‹ La Grèce éternelle. Traduit de l'espagnolChapitre 36 sur 48 · I. IMAGINATION POPl LAIRK · texte numérisé non relu

I. IMAGINATION POPl LAIRK

S('|)arali(»n. Siir-le-chaiiip 1 crniilo apparaît ol ordonne à Tzitzinanée de désenchanler le prince et de l'accompagner jusqu'à la ville où elle peut l'aider à vaincre ses ennemis. « J'entends et j'obéis, » — répond la fée des oiseaux. Le lendemain, en se promenant par les rues, les trois enfants font la rencontre du roi qui les reconnaît. — Immédiatement, il remet la reine en liberté et fait écaiteler sa j)ropre mère.

Car dans les contes de Grèce, comme dans ceux du reste du monde, tout finit par le triomphe des bons et le châtiment des méchants. Les ogres qui veulent manger les enfants, et les sorcières qui persécutent les princesses ; les belles-mères cruelles et les maris déloyaux; les sœurs envieuses et les rois injustes, meurent souvent précipités du haut d'une tour. Quelques-uns des êtres (jui finissent tragiquement dans ces histoires sont d'anciennes connaissances pour nous. Voici, par exemple, Barbe- Bleue, avec son grand palais, ses chambres pleines de trésors et ses clefs d'or et d'argent. Tout en lui est comme chez son frère, le terrible seigneur breton. « Ouvre toutes les portes ({ue tu voudras, sauf celle-ci, » — dit-il à sa femme. Et naturellement, sa femme ouvre la porte qu'elle ne doit pas ouvrir... Mais, à la lin, le conte grec ne ressemble plus au français : réponse du Barbc-Bleuo hellénique n'a pas

222 LA t.RKI.I-; ETKHNELI.E

l)esoin d'avoir recours à ses frères pour tuer celui qui veut être son bourreau. Elle-même, avec ruse et hardiesse, le précipite dans une fosse où un tigre le dévore.

De vieilles connaissances, nous en trouvons également parmi ceux qui ne succombent pas. Un renard (jui court les chemins, en précédant le carosse où se trouve son maître en compagnie <runc j)rincesse, et qui dit à tous les campagnards : « Ces champs appartiennent à Triowhogas », — c'est tout simplement le chat de Perrault qui, à chaque minute , s'écrie : « Ceci est au Marquis de Carabas. » Cendrillon, la voici telle que nous l'avons laissée dans notre livre d'enfance illustré par Gustave Doré. Avec une robe mystérieuse qui surgit d'une marmite enchantée, la sœur pauvre s'habille comme une reine quand ses sœurs la laissent seule, et pour aller au bal elle demande à la fée qui la protège un carrosse invisible. Au bal sa beauté et son luxe font une grande impression. Le prince la voyant, court après elle pour lui déclarer son amour. Elle fuit et, dans sa course, perd un petit soulier de satin, que le prince ramasse et remet à son majordome en disant : « Je n'épouserai que la demoiselle qui pourra mettre ce soulier. » — Peut-on rien trouver qui ressemble davantage au vieux conte français? — Et, cependant, ni de celui-ci ni des autres, on ne doit dire que les Grecs les aient entendus au cours de leurs voyages dans l'Occidenteuropéen.

Page 1