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attique. Tous les autres Etats grecs firent de même et les” vieux alphabets tombèrent partout dans l'oubli, symptôme d’un courant favorable à l’unité vivant dans le peuple.
L'idée de la singularité de la Grèce pénètre dans.les masses. On admit que par son climat et par sa conception de la cité, elle avait une supériorité essentielle sur les monarchies des pays chauds ou les peuplades des régions froides. Les auteurs prêchent la réconciliation. £
Aristophane insiste dans Lvysistrata sur la parenté de race des Grecs, attestée par leurs sänctuaires communs d'Olympie et de Delphes et indique aux adversaires leurs véritables ennemis : les Barbares. Le Grec doit considérer qu'il fait partie d'une communauté qui comprend toutes les cités d’origine et de mœurs grecques. Platon voulait faire réaliser ses projets de réforme politique par les tyrans de Sicile. Il pense qu'une guerre de Grecs contre des Grecs est une guerre civile et le signe que la nation est malade. Le sentiment panhellénique se manifesta lors de l’ouverture d’une souscription pour rebâtir le temple d’Apollon à Delphe Chersonèse à Naucratis et de Phaselis à Sélinonte. |
L'unité intellectuelle et morale devait fatalement avoir une répercussion dans le domaine politique. La force des choses oblige d’ailleurs les cités à s'appuyer les unes les autres contre les attaques du dehors. Partout se forment des unions locales. Des cités jadis rivales s'unissent par synoecisme. L’Argolide et la Corinthie se fondent en un Etat, les Céline se groupent autour d'Olynthe, les Arcadiens autour de Mégalopolis.
Cet associationnisme est fondé, soit sur l'égalité des droits des participants dans le cas d’un rassemblement de villes voisines et analogues, en Béotie et en Chalcidique par exemple, avec prédominance d’un certain régime politique, et généralement pour se défendre contre un autre groupe ; soit sur la soumission de nombreuses cités même éloignées, à une autre plus puissante, qui a les attributions diplomatiques et militaires — donc l’hégémonie — telles Sparte et Atènes, groupement à but précis, précaire par conséquent quand le but est atteint. En tout cas ces formations politiques restèrent des agrégats mécaniques d'états
sans unité intérieure, toujours prêts à se dissoudre à la pre-
mière Occasion, qui n’arrivèrent jamais à une fusion orga-
nique, même dans le cas le plus favorable, celui de l’empire athénien. De plus en plus après la guerre du Péloponèse, la première formation prédomina. En 408, les villes de Rhodes et des îles voisines Chalcé et Télos entrèrent dans un état unitaire. Les citoyens de toutes les localités étaient considérés comme Rhodiens, de même que les citoyens des villages de l’Attique passaient pour Athéniens. De la même façon se fit, en 370 l’union des cantons du sud-ouest arcadien autour de Mégalopolis. Byzance accorda au moment de la guerre des Alliés, son droit civil aux villes voisines Selymbrie et Chalcédoine. La tentative des Argiens d’incorporer Corinthe à leur ligue fut annulée par les Spartiates après la paix d’Antalcidas, mais le fait qu’elle put être entreprise et échoua seulement grâce à l'intervention étrangère, n’en reste pas moins remarquable.
De tels synoecismes par lesquels les villes participantes étaient complètement absorbées dans la nouvelle cité, étaient seulement applicables sur un territoire limité pour que l’exercice des droits politiques ne fut pas pratiquement impossible à la plus grande partie des citoyens. I] fallut aussi des circonstances exceptionnellement favorables pour décider des citovens de villes grecques à un complet abandon de leur autonomie municipale antérieure et les essais dans ce sens eurent généralement à vaincre une très vive résistance. Dans la plupart des cas on se contenta de la création d’un état fédéral fortement centralisé, chargé de la défense commune et de la célébration des fêtes communes.
Sur le modèle de la deuxième confédération béotienne fut organisé, après Leuctres, un état fédéral arcadien: La ligue thessalienne organisée quelques années auparavant par Jason de Phères est aussi fortement centralisée. Dans la première moitié du rv° siècle, la Phocide et l’Achaïe transformèrent leurs ligues assez vagues en états fédéraux solides. Enfin l'Epire reçut une formation politique analogue, mais sous un roi.
Tous ces états fédéraux avaient une constitution analogue dans les points essentiels. Partout le droit civil fé-
déral permettait le mariage, la libre installation et l’acqui- à
sition de la propriété foncière dans tout le territoire fédéral, le droit d’élire les autorités fédérales et le droit de participer aux assemblées fédérales.
Vis-à-vis de l’étranger, chaque ligue formait un tout avec le droit de paix, de | guerre et de conclusion des traités. Ælle avait à sa tête une autorité exécutive commune, le pouvoir résidait dans l'assemblée et dans son comité permanent, le Conseil, Les poids et mesures étaient communs. Les dépenses communes étaient couvertes par le produit des douanes ou, s'ils ne suffisaient pas, par des contribu-
tions matriculaires. Chaque ville de la confédération était
pleinement autonome pour le règlement de ses affaires intérieures, mais par sa seule existence la ligue imposait une
certaine uniformité de constitution. Des constitutions oli-
garchiques et démocratiques ne pouvaient être réunies dans la même ligue. La forme de l’état fédéral était done au milieu du 1rv° siècle la forme étatique dominant dans une grande partie de la Grèce.
La deuxième confédération athénienne et la ligue des villes italiotes restèrent des unions assez lâches, par contre, là où des Barbares étaient en contact avec le monde rer. l'union des villes aboutit à la formation d'états viables, le plus souvent sous la forme de monarchies militaires, ainsi Chypre ayec Euagoras, la Sicile avec Denys, l'état du Bosphore avec la maison des Spartokides. Du reste la formation de nombreux états moyens solides, était en soi un danger pour l’unité nationale et Sparte qui, au début du rv° siècle, représentait seule l’idée d'unité, s'opposa constamment à cette évolution, mais la poussée des unions locales brisa sa puissance. Pourtant les ligues ont indirectement encouragé l’idée d'unité. Grâce à elles, le peuple s'habitua à regarder au delà des murs de sa propre cité et elles prouvaient que la cité pouvait, sans perdre ses droits, s'intégrer dans une plus grande unité politique.
À côté de ce phénomène naturel d’associationnisme, l'idée qu'une unification de la nation était nécessaire pour que la Grèce ne se déchirât pas en luttes intérieures et ne
evint finalement la proie des Barbares, pénétra depuis la