‹ La Grèce moderne: héros et poetesChapitre 16 sur 48 · Contrée située entre Sparte et la mer · texte numérisé non relu

Contrée située entre Sparte et la mer

« Courage, enfants de Colocotronis, la Palamède 4 ne tiendra pas longtemps; ses murs sont jonchés de morts; les survivants ont faim et soif.

« Ils ont écrit à Constantinople pour demander à boire et à manger, car ils ne sont pas comme les pallikares, qui mangent la poudre et le plomb...

« Le capitan-pacha leur envoie ce message plein de fanfaronnades et de mensonges, ee message que leur apporte un navire autrichien :

« Tenez bon quelques jours encore. Pour le moment, ma flotte «invincible est arrêtée; les eaux sont basses; elles ne peuvent a donner passage à mes vaisseaux victorieux. »

« Car il ne veut point leur avouer que c'est Miaoulis et les vautours hydriotes qui leur opposent une infranchissable barrière. »

Miaoulis, ne laissant pas un jour de repos à ses équipages, poursuivit sans relâche les Turcs, qui tentèrent à plusieurs reprises de jeter des troupes en Morée. Il était secondé dans cette lutte par Tsamados, à qui Miaoulis portait une amitié toute particulière; par Sachtouris, Kriésis, Pépinos, Orlando, surtout par Constantin Canaris, dont la réputation grandissait chaque jour. La tactique de l'amiral consistait principalement à lancer ses brûlots, que les jeunes capitaines réunis autour de lui dirigeaient avec une incroyable audace et un rare bonheur. Profitant du désordre causé par ces machines incendiaires et de la démoralisation qui s'emparait aussitôt de l'ennemi, il donnait la chasse à des escadres entières, qui, la plupart du temps, ne résistaient pas à l'attaque de quelques navires. L'ardente humeur et la hardiesse de ses matelots, le petit nombre et le petit calibre de ses bâtiments, lout le portait à préférer d'ordinaire à de lentes combinaisons stratégiques une action vigoureuse soutenue par quelqu'une de ces rapides manœuvres dont il possédait le secret.

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