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déclarée, on tient le pire pour permis, la perfidie, le vol, la piraterie ne sont pas déshonorants entre Etats. Les Grecs se firent des guerres d'extermination. Le particularisme, l'individualisme des cités grecques rendent la soumission . d’une ville à l’autre absolument impossible. Qui veut pos-
séder une ville doit en anéantir les citoyens. En Grande Grèce, Sybaris fut rasée par Crotone. Mantinée et Messène le furent par Sparte. On tuait le plus souvent les hommes et aussi les femmes et les enfants, quand on avait assez d’esclaves et qu'on ne pensait pas les vendre avantageusement. Les hommes de Milos et de Scioné furent massacrés par les Athéniens, dont le plus doux traitement consistait à vendre les femmes et les enfants, ou tout au moins à expuiser la population vaincue lorsqu'elle voulait installer des colons à sa place. La Grèce fut bientôt pleine d’exilés. Quand Alexandre fit proclamer aux jeux olympiques de 324 le rappel de tous les bannis, 20.000 personnes furent délivrées de l'exil. 1/20° des hommes adultes de la Grèce entière. Egine conquise par Athènes en 457 tombe définitivement après l’exil de la grande masse de sa bourgeoisie. Les guerres puniques ont ruiné la Sicile grecque. La guerre était un péril perpétuel et terrible. On se défendait par conséquent jusqu'à l'extrême avec toute la force du désespoir. En 200, les habitants d'Abylos, assiégée par les Macédo- : niens, se suicidèrent en masse pour ne pas tomber en leur pouvoir. Les Grecs mirent sur pied une quantité d'hommes invraisemblable par rapport au chiffre de leur population. Sans les mercenaires, Athènes mobilisait régulièrement au moins un dixième de sa population et parfois plus du quart : en 431 elle arma 30.000 hoplites et autant de gymnites pour la défense de l’Attique. La Béotie avait 200.000 habitants quand elle envoya 18.000 hommes combattre à Délion. En 354, elle en arme 13.000, en 280, contre les Gaulois, 10.000. Malgré l'épuisement de la Grèce au milieu du 1v° siècle, la ligue achéenne mobilisa de 30 à 40.000 hommes.
L’effort financier ne fut pas moins formidable. Les dépenses athéniennes pour la solde seule des soldats de l'armée sur le pied de guerre, supposée de 20.000 fantas- “sins et de 1.000 cavaliers, sont de 13.500 francs-or par
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jour, soit 5 millions par an, ce qui correspond à la plus grande partie des ressources normales du budget. Il faut ajouter les dépenses pour les fortifications et surtout pour l'entretien de la flotte : en supposant une flotte de 300 trirèmes (inférieure à la flotte réelle d'Athènes au 1v° siècle), la dépense de l'entretien des équipages pendant un mois est de r million. Le chiffre des dépenses de guerre normales ne tient évidemment pas compte du désordre de l’administration, du gaspillage des généraux, des spéculations des payeurs aux armées et des fraudes des fournisseurs. Voici maintenant quelques dépenses de guerre : le siège de Potidée en 432-430 coûta 15 millions de francs-or, celui de Syracuse 100 millions, la première phase de la guerre du Péloponèse, qui dura 10 ans, engloutit 100 millions, la guerre cntière en coûta 300.
Or, le budget normal d'Athènes dans le temps de son éclatante prospérité était de 6 à 12 millions. Aussi de temps en temps le Trésor était-il à court pour payer les marins ou construire une nouvelle flotte. En outre les revenus d'Athènes sont fortement compromis par la guerre : ce sont en effet les tributs des alliés, les taxes douanières et les frais judiciaires (abus de l’impérialisme athénien : les alliés étaient obligés de se rendre à Athènes pour discuter et résoudre leurs procès). Mais les alliés écrasés sous des contributions de plus en plus fortes, se révoltaient fréquemment. Le tribut fédéral disparaît après la guerre du Péloponèse, reparaît et disparaît à nouveau après l’écroulement dela seconde ligue athénienne.
Les taxes douanières sont d’un revenu considérable : Athènes recevait des produits de tout le monde connu : laines, peaux, papyrus, métaux, vins, étoffes, onguents et distribuait au monde entier vases, cuir, tissus, quincaillerie, bijoux, tableaux, miel et huile. Mais les taxes ne peuvent être levées quand le pays est envahi et Athènes vaincue ne peut plus obliger ses alliés aux frais judiciaires. Donc augmentation énorme des dépenses et chute totale des recettes. La guerre détruit par les deux bouts l'existence économique des républiques grecques. Les efforts imilitaires trop supérieurs aux possibilités financières, finirent par
mettre en danger l'existence de l'Etat et du peuple athéniçn.
Dans un. ays d'évolu ion rap
Dans ution rapide, la guerre dérangea
les rouages des SR HUIORS et précipita fs xore les chanements. L'Etat dut suppléer à [a pénurie à e ciloyens ré- Sliant es massacres, en étenda ant le droit d e cité. « À Ar-
| FA après une guerre malheureuse comtre les Spartiates,
nombre d les vrais citoyens deyint si faible qu'il fal lut donner | le droit de cité à une foule de p érièques » (4). Les cités armèrent les classés inférieures’ qui prirent donc en fait une importance que les constitutions leur refusa aient.
} fan modifier les copstitutions nouvelles, cause de trou-
ji “re effets de la guerre sur l'agriculture furent terri-
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bles : la liberté des mers est pour "Athènes une question de vie ou de mort, puisque par la mer arrive le ravitaillement en céréales. La guerre amène le blocus, la course. La peur du manque de pain contraint les paysans à renoncer à leurs cultures fructueuses de la vigne et de l'olivier pour semer du blé, qui rapporte peu et difficilement. D’autre part les invasions de l'ennemi se traduisent le plus souvent par des déprédations et des pillages. La faible étendue des états grecs lui permet d'arriver d'un seul coup au cœur du pays et de tout détruire. Pendant la guerre du PBéloponèse « les Lacédémoniens envahirent l'Attique sous la conduite d'Archidamos, leur roi. Ils dévastèrent la campagne, détruisirent le blé en herbe et rentrèrent dans leurs foyers » (Diodore de Sicile). Au premier bruit de l'approche de ces colonnes infernales, les. esclaves s'enfuisnt, le bétail est lâché à l'aventure : perte sèche même si l'ennemi ne vient pas. Les alertes découragent les cultivateurs qui préfèrent abandonner leurs champs et se réfugier à l'abri upe enceinte fortifiée. L'activité économique est paralysée. Les étrangers s'en yont. Les « eisphorai » successiyes enlèvent d'un coup jusqu'à Bo % du revenu des fortunes athéniennes. Il faut organiser un seryice d'assistance publique pour les orphelins, les invalides, les mendiants. Les conséquences sociales et économiques de la guerre