XXIX
L'école critique ne craint donc pas d'avoir, quand il le faut, recours à la tradition.
Le même texte mentionne d'ailleurs une persécution qui eut lieu en Gaule sous le règne de l'empereur Dèce ; et l'on doit en conclure que la foi avait déjà fait, en Gaule et depuis un certain temps, d'assez grands progrès; car il est au moins logique d'admettre que les premières prédications ont été bien antérieures à l'époque de la persécution.
A l'appui de sa thèse, l'école critique cite aussi un texte de Sulpice Sévère, plus ancien de près de deux siècles que celui de Grégoire de Tours, et même, nous devons en convenir, beaucoup plus net. D'après ce texte, l'introduction du chris'ianisme dans les Gaules n'aurait eu lieu que vers le milieu du second siècle, sous le règne d'Antonin ou de Marc-Aurèle (i).
Ce sont là des témoignages importants, nous n'en disconviendrons pas ; toutefois personne n'ignore qu'on a relevé de nombreuses inexactitudes chronologiques dans les écrits de Sulpice Sévère, et notamment dans son histoire sacrée (2); et quant à Grégoire de Tours , malgré tout le
( 1 ) Sub A urélio, A ntoninifilio, persecutio quinta agitata; ac tum primum intra Galhas martyria visa, serins trans Alpes Dei religione suscepta. ( Sulp. Sev., Hist. eccles.,