak

Em continuant à naviguer dans les eanx du golfe, la vue Ta s'amlMlliaMnt è chaque finsunt. Sor la droite on distingue dans le lointain les pittoresques montagnes de la Monte* les monts de Calavryia , le pic de gantam^ri , le rocher de KUemoulzî ; et sur la gauche, en Etolie, deux monta rocheux d'une coupe fort pittoresque et fort diverse, k Vantova et le KhIokoTe.

£n bee de ces deux montagnes aux belles pentes raplfies et tnx belles couleurs, dont les aspects varient à chaque lienre de la journée e| qui servent d'ornement Si toute cette partie du goUé, apparah la nouvelle ville de Patras.

I/antiqne ville de Fatras était située sur ia colline , et die y rMa même jusqu'il la fin de la domination turque. Mais qnand tout eut été brâlé et détruit , et qu'après le départ d'Ibrahim il ne resta plus que des débris de mure incendiés, les habitantt de Patrae, qu^atttraient en ce lieu les avantages d'un port de mer , de belles fontaines qu'on jl'avait pu tarir, ti« wd fécond qu'on n'avait pu refidre improductif que pour peu de tempe en en arrachant de force ies vignes et raisinsde Corinthe, choisirent un emplacement lihis conforme aux besoins nouveaux de la société et k la sécurité dont elle allait jouir ; ils descendirent dans la plaine et ^r le bord de la mer. Patras n'est encore qu'un tracé de grande yiiie plutôt qn'one viUe ; mais çà et b il y a de bonnes maisons et toujours de belles rues , mm pavées oneore ,

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