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publics qui couvraient de grands espaces. » « Les cités
crétoises (Laurent. Essais sur la politique sociale. I. La Grèce antique, p. 122) avaient un communal très étendu, cul- tivé par une classe spéciale de serfs, dont les produits pour-
voyaient exclusivement aux repas publics et servaient en outre à nourrir les familles des citoyens. À Tarente on accordait aux pauvres l’usage commun des propriétés. » Mais il ne s’agit pas ici d’une institution communiste. Ces biens communs affectés à l’usage de tous sont nécessaires pour les humbles dans les sociétés rurales et ont toujours existé, car leur disparition réduirait la classe des paysans nonpropriétaires à une misère sans remède. À Sparte on pouvait utiliser l’esclave, le chien, le cheval et les vivres des autres en cas de besoin. Mais on ne saurait parler ici de communisme, car c’est de l’égalité dans l’utilisation des richesses, la vie quotidienne, non de l'égalité des richesses dont il est question. - |
Les Grecs connaissaient des repas publics ou syssities,
‘institution officielle et obligatoire dont parle déjà l'Iliade.
« À Sparte, dit Plutarque, il n’était permis à personne de manger chez soi d'avance et d'arriver rassasié aux repas communs. On observait attentivement celui qui s’abstenait de boire et de manger avec les autres et on lui reprochaït publiquement son intempérance et sa délicatesse à l'endroit des mets que tous devaient partager. » (cité par Laurent, p. 124).
Ces syssities étaient-elles une institution communiste P Nullement, car pour citer l'exemple le plus célèbre : celui
des repas publics de Sparte, nous remarquons d’abord que
ni les femmes, ni les enfants n’y assistent, ensuite qu'un seul repas par jour était commun, celui du soir (les autres donc étaient pris chez soi) surtout que chacun apporte sa quote-part, 54 kilogs de farine, 26 litres de vin, une somme pour la viande, 5 mines de fromage, 2 mines et demi de figues par mois, donc une partie de ses revenus, ce qui implique la propriété privée. Ce n’est pas l'Etat qui paye. D'autre part, les pauvres n’y participent pas : l'institution est fort peu démocratique. Les repas ont lieu par petites réunions séparées « on se réunissait au nombre de 15, un peu plus ou un peu moins » (Plutarque). Chacun choisit
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sa place et les autres doivent l'agréer, Les syssities étaient donc à Sparte, bien plutôt un moyen de discipline militaire et d'observation des règles de la tempérance, qu'une institution communiste. F3 40 NC Les syssities crétoises imposaient aux riches l'obliga- Hon de nourrir les pauvres, Athènes distribuait du blé, offrait des repas publics à l’occasion des sacrifices, payait des eitoyens pour l'exercice de leurs fonctions civiques, ré- - partissait même entre eux les excédents budgétaires, notamment les reyenus des Mines du Laurium. Toules ces mesures recherchent non une mise en commun de la propriété, mais un soulagement de la misère ; remède d'ail leurs inefficace : Athènes déyora la richesse publique et privée jusqu'à la ruine totale,
est d'unc importance capitale en Grèce, En effet, la terre €st la source principale de la richesse, sauf dans quelques
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(6) Guiraud, La propriété foncière en Grèce.
