‹ La Grèce éternelle. Traduit de l'espagnolChapitre 8 sur 48 · LE CIEL DE L ATTIOUE · texte numérisé non relu

LE CIEL DE L ATTIOUE

Soudain accourent à ma mémoire quelques vers des Stances dans les([uelles Moréas comj)are l'horizon de Grèce avec celui de Paris. H Oh ! ciel parisien — dit-il — tu es pareil à mon ciel attique! » Et à peine ai-je prononcé ces paroles, il me semble voir mon illustre ami, ce matin de décembre, bien engoncé dans son pardessus, grelottant de froid sous une de ces grises et fréquentes pluies parisiennes, tandis (jue nous, en voiture découverte, nous sentons déjà aux épaules la douce chaleur du soleil athénien.

— Crois-tu, Maurice, (pi'il y ait quel({ue ressemblance entre le ciel sous lequel nous nous trouvons et celui (|ui protège les rêves de Mor<^as ?

Mon ami contemple l'horizon avec des yeux caressants. L'azur. est si pur, si égal, si absolu, {(u'il paraît n'avoir jamais connu ni taches, ni nuages. Près du zénith, le soleil resplendit comme un ostensoir de feu. Dans l'air (lottent, h'gères et folles, les miUo j)otites lumières aveuglaules des jours couleur d'améthyste.

— Non — murmure mon ami, en fermant à demi les j)aupirres. — .le ne crois pas ((ue l'évocation de Paris s'impose. Ce (|ui s'impose, dans ce clair éther(|ui élargit les horizons et découpe les sommets des montagnes lointaines avec des

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arêtes vives de cristal, c'est le souvenir de Tolède et du paysage castillan.

« Mon pays — me dit un jour le (irec Ange Tanagra, auteur d'un beau livre intitulé les Pêcheurs cVàponijes — mon pays ressemble, par sa race, par sa langue, par son caractère, par sa lumière, par son climat, à l'Espagne centrale. »

Et c'est fort exact. Cette matinée d'hiver attique me fait revivre les douces matinées de printemps tolédan, durant les([uelles je m'amusais à contempler dans le lointain la pureté des silhouettes humaines. A une lieue, je suis sûr que nous pourrions, d'ici, apercevoir sur la crête de la colline sèche qui se trouve à notre gauche, une forme féminine. Mais comme la campagne entière est déserte, nous nous contentons de regarder, au milieu de nuages blancs, les ailes palpitantes d'un oiseau qui nous suit depuis le port, nous présageant sans doute, par le mystère de son vol, de futures peines ou des joies futures.

A mesure que nous nous approchons d'Athènes, la tristesse de cette campagne nous sur- ])rend davantage. Ce n'est j)lus la solitude. Nous avons aperçu (|uelqiies maisons blanches, de ci, de là. Les enseignes de tiois ou ({uatre esta-

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