I.E ROMANCERO
(lame possôdo. » Le 'l'iirc se (h'giiise on inruuo, cl se fait suivre de deux mille soldats ([ii'il poste en embuscade dans les fossés. Il frappe seul à la formidalde porte en disant : « Oh ! porte hospitalière, om re-loi, pour {\uo jc^ ne meure pas an milieu delà iout(\ sans pain ni vêtements. » La châtelaine hésite longtcMnps avant de donner roi'dr(Mrinlr(i(luire le j)èlerin. lue voix mystélieuse l'avertit <pie sous ce froc ne bat pas un c(eur loyal. Mais il <>st si Iriste <rentendre une lamentation de clirt'licn. (jiie sa volonté fléchit. La chanson termine ainsi : « La dam(^ ouvre la j)orle. Toute la trouj)e des Turcs ])énètre dans la demeure et en passe les défenseurs an fil de r(''|)(M\ Les uns coiirenl Ncrs les pièces |)leines d'or ; d'autres, vcm's les pièces ])leines d ari;-ent. S(Md, le moine ne pense (|u'à la belle, à la belle (lame. I)<' ses brus Ira il res il leule de l'embrasser, lolle lui dil : lu as su avec perlidie prendre le château; mais j(> saurai garder mon honneur. — Et du liant de la plus haute terrasse, (die se précipite dans la mer. »
La l'ace greccpie send)le s'écrier : « Ou l'ainonr (|ui tue, ou le plaisir facile! » Et de celle double conccpl idu n;u'l I apparent conhasle cuire l'ànic de Saplio cl celle de Laïs, cuire I ;une de sacrilicc fougueux (>t l'àme de rri\iililc lasc-i\e. Dans le romancero, comjîosé pai- d'humbles cam|)agnai'ds (pii se font à j)eine
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une idée de ce qu'est la vie des grandes courlisanes et rorgio somptueuse, i'é|)icuréisnio seuliinental, la note galanle qui nous séduit souvent dans l'Anthologie, résonne moins fréquemment que la note intense. Le peuple, en Grèce comme partout, ne met en couplets, avec un sincère enthousiasme, que ses profondes mélancolies, ses nobles fanfaronnades et ses passions fortes. Quand un Grec se livre à quelque rude labeur, il est jjien lare qu'il ne chante point sa triste romance. « En montant à cheval — dit Chateaubriand — mon postillon hellénique commence une chanson qui dure tout le chemin. C'est presque toujours une longue histoire riniée (|ui endort les ennuis de l'homme. Les eouph'ts sont nombreux ; l'aii* triste. » Triste, en ell'et, toujours triste est le véritable chant du peuple, celui (|ni |)()usse dans les chamj)s comme un coquelicot sauvage. Les couplets qui disent la jalousie féroce^ de l'amant; les couplets (jni décrivent iwoc tendresse les grâces de la liancée morle; les coiij)lets c[ui pleurent les absences de l'époux (|ni parcourt les montagnes où sa vie est en dangei- ; les couplets dexalliilion. de douleur et de lièvre, enfin, sont la verilal)le expression du génie du peuple.