‹ La Grèce éternelle. Traduit de l'espagnolChapitre 2 sur 48 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Nymphes qui le changèrent en olivier pour (jue son àme grossière, enclose clans cet arbre sans pair, comprit enfin la Beauté.

J'y pense ! Le berger d'Ovide fut changé en olivier sauvage. La fable veut peut-être dire ceci: notre berger était un de ces esprits ridicules qui confondent le naturel avec Vinciille. La danse des Nymphes le choquait par son art parfait; il la jugeait trop réfléchie. C'est pour- (juoi les Nymphes le changèrent en olivier sauvage dont le fruit, par son àpreté et son aigreur, rebute le goût.

Au sujet d'Homère, Carrillo ne se laisse pas éblouir par les quiproquos de la science allemande. Son instinct l'avait tout de suite détourné des théories de ^Volf et de ses disciples. Eh bien! ces théories sont reconnues fausses à présent, et voici que l'instinct de Carrillo se trouve d'accord avec la raison et le vrai savoir clairvoyant.

L'admirable helléniste ^L Michel Bréal a pcrlinemmont établi, dans son récent ouvrage sur Homère, toute l'ajjsurdité de ceux qui assimileiil V/lindek des chants populaires. Le style (h' la poésie populaire est obscur, heurt(', iiulh^mcnt nai'ialif. Dans toutes ses com[)ositions le côté descrij)tif man((ue, et les détails n'y sont

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point jiiiK'iK's. Homère est tout juste l'opposé, jHiisqu'il brille non seulement p;ir la pensée haute et sereine, mais aussi par la parfaite ordonnance du récit.

Le livre de M. Michel Bréal débrouille sur tousles points la question, en rejetant les hypothèses faites au hasard, en confondant les oracles menteurs. La poésie de V Iliade n'a rien de j)rimitif, elle est le miroir d'une civilisation très avancée.

« Ce c|ui paraissait — dil M. lîréal — très loin de nous, représente, ;i le bien prendre, le passé d'hier. »

La littérature de la Nouvelle (irèce inspire à Carrillo des pages éloquentes où la sympathie déborde. Il parle des auteurs vivants qu'il a rencontrés à Athènes, et il rappelle la gloire des morts : de Valaoritis, de Solomos, de Kalvos.

Andréas Kalvos naquit à Zanle, île fameuse par la beauté de ses sites. 11 a chanté sa patrie dans la première partie de son unique ouvrage : La Lijre.

Ce poète possède une inspiration élevée, une foil ])elle cadence. Il fut longtemps obscur, puis, la jeunesse littéraire de Grèce rappela son oml)re dédaignée pour lui décerner des couronnes.

Kalvos professa un instant à l'Université de

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