I. ami: NATiON.vrr. ns
déments vous êtes ! Si vous voulez savoir le noml)ro des soldais contre lesquels il vous faudra lutter, couipte/. les grains de sable de TArchipel. Quand nos ancêtres, ([ui ctaieut puissants, durent s'humilier sous le joug, comment pourrions-nous, nous autres qui manquons de forces, parler de nous allrancliir ? Pour chaque Grec qui empoigne une épée, cent Turcs viendront armés jusqu'aux dents.
Mais devant ces raisons, la Folie, loin de s'incliner, dresse fièrement la tête, et réplique par les lèvres de Floros :
— Nous voulons que David, par sa foi et sa simplicité, terrasse (ioliath. L'Hellène, toujours digne de ses glorieux ancêtres, doit suivre leui-s traces saus penser (|iie la victoire de Marathon soit ])i-éféral)le à la défaite des Thermopyles. Tu me dis (|ue nous ne possédons ni armes, ni naviies, ni canons, ni troupes. Peu importe ! Nous trouverons tout cela dans le cœur de rilellade sacrée. De quelles armes avons-nous besoin ? Le courage est la seule arme indispensable, et il ne nous fait pas défaut. Par surcroît, nous avons la foi, la passion, l'amoui-. Nous avons des âmes (|ui ne sont (|ii(' des fiagmcnts de rAm(^ de la j)ati"ie. l']t où le sang du pi'(Miii<'r combattant coulera, le sol s'entrouvrira |)our laisser sortir des légions invincibles.
KALii'ATis. ^ — ( )li ! l'Iol'os, iM'db'chis ; pèse les mots axant de le lancer dans raclion.
r,rt I.A GRECE ETERNELLE
FLOROs. — La victoire ne récompense point ceux qui doutenl.
KALiPATis. — Toute folle audace cause des désastres.
FLOROS. — L'audace est la mère des héros.
KALîPATis. — Elle est aussi la mère de la douleur.
FLOROs. — Bien heureux ceux qui souffrent pour la patrie !
KALIPATIS. — Insensés ceux qui sacrifient la patrie à leurs rêves !
FLOROS. — Oh ! père, père, tu verras flotter nos drapeaux aux sommets des montagnes !
Toute Faction de la Veille tient en cette lutte entre la Raison et le Courage, entre la réflexion et l'illusion. Les vieux Fanariotes, qui habitent Constantinople, et (jui sentent le pouvoir du Grand Turc, ne peuvent point ne pas se croire, aux moments de désespérance, esclaves pour toujours. De la Grèce forte il ne reste plus, en apparence, que le souvenir. Les traces de Sparte ont disparu et l'Eurotas s'est séché. Ceux qui appellent Léonidas dans la montagne, n'entendent que l'écho de leurs proprescris ([ui se perd danslasolitude. Athènes estun temple enruines. Au pied de l'Acropole végète une population misérable de pêcheurs albanais. A Nauplie, à Corinthe, à Patras, les bateaux qui emportent vers des pays lointains les fruits de la terre hellénique étalent sur leur pavillon le croissant turc. Lcàhaut seulement, dans les montagnes abruptes,