‹ La Grèce devant le CongrèsChapitre 18 sur 21 · BATAILLONS DE TRAVAILLEURS · texte numérisé non relu

BATAILLONS DE TRAVAILLEURS

Ils furent incorporés dans des bataillons de travailleurs et envoyés dans l'intérieur. Ces bataillons furent employés aux roules, aux constructions, au percement du tunnel du Taurus, à la culture des champs et des jardins des pachas ; on les fit marcher d(.'s centaines de milles à travers toutes les régions de l'empire. Ceux qui en faisaient partie ' furent réduits à l'état de squelette, tant par les plaines brûlantes de la Mésopotamie que par les montagnes glaciales du Caucase. Ils mouraieirt par dizaines de mille. Leur ration quotidienne était d'une do mi-miche d'un pain répugnant, agrémenté parfois d'un peu de poisson sec ou de deux olives; ils n'étaient pas vêtus. Des bataillons entiers succombèrent au typhus, au choléra, etc. Nombreux furent ceux qui furent massacrés par leurs gardes turcs, fatigués d'avoir à les surveiller. Un informateur de toute confiance me dit que 150.000 Grecs enrôlés dans ces bataillons périrent. A Ivoniah, le cimetière des chrétiens est rempli de ces malheureux, enterrés par cinq et six dans chaque tombe.

Environ 2o0.000 Grecs de Thrace et des côtes d'Asie .Mineure réussirent à s'échapper en Grèce et, parmi ceux-ci, 40.000 servent dans l'armée grecque en Macédoine.

De nombreuses désertions fournirent aux Turcs l'occasion de nouvelles atrocités. Les biens des déserteurs furent saisis, leurs familles déportées à l'intérieur. Aucune différence ne fut établie entre les déserteurs et les expulsés, car ces derniers continuaient à figurer sur les rôles de l'armée. Les procédés employés contre les familles furent identiques. A cause de 300 désertions dans le district de Kerassonde, 88 villages furent rasés dans le courant de trois mois. Environ 30.000

liabitaiits, surtout des femmes et des enfants, furent obligés de marcher en plein hiver jusqu'à Angora, sans avoir le droit d'emporter un seul objet avec eux. Un quart mourait en route. En décembre 1914, la ville d'Aïvali fut cernée par les Turcs. Tous les hommes furent arrêtés, leurs femmes et leurs filles furent violées, à la grande satisfaction du gouverneur qui disait : « Encore un ou deux raids comme celui-ci et nous aurons exterminé le dernier inàle; alors nous jetterons les femmes à la mer, à coups de pied. »

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