I.ÉPANTB
eomme dans la Grôco intérieure » tous ne voy^z le soleil que qoanU il a dépassé le sommet des montagnes et qu'il est déjà dans sa forcer
J'avais le dessein d'aller par mer de Fatras à Lépante et de visiter le couvent de Yarnakova ; mais ie ^entêtait contrairei et il me fut impossible d'aller môme h IViissolonghi* Je pris donc le parti de m'en aller par terre le long du golfe, et je partis de bonne heure pour Vostitza. Le chemin suit le bord de la mer, et on a constamment sous les yeui les dem^ belles montagnes de Yara^ova et de Khlokova de l'au^ tre côté de la mer ou plutôt sur l'autre rive de ce beau lac« Pendant l'hiver ou a à passer quelques torrents t tçls que le Charadrus; mais, au moment de mon passage» tous étaient à sec , et leur lit était couvert de cailloux roulés , embarrassant la route , mais ne la rendant pas dangereuse. Après une heure et demie de marche on arrive près du cap Rhéum, sur lequel est bâti le château de IVlorée; et tout en face, de l'autre côté, à deux mille mètres de distance « le château de Roumélie : tous deux fermeraient au besoin ce Bogaz ou ces petites Dardanelles. Quelques débris d'un are de triomphe sont encore visibles sur la plage de IVlorée. A une heure de marche au delà on passe près du village de prepano, au delà duquel s'avance , avec son ancien nom , le cap t)repanum. Cette ville est mentionnée par la C4hro-^ pique de Morée à propos de l'arrivée du des|)ote d'Aria près de Guillaume de Yille- Ilardoin, qui s'était rendu à Fatras.
*Àtçal tb Ap/îtavov irepva xat ^XOev eI; t^v ITiftpav. ' ' (Pag. è4.)
On aperçoit en effet , tout en face « J^épante et son ehâ^^ tean on ruines dans une situation Airt pittbrèsqtte*
Le khani de Xantho^Pyrgos, que j'ai entendu prononcer Psatho-PyrgOf est à une demi-lieoe de là. Je m'y arrêtai ooe hf«re ponr faire reposer tel oheviivx 01 m'tssis mt \t
594 GBÈCB CONTINENTALE ET HOREE.
bord de la mer. Le temps était un pea sombre, et les montagnes ne se détachaient pas avec vigueur ; mais Pair était calme et la mer tranquille et d'une couleur uniforme. On aperçoit d'un côté les montagnes situées devant Fatras et de Fautre celles situées devant Gorinthe, et l'œil se prolonge sur toute l'étendue du golfe. Deux ou trois petites barques à voiles erraient çà et là sans troubler cette solitude; c'étaient, de loin, comme des cygnes qui se promenaient avec calme sur les eaux. Si ce golfe était animé par la présence de quelques bateaux à vapeur , tout y recevrait une nouvelle vie. Les Autrichiens ont offert d'aller jusqu'à Loutraki, si le gouvernement grec voulait envoyer un bateau à vapeur prendre la correspondance à Calamaki : et le gouvernement grec n'a pu avoir un bateau à vapeur.
Du khani de Xantho-Pyrgos à Yostitza la route s'embellit à chaque instant. Les montagnes se couvrent de verdure , les champs se cultivent peu à peu ; et la route , au lieu de suivre tout à fait le bord de la mer , se perd le long des derniers versants des montagnes , qui s'étendent jusqu'au golfe. De cette hauteur la vue devient charmante, car en bas est la mer et à l'horizon la chaîne des montagnes qui s'étendent du Parnasse au Cythéron. Cette vue ne m'apparut qu'un moment, car la pluie, qui s'annonçait dès le matin , commença à tomber , et je me trouvai heureux de trouver un refuge dans un moulin abandonné. Ce ne fut que deux heures après que le temps reprit une nouvelle sérénité , et je me remis en route. En redescendant on se retrouve près de l'ancien Portus-Enius, qui conserve aujourd'hui le nom d'un de nos chevaliers français du moyen âge : les Vignes de Lambri. Le sire de Lambri possédait en effet cette partie de la côte , et son nom se trouve fréquemment mentionné parmi ceux des grands feudataires dans les diplômes du quatorzième siècle.
Un peu plus loin , on aperçoit au milieu des champs de grands pans de murailles antiques. Ce sont les restes de l'antique ville de Rhypes. 0e là on découvre un port assez