‹ La Grèce & l'Orient en Provence, Arles, le bas Rhône, MarseilleChapitre 7 sur 25 · LA MER ET LES ÎLES D^ARLES. IO · texte numérisé non relu

LA MER ET LES ÎLES D^ARLES. IO

magnificence de l'empereur Constantin, et dont les amorces des culées se voient encore sur les quais de la ville moderne.

Tout autour, des étangs assez profonds donnaient accès aux navires d'un faible tonnage, tandis que des chenaux navigables, entretenus dans cette rade intérieure, permettaient l'approche des grands navires et ouvraient la route de cette Méditerranée, riche entre toutes les mers, et dont le sillon est quelquefois plus fécond que celui de la terre la plus fertile. Des îles nombreuses émergeaient tout autour; les unes vaseuses et verdoyantes, échelonnées le long du fleuve ou perdues au milieu des étangs, couvertes de cette magnifique végétation qui se développe avec une si rapide expansion sur les terres alluvionales , nourries par les eaux du Rhône et échauffées par le soleil de la Provence; d'autres, rocheuses, comme les plateaux d'Arles, de Cordes et de Montmajour, présentaient au-dessus de cette immense nappe horizontale un relief beaucoup plus accentué. Telles étaient encore les collines de Castelet, du Mont-d' Argent, de Pierre-Feu, de Trébonsille, etc., qui semblent aujourd'hui de simples accidents de terrain au milieu d'une plaine en partie desséchée. Une population plutôt maritime que continentale habitait ces îles dont les coteaux étaient plantés de vignes et d'oliviers récemment importés par les Grecs; et leurs falaises calcaires et nues^ couronnées de myrtes verts,

IIO CHAPn'RE lltOISIÈME.

de genévriers de Phénîcie et cle houx sauvages ^ étaient battues de tous côtés par les petites vagues du Rhône, de la Durance et des étangs.

Les plus remarquables de ces îles étaient celles de Cordes et de Montmajour.

L'île de Cordes, située à quatre kilomètres d'Arles (i), paraît avoir été de tout temps un poste stratégique de premier ordre; et, bien qu'on n'y ait pas rencontré de vestiges bien déterminés présentant les caractères généraux des constructions celtiques, il est hors de doute qu'elle a dû être occupée de tout temps par les populations primitives du littoral soit comme poste d'observation, spécula, soit comme lieu retranché, oppidum ou castellum.

On a retrouvé, en effet, à la partie supérieure

(i) Insula de Cordoa, — Voir les anciennes chartes des archives d'Arles, et les divers actes d'échange qui ont été faits de cette île entre les abbesses de Saint-Césaire d'Arles, à qui elle appartenait autrefois , et les abbés de Montïnajour, qui l'ont possédée jusqu'à la révolution française.

Ermessendi, sancti Ccesarii Areîatensis antistitœ, permutât ionis nomine attribuit (Guillelmus de Ronnis, abbes electus Montismajoris) totum jus quod Monasterium Montismajoris in Cordea insula, et ad meridiem proxima, habebat,.. Scrîptis tabulis IV nonas Decembris anno MCCLIX. (Hist. Msc. abbat. Mont. Major. D, Claudii Chantelovii, in Guillelm, de Ronnis.)

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