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(4) Fustel de Coulanges. La Cité antique.
des cités sont infinies. La fréquence et la férocité des guerres ne peuvent qu'aboutir à la catastrophe de la société grecque. Chaque cité est à la merci de l'étranger quel qu'il soit, perse ou macédonien, qui par son or, lui permettra de se relever et de vaincre. Vainqueurs et vaincus sont donc : également asservis.
À mesure que les maux sont plus grands et plus visibles, les auteurs célèbrent plus ardemment la paix, préchent plus désespérément la concorde. « La guerre nous a dépouillés de tout : la sécurité de notre pays, la possibilité de nous procurer ce qu’il faut pour vivre, la concorde nationale, le bon renom chez les Grecs ; elle nous a fait pauvre, nous a jetés au milieu de périls innombrables, elle nous à rendu infâmes auprès des hommes de notre nation » (Isocrate — De la paix). Xénophon, célèbre lyriquement le... futur retour de la paix : « Avec la paix reciendront à Athènes, marchands, navigateurs, industriels, artistes, poètes, philosophes, ouvriers, tous ceux qui vivent des dons de l'esprit et du corps, tous ceux qui travaillent avec la pensée ou avec les bras. Les riches seront exemptés des dépenses militaires, le peuple abondera de tout ce qui est nécessaire à la vie, les fêtes seront solennisées par le plus grand faste, les édifices publics seront restaurés, l'Etat reconquerra l'estime et le respect des Hellènes, toutes les classes sociales tressailleront de joie... »
Aristophane chante la paix, la joie de vivre, le retour du paysan à son champ. « J'ai soupiré après toi et je cours maintenant revoir les vignes et les figuiers que j'ai plantés dans ma jeunesse. Je sui haletant de les saluer de nouveau après une si longue absence ». « O Paix, véritable donatrice du raisin, avec quels mots je voudrais te saluer ? Salut, Ô richesse des champs, salut Ô amie de l’art ! Quand tu apparais, les cités réconciliées conversent et sourient bien qu’encore brisées de souffrances et de blessures... » (Aristophane, La Paix).
Mais les Grecs ne semblent pas avoir l'énergie nécessaire pour arrêter leur course à l’abime. Après la fièvre de la guerre, il n’y aura plus que le vide, l’inertie et la trahison. La Grèce ne connaîtra plus qu’une paix sans gloire et sans liberté.