‹ La Grèce éternelle. Traduit de l'espagnolChapitre 11 sur 48 · L AME NATIONALE · texte numérisé non relu

L AME NATIONALE

« Ces vils tricheurs — dit un ministre anglais au moment de la guerre d'indépendance — n'arriveront pas à faire revivre les ombres de Léonidas, de Miltiade et de Thémistocle. » Ils ne semblaient point faits pour reconquérir leur liberté, en effet, ces (irecs hâbleurs, ces Grecs rapaces, ces (Irecs obséquieux, ces Grecs dont le nom seul était une insulte... Dans la vie paisible de l'Europe et dans l'existence désordonnée de l'Asie Mineure, ils étaient, eux, les plus souples aventuriers. Au fond de leurs yeux, les Turcs ne voyaient qu'un cynisme souriant. Mais à peine éclata le cri suprême de rébellion, toutes ces âmes qui paraissaient avilies, et qui peutêtre Tétaient réellement, trouvèrent la magnifique noblesse qui conduit à l'héroïsme et rend facile le sacrifice. Il faut lire la Veille de Rangabé pour se rendre un compte exact du souffle

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enflammé qui anima l'ûme grecque au momoiit de se soulever contre ses oj)presseurs.

La Veille estrépopée du patriotisme aveugle, le poomo do la folir sul)lim(', Thymne de ceux qui croient aux entreprises inouïes. Dès le début, nous nous trouvons en face du terrible problème de tous les peuples opprimés par de formidables forces. « Devons-nous nous soulever contre l'oppresseur ? » demande le peuple. Et les réponses, suivant qu'elles viennent de ce qu'on appelle en général : Raison ou Folie, disent non ou oui. — La liaison, par la bouche de Kalipatis dit à ceux qui prennent les armes contre le Turc :

— Debout sur le phis haut sommet de la montagne, je crierai d'une voix de tonnerre au peuple insensé : Arrcte-toi ! Oui, arréte-toi ; cache tes fusils, rengaine tes épées. l'u rêves de victoires, et tu n'arriveras qu'à voir la déroute. Reprends ton calme, ô ! mon peuple ! Si l'oppresseur découvre en toi un signe d'énergie, il comprendra (ju'il ne t'a ])oint laissé sans vie comme il se le figure, et il continuera son œuvre de cruauté pour te faire tomber, à la fin, inerte. Oh ! enfants sans jugement, qui prétendez trancher b^s montagnes avec vos sabres fragiles et qui tâchez de mouvoir les murailles cyclopéennes de vos faibles mains, combien

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