‹ La Grèce de la Décadence: Aux Points de Vue Économique et SocialChapitre 9 sur 44 · FROMENT ORGE · texte numérisé non relu

FROMENT ORGE

(hectolitres à l’hectare)

HUE R NE. . 2,5 — 3,5 5,5 — 6,5 Dalaine se A 8 LOC MIN LOL 3,5 — 6,5 — 8 Lemnos 7"; 12 — 18 24 — 25 ii tel 40 UT 7,5 8,5

-alors que la production moyenne de la Grèce actuelle est de 6 à ro pour le froment, 10,5 à 11,5 pour l'orge et que celle de la France en froment est de 18.

ME, — Les modes d'exploitation rurale.

La terre était exploitée par son Does soit direc- Li lement, soit indireetement.

Les paysans propriétaires furent sans doute assez nome breux du moins dans le territoire des eités à constitution ET démogratique, eu plus généralement dans les régions

d'émiettement de la propriété tels que éertains points d'Asie Mineure, les îles. 1[s eultivaient eux-mêmes avee l’aide de Jeur famille et parfois d’un ou de deux eselaves, Les clérou-

ques athéniens, par exemple, devaient exploiter eux-mêmes 3 4 les lots de terre qui leur étaient impartis. Il en fut ainsi à

l'époque classique, mais à partir de la fin du rw sièele, la hausse des prix et la erise économique, suites de la eoneurrenee des pays neufs, firent disparaître les petits possédants.

Un gertain nembre de plus grands propriétaires, gardiens des traditions horaériques, étaient sans doute eapables de mettre la main à Ja eharrue. Mais le plus grand nombre se reposait sur une main- d'œuvre servile eu libre du goin de eulliver la terre. Depuis le 1° sièele, tyrans et philosophes s'efforeèrent de epnvainere leurs seneiteyens de travailler de leurs propres mains, preuve qu'ils ne le faisaient plus. Les propriétaires ruraux préféraient habiter Ja ville et's’ occuper des affaires Jubliques.

La moyenne et la petite propriété employaient généralement des esclaves. En Attique où prédominait la petite propriété foncière — ]a majorité des fonds couvraient moins de 6 ha., la plupart des autres avaient de 6 à 50 ha., quelques-uns seulement étaient de grands domaines atteignant 300 ha., — ils étaient fort nombreux. Quand les Spartiates pénétrèrent dans l’Attique, pendant la guerre du Pélopanèse, 20.000 s'enfuirent. « Chaque propriété, grande ou petite, avait des eselaves ». « En Grèce, existait une masse énarme d'esclaves, employés dans l'agricuiturs » (4).

La main-d'œuvre agricole comprenait également des journaliers libres en assez grand ob jusqu'au 1v° siè-

(4) Thucydide. Guiraud. La nrapriélé foncière, p. 48e.

€le, mais sans cesse refoulés par la concurrence servile, C'était pour la plupart des métèques et des affranchie, liés €n général par un contrat à l’année, on les trouvait, par exemple, dans la banlieue d'Athènes, où ils s’oceupaient de

£ulitures maraîehères, | __ Le grande pre prédominait en Thessalie, en Elide, en Grande-Grèce et, à partir du 1v° siècle, en Laconie, Elle employait des esclaves, mais plus généralement des serfs de la glèbe. Il s’agit de populations autochtones, vain- + Gues par les envahisseurs du début de la période historique et maintenues sur le sol qu'elles exploïtaient dans nn régime de demi-servitude, Tel est le cas des Hilotes de Laconie, des Messéniens, des Pénestes de Thessalie, des Mariandy- . hiens d'Héraclée Pontique, des Aphamiotes de Crête, Parmi eux on comptait peut-être aussi des petits propriétaires ruinés qui avaient vendu leur champ sous réserve de poy- voir continuer le cultiver ; ou peut-être des possesseurs d'esclaves appauvris avaient-ils fait de leurs sujets des de- . mi-libres, Les serfs jouissaient théoriquement d'un statut légal que leurs maîtres ne pouvaient modifier à leur gré, ils doivent cultiver le sol au profit du vainqueur. Is ont le droit de rester sur leur terre : leur maître ne peut ni Jes vendre au dehors, ni les mettre à mort, Ils n'ont pas le droit de disposer de leur terre, Ils doivent fournir chaque année une part de la récolte : les Messéniens en donnaient la moitié, les Mariandyniens, semble-t-il, devaient fournir tout ce que les besoins, le caprice ou la tyrannie de Jeurs maîtres avaient demandé, Pratiquement Jes serfs étaient done traités différemment. Le péneste était mieux traité que l’hilete, qui était en dehors de toule garantie juridique et pouvait être impunément tué par les Spartiates. Jusqu'à présent nous avons traité des cas d'exploitation direete de la propriété rurale, Les Grecs ont connu également les modes d'exploitation indirecte : le métayage et le fermage, Un bon exemple du métayage nous est donné par les « pelatai ectémoroi » d'Aitique, antérieurs à Solon : ils versaient les 5/6 de la récolte à leurs maîtres, Mais le métayage disparut tôt.

Le fermage était très usité, mais appliqué surtout aux propriétés publiques ou saorées, Le paysan grec préférait

une personne morale à un propriétaire matériel et le 2rand propriétaire un régisseur esclave à un homme libre. Il donnait lieu à la confection d’un véritable contrat de bail. La terre est allouée pour 10 ans en général, parfois 20 Où 40, parfois pour une durée illimitée, c’est qu'il ue le plus souvent sur des terrains vagues à défricher. « À l'époque classique c’est le fermage à longue durée qui pat à l’agriculture de continuer l'œuvre des siècles précédents : © Ja conquête des terrains improductifs. » (6). Le prix est versé en drachmes ou en mesures de grains. Souvent le bailleur impose au fermier des obligations économiques, planter tant de pieds de vigne, tant d’oliviers, remplacer ceux qui mourraient de vieillesse — interdiction de couper aucun arbre, avec sanctions prévues. Le preneur fournit des cautions. Toujours apparaît la préoccupation de sauvegarder la valeur

du fonds.

el

Page 1