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ntration déjà accentuée de la richesse agricole
nt la petite propriété rurale, A la fin du v° siè-
moyenne ef la petite propriété y prédominaient : 9,900 citoyens sur 20.000 — les trois quarts — possédaient le sol ; le possesseur de 30 hectares était un grand proprié-
, 4 As. + Û taire, donc presque aucun Athénien ne dépendait d'autrui
et « sa dignité de citoyen prenait sa source dans l'prgueil naturel à l’homme qui se sent maître sur un coin de terre » (7), C'est là que les luttes sociales eurent le moins de violence, car les capitaux mobiliers, nés du commerce
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et de l'industrie, équilibrèrent le capital immobilier et les
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nes fut rapide, Un propriétaire d'Agrigente tirait de ses. était dominé par un millier de grands propriétaires. Certains Thessaliens occupaient plus de 200 à 300 serfs. A Sparte, les lots primitifs des 9.000 « Egaux » gravitaient autour de 8-9 hectares, augmentés après la conquête de la Messénie d’une portion de territoire sans doute inférieure. Mais la réputation de son armée et ses conquêtes pendant la guerre du Péloponèse y firent affluer les richesses. Dès le milieu du v° siècle, Agis possède 5ao talents et les accusations de corruption ne se comptent plus, Au début du
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(7) Guiraud, Etudes écongmiques sur l'antiquité.
iv* siècle, il reste de 1.000 à 1.500 Spartiastes munis de
droits civiques et de biens fonciers, chacun jouissant d’une propriété d'environ 5oo hectares. La crise économique et la dépopulation précipitèrent la concentration : à la fin du 1v° siècle, une centaine de propriétaires possèdent les 300.000 hectares de la Laconie. Le nombre des évincés grandit sans cesse. Les grands propriétaires sont impitoyables. C’est que depuis l'introduction de l’économie monétaire et l’exten-
sion du trafic, les conditions économiques et sociales ont
été sans cesse bouleversées : une première grande crise se déroula pendant les vi‘ et vi° siècles, une seconde à partir du 1v° siècle. La monnaie a remplacé l'antique valeur d’usage des marchandises par une valeur commerciale. Le grand propriétaire, pour garder son rang dans une société transformée, a besoin de toujours plus d'argent, et la valeur des produits du sol baisse constamment, soit parce que l’importation agit sur les prix, soit parce que les nouvelles sour-
ces de gain ouvertes par l'industrie et le commerce donnent
un profit bien supérieur, et ainsi la vie devient de plus en plus chère, la valeur de l’argent baisse sans arrêt. Alors une partie ‘des propriétaires abandonne la terre et s'adresse au commerce, les autres restent et arrondissent leurs domaines régulièrement ou non. La concentration de la propriété foncière et l’abandon de la terre se développèrent parallèlement depuis le 1v° siècle. La culture ne paie plus. Là où la campagne n'est pas dévastée par les guerres incessantes, l'élevage remplace les cultures riches et le pays est vide.
SECTION II. — L'agriculture dans les nouveaux royaumes I. — Les richesses agricoles de l'Orient. &
Les pays exploités par les Grecs jusqu’à la fin du rv° siècle présentaient une certaine uniformité de climat, de paysage et de ressources naturelles : à Cyrène, à Syracuse, à Milet comme à Athènes, règne une végétation d’arbustes, d'arbres fruitiers, de légumes et de fleurs, partout les céréa-
A les cédaient le pas à la vigne et à l'olivier de plus grand rapport et plus appropriés à la nature du sol.
__ L'Orient ouvert à la colonisation grecque au 1v° siècle, comporte tous les climats, toutes les végétations, toutes les ressources. À côté de l'Egypte, de la Syrie et d’une partie de l'Asie Mineure, imprégnées de l'atmosphère méditerra-
néenne, l'Arménie, là Perse, la Babylonie, l'intérieur de l'Egypte subissent un climat excessif ou tropical. À l’Arménie glacée et déserte succède la riche Mésopotamie, en Egypte le désert côtoie la vallée la plus fertile du monde. Le domaine des Séleucides comporte le désert arabique, les steppes sans fin du Touran, mais aussi la Babylonie « une véritable oasis » (Toutain, p. 133), les côtes surpeuplées de Syrie, de Cilicie et de Troade, les vallées prospères de l'Oronte, du Jourdain, du Cyrus et de l’Araxe.
