III. — La condition des ouvriers
L’esclavage décroît à l’époque hellénistique. Il est presque inexistant dans l'Egypte ptolémaïqueé. Sans doute le rapprochement des races mettant fin à la distinction du Grec et du Barbare, l’expansion de la philanthropie athénienne et du stoïcisme, l’idée de la fraternité humaine ontils influé dans le sens de sa disparition, mais surtout il cor- respond à un système économique périmé.
La main d'œuvre libre (relativement libre, l'Etat trouve des ouvriers comme il veut) suffit à toutes les tâches en Egypte. Il y a pourtant des esclaves. Les Grecs d'Alexandrie ont des concubines esclaves. Alexandrie est un grand marché d'esclaves. On y vend « les nains d’Ethiopie, les pantomimes alexandrins, les femmes destinées au
(12) Glotz. Le Travail dans la Grèce ancienne, p. 584. (13) Glotz. Le Travail dans là Grèce ancienne, p. 427. (14) Glotz. Le Travail dans la Grèce ancienne, p. 450.
concubinage, les esclaves beaux et instruits », (15) mais l’esclave disparaît en tant qu'instrument de production. À côté de la main d'œuvre servile, des condamnés de droit commun travaillent dans les mines et dans les carrières. Les artisans libres sont très nombreux. Ils sont en général groupés dans des corporations de métiers. Ces corporations sont répandues surtout en Egypte.
« À Thèbes on connaît les trois corporations des prosecteurs, des embaumeurs et des gardiens des morts ; à Alexandrie, les broyeurs de dourah et les déchargeurs du port formaient deux Sociétés autonomes » (16). La condition des artisans libres est très dure, en Egypte par exemple. Les salaires sont médiocres et la fiscalité écrase l’ouvrier comme le paysan. Du moins a-t-il moins à craindre le chômage et la famine que l’ouvrier grec, grâce à la construction des villes et à l'essor de l’industrie.
G5) Lumbroso. Recherches sur l’économie politique chez les Lagides, p. 65.
(16) Toutain. L’économie antique.