CHAPITRE PREMIER
(DE L'ÉPOQUE CLASSIQUE à ET DE L'ÉPOQUE HELLÉNISTIQUE | ans
L'économie grecque classique avait pour cadre la Grèce de la péninsule balkanique et les îles — en tout 55.000 km° — fragmentées en centaines de cités qui formaient autant a nr états “minuscules. D’'Homère à Alexandre, l’agriculture n’a s pas changé. L'industrie, faute de capitaux et de matières premières abondantes, est restée au stade de l'atelier. Les commerçants ont augmenté le volume de leurs transactions, = sans étendre notablement leur rayon d'action — dès le dé- but considérable — et sans accroître la vitesse des cominu-
nications. La famille est restée Le support de la vie économi- que. Les femmes et les esclaves savent cuire le pain, abattre ; É bétail, filer, tisser, faire les chaussures. Marchés et débou- 4 chés sont restreints : l'empire commercial d'Athènes qui s'étend sous Périclès à 15 millions d individus, est une brillante et fragile exception. L'agriculture est extensive, l’industrie de qualité non de masse. On vante les tapis de Milet, les poteries d'Athènes, les armes d'Argos, mais au- cune ville ne réunit les conditions indispensables à la créa-
tion d’une grande métropole économique. Athènes est le centre du monde : à égale distance de Syracuse et de Byzance, de Rhodes et de Tarente, mais lors de sa plus grande
prospérité, elle dépassa à peine, avec le Pirée, 100.000 ha-
bitants. ‘ | ne À la fin du 1v° siècle, la fondation des nouvelles monar-
narchies bouleverse les conditions économiques. Les diadoques, obscurs généraux d’un royaume à demi-barbare, se trouvent souverains absolus d’éempires énormes. Leür tâche est arduc ét inultiple. Au point de vue politique, il s’agit
de gouverner avec une poignée d'Européens des milllions
d’indigènes. Alexandre égalait les Perses aux Macédoniens et donnait des femmes perses à ses généraux. À sa mort
éclata la réaction macédonienne : tous, sauf Seleucus, répudièrent leurs femmes ; les Grecs eux-mêmes furent momen-
tanément écartés. Les rois sont avant tout macédoniens, ils
s'appuient sur une caste militaire, ils né perlént pas la lan-
guc de leurs sujêts et ils n’en connaissent pas les coutumes. Au point de vue économique, les diadoques continuè-
rent l’œuvre d'Alexandre qui $e résumait en quelques
mots : explorer — coloniser — exploiter. ot Explorer d’abord : Alexandre s’est enfoncé dans la
Masse continentale de l'Asie peu où point connue jus-
qu'alors, il à parcouru en quelques années un territoire im- |
imense. La sécurité militaire, l'intérêt économique, 1e goût de l’aventure et la curiosité scientifique sont également in-
, LE 2e
téressés à ce qu'il soit reconnu de plus près. Il s'agit d'en
préciser les limites, d'en dénombrer les ressources et de pousser le plus loin possible dans les directions qu'Alexandre à indiquées : la vallée du Nil, la Caucasie, le Touran, l'Inde.
Coloniser ensuite : Alexandre a fondé plus de jo villes
disséminées du Nil à l’Îndus. La Grèce est pleine d'aventu-
riers, d'exilés et de mendiants qui ne demandent qu'à
« faire trafic » et à reformer leurs cités de Grèce en Asie.
Sur les bords du Tigre ou de la Mer Rouge, des villes s'élè-
vent. Grâce à leur initiative seront exploitées les richesses qui dormaient dans les empires de l’Orient.
Alexandre a donné le branle à l’activité économique. s’est occupé des ports, des routes, de l'irrigation, de la na-
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