| Les Lagides sont les mieux partagés. L'Egypte fournit -en abondance « le blé, l’orge, le dourah, l’oignon, l'ail, la fève, les pois, les concombres, le melon, le poivre, le papyrus, le lotus, l'huile de sésame et de cici, le vin, les figues, le persea, le corsium, le palmier, le sycomore, le lin, le coton, les lentilles, le laurier, le myrte, les roses, les violetles, le miel » (Lumbroso, Recherches'sur l’économie politique en Egypte sous les Lagides, p. 95).-Ses bœufs, ses chèvres et ses oies sont célèbres. Le gibier est abondant : canards sauvages, lièvres, gazelles, bouquetins, antilopes, bœufs sauvages, hyènes, lions, sans parler des crocodiles et des hippopotames. Les Egyptiens connaissent la pêche au harpon, à la ligne, à l’épuisette, à la nasse, à la senne.
Les Lagides ne changèrent pas le mode d'exploitation rurale. Les conditions spéciales du pays ne permettaient pas de renouveler, de faire des expériences, mais seulement de poursuivre et si possible d'améliorer dans le même sens la politique des Pharaons. Ils s’entendirent avec les princes éthiopiens pour empêcher une déviation du Nil. Ils luttèrent contre les sables envahisseurs. Ils réglèrent lentlrée et la sortie de l’excédent d’eau conservé dans le lac Mœris. Ils eurent des nilomètres pour prévoir l'étendue de l’inondation.
L'Asie Miñéüré, rélativemeñt moitis florissanté qe l'Egypte, est découpée dé vallées extrémémient fertiles. L8 Mysie et la Troade produisent du blé, du vin, du bois, de la pôix, élèvent des chevaux ét des moutons. Süf Îles bords du Pont Euxin croissent la vigne et l'olivier, de mêmé qu'en Pâmphylié, en Cilicie, à Chypre. Le centre de la pé ninsule, Chypre, la Pisidie, fournissent des ééréales, de l'érge, surtout en Pisidie. Jusqu'aux confins de l'Arménie, pôussént À profusiôn Îés arbres fruitiérs, l4 vigne et l'oli- Vier. Les forêts dti Pônt de la Pamphylie, de là Cilicie et de Chypré alimentent les ateliers de construétions navales. Partôut, l'élevage des chevaux, des bœufs, des moutons et des chèvres est prospère.
L4 Syrie, là Palestine, la Mésopotamie 6nt aussi lat: mosphère et les réssources méditérranéénnes : drge et fro: ment, vigne et olivier, légumes et fruits. Mais la Mésopotäfnie, la Baäbylonie ét la Susiane sont surtout de grandes plaines à céréales. & Il n’ÿ a pas de contrée sur la terre qui produise autant d'orge que là Babylonie, on assure eñ éffet qué lé reñdernent d'un champ d'orge y est de 30 pour ufñ » (Strabon, cité par Toutain, p: 180): Les Macédoñièns oft acélirnaté la Vigne jusqu'en Perse et elle y réussit méfveilleuser“ent. La fertilité des vallées du Tigre et dé l'Euphiaté présenté d'ailleurs uh caractère précaire du fait qu'elle est subordonnée à l'irrigation. Le elimat ést un effet désértique ét là terre ne peut donc être féconde que là où l'eau est distribuée régulièrement et abondamment: Alexandré ét 8es successeurs surént remettre en état les canaux d'ifrigation ét dé dérivation du Tigre et de l'Euphraté in: férieurs, obstrués ou envasés. Le seul arbre est le palmier qui fourfit, d’après Strabon, « lé pain, le vin, le vinaigre, le miel et la farine ».
__ Le 5% se récolte en Bactfianie, en Susiane et en Babylônie ; lés plantes afomatiques, telles que le balsamieï, surtout en Judée. L'élévage du cheval très pratiqué déjà par lès Achémétiides, fut poursuivi activement par les Séleudides. Les Raraäs royaux d'Apamée de l'Oronte comptaient plus de 80.600 juments ; à Âpamée égalément étaient intallés 5oo éléphants.
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