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Haute forteresse qui domine Nauplie

Les brûlots avaient fiai par inspirer une sorte de terreur superstitieuse aux officiers turcs, ignorants et crédules autant que leurs matelots. Un vaisseau à trois ponts, décore du nom de Bourlot-Korkmax (qui ne craint pas les brûlots), sortit à cette époque des Dardanelles. Ses flancs étaient revêtus extérieurement d'épaisses lames de cuivre destinées à le préserver de Palteinte du feu. Dès sa première Campague* il fut incendié à Samos par Canaris.

L'année 1834 s'ouvrit sous des auspices effrayants pour la Grèce. Le Grand Seigneur signa, vers la Gn du mois db janvier, un traité d'alliance avec le fameux Méhémet-Ali, pacha d'Egypte. Celui-ci promit à son suzerain de l'aider à exterminer les giaovrs, et reçut d'avance, pour prix de ce service, l'investiture des pachaliks de Candie et de Morée. Tandis que Méhémet-Ali équipait sa flotte et en confiait le commandement à son fils Ibrahim, Topai-Pacha, successeur du timide Abdoullah, quittait Constantinople. 11 avait ordre de faire disparaître l'ile de Psara de la surface des mers avant d'opérer sa jonction avec les Égyptiens. Psara était la sentinelle avancée de l'Archipel; ses habitants allaient braver les Turcs à l'entrée même des Dardanelles, et portaient leurs ravages sur le continent asiatique jusqu'aux portes do Smyrne. Leur nom était donc particulièrement exécré des populations musulmanes. Le sultan, s'étant fait apporter une mappemonde pour reconnaître la position de cette. île,

objet de ses perpétuelles terreurs, parut surpris du peu de place qu'elle tenait dans l'espace, et s'écria, dit- on, avec mépris : « Il faut que mon amiral efface ce petit point noir de la carte, et qu'il attache cette roche à ses vaisseaux pour me ramener. »

Le 20 juin, Topai-Pacha se montra en vue de Psara avec une si grande quantité de navires , que la mer en était littéralement couverte, au dire d'un vieux marin qui nous # fait le récit de cette fatale journée. Les Psariotes, n'écoutant que l'inspiration du désespoir, rassemblèrent leurs vaisseaux dans le port, en rasèrent les ponts, et les convertirent en batteries, résolus à se défendre jusqu'à la dernière extrémité. Tandis qu'un premier combat s'engageait en cet endroit, trois frégates turques tournèrent l'ile, restée sans défease sur le versant opposé, et y débarquèrent dix mille Albanais. Les Psariotes se trouvèrent pris entre deux feux, et les épisodes de cette lutte ne sont comparables qu'à ceux qui terminent la sanglante histoire de Souli. On vit des soldats blessés ou brisés de fatigue se brûler la cervelle afin de De pas tomber vivants aux mains de l'ennemi, des vieillards se tuer sur le cadavre de leurs fils, des femmes se précipiter dans la mer avec leurs nourrissons 1 . Enfin, douze cents braves se retranchèrent dans la haute forteresse de Palœocastron, qui contenait l'arsenal et la poudrière; ils y laissèrent pénétrer trois mille Albanais, mirent le feu aux poudres et se firent sauter pêle-mêle avec les assaillants. Quelques centaines de fugitifs réussirent cependant, la nuit

1. On nous a cité une femme, la tante, nous disait-on, de Constantin Canaris, qui, à l'âge de plus de cinquante ans, franchit à la nage un espace de trois milles et se sauva dans l'ilot inhabité d'Antipsara.

suivante, à traverser les lignes ottomanes sur des chaloupes abandonnées; ils passèrent à Syra, Hydra et Égine.

