‹ La Grèce continentale et la MoréeChapitre 7 sur 68 · LETTRES GRECS · texte numérisé non relu

LETTRES GRECS

es Benizelos, les Peroulos, les Liboaas, les Kavalaris, les Kapetanakis, les Néris* , les Taronites, les Kodrika, les Gaspari , les Beoaldi , les de Ga ^, les Macolos , les Latinos , les GaeraDos. C'est parmi eux qu'on choisissait les geos chargés de gouverner les affaires publiques, et ils portaient l'ancien nom d'archontes^. Quant à la science , cette Atbènes , qui était autrefois le siège des lettres et de la sagesse, est devenue au contraire le siège de l'ignorance et de la barbarie; de telle manière qu'à peine un seul , je ne dis pas parmi le peuple le plus grossier, mais parmi les hommes les plus nobles, savait signer son nom. »

Il ajoute ensuite les exceptions, qui sont, dit-il, d'après Spon:

L'hègoumène on abbé du monastère de Kaisariani dans THymette , surnommé Jezechiel , savant en grec ancien , en médecine et dans la philosophie platonicienne ;

L'archevêque d'Athènes qui avait gouverné cette église pendant vingt-quatre ans au moment de l'arrivée de Spon^ en 1675 ;

Un nommé Geoi^e , médecin de l'île de Crète ;

Demetrius Benizelos , que Spon avait rencontré à Zante, homme d'un noble et beau caractère et eu même temps un des savants les plus éclairés qui se trouvassent en Orient; il connaissait fort bien l'ancien grec et le latin et possédait tontes les branches de la philosophie ;

Un Benaldi, fort versé dans la connaissance du grec ancien, connaissance toujours estimée avant les autres.

' Peut -être desceDdants iliégitimes d'un des Acciaiuoli, ducs d'AtlièDes , qui portèrent ce nom de Neri ou Renier.

' Peut-être issue d*un des de Caeu , que les chroniqueurs byzantins appellent de Kae. Un croisé français de ce nom suivit, en 1 201 , Baudoin II à Nc'grepont après la perte de Consf antinople , et se fixa d»ns la principauté française d'Acbaye. L*orlhographe de ce nom *^* Kà indique uneH)rigine française.

' Le gouvernement d'Attiènes sous les Turcs était aristocratique ^t placé sous la présidence du Disdar-aga, capitaine de l'Acropolis

90 GRECE COMTINENTAIE ET MOREE.

A propos de ce Betialdi « Tauteor de la chroniqtte greOiae d'ÂthôneB maHuscrite donike o&e lettre écrite par lui , ail nom de sa patrie^ à la gradde église (celle du pairiàrcai de Gonstantinople). Cette chronique mentionne auBsi les iioiiis de plusieurs Qreos qui, dans le cours du dix-huitième siècle, avaient été forcés , par Tabsence de tous moyens d'iâslroctlon dans les tilles grecques, d'aller étudier dans les nniveriités étrangères, et qui, de retour dans leur patrie, chen9hè4 rent à suppléer è ce début d^lnstraetioa de lettre oàm^Mi^ triotes par leurs fondations généreuses i lehrs leçone et U création de ptusieui^s écoles. Tels furent i

Grégoire , sui^oommS Soiei^ {iê i^tiutiewf ) à oaniie les services qu'il rendit à sa patrie. Il succéda à Jacob * danë rarcbevôché d'Athènes, et se distingua à la ^s par etô talents poétiques, se^ oennaissanees littéraires et scientifiqUbs et ses bienfaits. A son retour d'Iialie, il acheta une maison qu'il transforma en école ; il la dota eonvenablenlent et y donna lui-^roéme des leçons gratuites. En 1796 il fonda une autre école , à Monemhasie , pour les sciences et les lettres , et Itii légUa Sa bibltbthèqne.

Paisios enseigna au temps de Grégoire Soter et eut pt>ur élèves Demetrius Gblogeras^ Demetrius Gapitanékia» Mi* chel Paléologue^ Jean ToornaviiiS) Nicolas CaODoris et beaucoup d'autres hommes distingués, et 4 entra autres, Éphraïm, patriarche de Jérusalem*

1 Les ftrchevê(}uës d* Athènes sont, duputs rot^nutiatldn de la Morte pni* les Vénitiens jusqu'en 1800 :

GyHlIé eu » 1686

Méletlas 1705

Jacob t . . 1714

Grégoire soter. . « . 171d

Edcliarids * 1736

AnthimOS 1743

Barthélémy 1764

Bénédiet. « . ^ . > « 1761

Athanasios* . . i ; . 1765

Pdttl ; l^vftnt m gi^c ancien et en philoeo)}hie i q»i , I ià màiti de GaTâlaris, hégoumène dti menastère de ICatfia* riani , Ini snccéda dans cette dignité.

Atbahâse le Péloponnésien, qui avait étttdiéaù ibonaâtère de Pathmos.

Meletiu$ de Joannina , successeur de Cyrille dans l'âr^^ eheTécbé d'Athènes , et second métropolitain de cette ?illé depuis rinvasion vénitienfte , auleni^ d*anè Bisteire eeelé-» siastique.

Demetrius Bodas.

Samuel Gonvelanos , d'Athènes , élève du grammairien Bessarion et de Sophronius.

Jean de Ca , d'Athènes , qui fonda une école dans cette ville , la dota et Tehriehit d'îiîie bibliothè(|det

Michel de Ca.

Le gràtntnairîen Bessarloti, mort le S? mai 1765.

Balanos de Joannina.

Demetrius Michel de Ca.

Jean benlzelos, d'Athènes, et plusieurs autres.

Le ii&dâcieut' de cette chronique grecque d'Athènes rà* ct^Qte que Ce fut dans l'école de Jeati de Ca qu'il étudia k g^ammaire en 1 ?tiS , et qu'ensuite il étudia la logique -, h phyrique et là rhétorique soiis Demetrius Bodas amené, eu 1777, de Joannina par Dorothée, tl ne autre école publique^ avait été aUssi fondée à Dimitzaiia en Arcâdie. Elle était fort célèbre avant la révolution grecqiié , et elle possède encore une assez belle bibliothèque, tjn bel évangéliaire, qui faisait partie de la bibliothèque de Oluiitzana , a été envoyé récemment à la bibliothèque publique d'Athènes.

Des Gt'ecs établis à Venise , k Vienhe , à Smyrne , à Constantinople, à Londres, dans toute l'Europe, envoyaient alors de l'argent ^wt entretenir ces écoles , payaient l'éducation de quelques-uns de leurs jeunes Compatriotes

^ L*état de la culture intellectaeUe des Grecs avant leur révolution a été fort bien décrit dans un volume publié à Genève par M. JaG0vaki-Ri2ô, homnie d'esttrit et écrivain facile.

dans les universités étrangères , et faisaient publier à leurs frais de bonnes éditions des auteurs anciens; ainsi que le firent les frères Zozime, qui encouragèrent les utiles travaux du savant Coray. Ainsi se conservait sur le sol grec et dans les cœurs grecs le culte de la patrie antique , ainsi les Grecs se préparaient à mériter une patrie nouvelle ; ainsi surent-ils se la conquérir, et sauront-ils , je l'espère , la conserver, Tagrandir et la civiliser.

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