I.E ROMANCERO
Un manteau do damas couvrait la selle, et j)rotégeait contre la jjoussière le poil luisant du coursier. Les rênes étaient d'émaux. En la dextre, le cavalier tenait une lance verte, à lettres dor, de fabrication ai*abe. C'était un jeune homme charmani do visage, de tournure élégante et(|ui hiillail couimc un soIcmI au milieu de ses écuyers. » En ce cavalier, le peuple se plaît à réunir toutes les vertus et Ions les héroïsmes des |)r<Mi\ auli(|ues. EorI, il Vesl comme Hercule; lial)ile, couime l'iysse; hardi, comme Achille; beau, connue Jason ; juste, comme Nestor. Après avoii- vaincu les iVpélates enlevé Eudoxie, humilie' Ducas. il lulle coulre un dragon à trois tètes et le tue. L\MU|)eieur lui confie le gouvernement de la frontière de ri*>uphrate. Sui--le-chauij), la paix renaît dans les contrées autrefois agitées par les Arabes. Et (|uand meurt le héros, à trente-trois ans, l'Cj-ient tout entier le pleure. — De cette épopée, il ne i-est(^ (jii'une versiou saxaule i\[[ quiii/ièiue siècle. Mais il est certain (|ue sa priuiili\e forme fut C(dle d'un rouuuucio. « Les cliausoiis (|ui douuerenl naissance à ce poème — dit llesseling — npparlieuiu'ut à la litleralure de la noblesse i-urale. n l'ne fois (b'cmi\<*rt ce cliaiuon au momeni le plus obscur de lliisloire p()(''li(|ue gi*ec(| ne, la (haine app;u;iîl , C()in|)lèle.
Ceux (|iii oui nie a la nuise ixlcphlc l;i piirelé
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holléni(|ue, ne forniaisscnt pas làmo de la race. Si quelque chose existe, en elîel, qui ait conservé toujours sa saveur, son accent, sa beauté, c'est bien la noïx liarinonieuse el fière du peuple. La chanson de Diakos, jjrohablenient une des plus modernes, semble uiu' lapsodie, récemment découverte, de ([U(d(|ii(> poôme on rhonncMir d'Achille. « l'ue grande nuée de conibaltanls s'avance, noire comme une nuée de corbeaux. — Esl-ce Kalivas (|iii arrive? Ou bien Leventoivanis ?... Ce n'est |)oinl Kalivas (pii arrive, ni Leventoivanis. C'est Orner \'rionis (|iii s'avance contre les Grecs, à la tête de dix-huit iiiiUo Turcs ». Dès (pril TapprcMid, DiaUos dit à son lieulenanl, dune voix i'oi'le : « IJéunis mes braves, donne-leur de la poudre en abondance et des balles à poignées ». Le lieulenanl o])cit; mais les soldats, voyant Tennemi Irôs supérieur en nombre, préfèrent renoncer à lincgal combat. En vain, Diakos leur crie : « Soyez dignes de vos aînés !... » Sa troupe se dis])erse. Autour de lui, il reste seulement dix-huit héros. Dix-huit contre dix-liuit mille, c'est [)eu j)our vainci'e, c'est assez pour coin])attre. « Diakos se met à leur tète; son fusil éclate en cent morceaux; il tire son sabre et se lance dans la mêlée; il lue des Turcs sans compter, et sept bouloukbachis; et son sajyre se romj>t à la ])()ignée — et le héros tombe au |)ouvoir <h' ses ennemis, vivant et sans bl(>ssui-cs. » — Ainsi prisonnici', le (irec voit arrixci-