Pendant que s'accomplissait ce désastre, qui causa à la marine grecque d'irréparables pertes, les flottes dHydra et de Spezzia étaient une fois encore occupées à réparer leurs avaries. Les matelots se reposaient au sein de leurs familles, et bien peu de vaisseaux se trouvaient en état de prendre la mer* Quelques Psariotes abordèrent à Hydra et y firent connaître les calamités dont leur patrie venait d'être victime. Aussitôt le tocsin sonna dans les églises et dans les monastères, appelant la population aux armes d'un bout de l'île à l'autre. Deux heures après, Miaoulis levait l'ancre avec un nombre de navires suffisant pour tenter une rapide vengeance. Le 30 juin, il tomba sur l'arrière-garde des Turcs, qui se retiraient à Mytilène, en abandonnant à elle-même, sur le stérile rocher qu'ils venaient de conquérir, une garnison de plusieurs milliers d'Albanais; il coula à fond neuf galiotes et pénétra hardiment dans le port de Psara. Le vieil amiral, se levant alors de la place où il se tenait habituellement assis, saisit un porte-voix et s'écria , en rappelant les mots de la devise inscrite sur le pavillon grec * : «A terre, à terre, mes amis! la liberté ou la mort! » A ces paroles, les marins s'élancèrent dans leurs canots et abordèrent sous une grêle de balles. Leur élan fut irrésistible; ils égorgèrent ou

1. Le pavillon grec était assez compliqué : le fond en était bleu; une croix blanche occupait le centre; il y avait à droite une ancre enlacée par un serpent; à gauche, le hibou d'Athènes surmonté d'une couronne de lauriers, et ces mots pour devise : ©avoroç $ £>ev6sp(a, la mort on la liberté. Ce pavillon fut ensuite remplacé par un autre qui se compose de neuf bandes horizontales blanches «t bleues avec une croix au centre*

jetèrent à la mer «les Albanais, auxquels Topai n'envoya aucun secours, et ils repartirent, ne laissant après eux qu'un désert jonché de cadavres»

Cependant Ibrahim, ayant quitté Alexandrie, se dirigeait vers le Péloponèse, et Topai-Pacha se disposait à faire subir à l'île de Samos le même sort qu'à Psara. La crainte commençait à s'emparer des principaux chefs bydriotes. Le trésor public était épuisé, la plupart des navires incapables de tenir la mer. Les armateurs, appauvris et découragés, hésitaient à subvenir aux frais d'une expédition nouvelle qui menaçait d'absorber leurs dernières ressources. Toutes ces difficultés disparurent devant l'enthousiasme inspiré *u peuple par la grandeur du péril. La foule, conjurant les primats de pourvoir au salut de la patrie, envahit les maisons de ceux qui paraissaient céder au découragement , et les força de se rendre au monastère de la Panagia , où l'assemblée des armateurs ne tarda pas à se trouver au complet. Le poëte Alexandre Soutzo , qui assistait à cette réunion, raconte que, malgré sa grande jeunesse, il fut profondément ému à la vue de ces graves sénateurs presque tous blanchis par l'âge, célèbres par leurs vertus ou leurs grandes actions, et agitant le sort de leur patrie avec une majestueuse tranquillité, au milieu des cris et des démonstrations violentes de la multitude. Lazare Goudouriottis démontra qu'abandonner Samos, ce serait porter à Hydra un coup mortel. 11 fallait donc équiper sur-le-champ trentecinq navires, tandis que leurs voisins de Spezzia en armeraient vingt-cinq. Les Psariotes eux-mêmes pouvaient encore fournir à la flotte une dizaine de petits bâtiments. L'assemblée, que l'exaltation populaire avait rapidement

gagnée, acclama ces propositions. « Maintenant donc, s'écria Miaoulis, entrons dans nos murailles de bois; elles ont sauvé la Grèce sons Thémistocle, elles la sauveront encore au* jourd'hui. »

Les Grecs mirent à la voile au commencement du mois d'août. Le navarque gouverna sur Candie/ après avoir en* voyé son lieutenant Sachtouris, avec trente bricks, à la poursuite de Topai-Pacha devant Samos. La division de Miaoulis doubla, vers le milieu de la nuit, le cap Matapan, autrefois cap Ténare, que les anciens regardaient comme l'tiîi des principaux soupiraux de l'enfer. De pauvres ermites se succèdent de temps immémorial dans ces lieux tourmentés par de perpétuelles tempêtes, et consacrés par de sombres traditions. Les roches abruptes et dangereuses de Matapan sont encore aujourd'hui un objet de frayeur pour les pilotes de l'Archipel, qui racontent à ce propos une foule de funèbres légendes, et s'imaginent souvent y voir errer des fantômes de naufragés. Aussi ne fut-ce pas sans une secrète émotion que les superstitieux Hydriotes passèrent pendant la nuit auprès du terrible promontoire. Tout à tioup un immense feu illumina le sommet du rocher le plus voisin de la mer, et les Grecs distinguèrent une ombre gigantesque qui s'agitait et tendait les bras vers eux. Ils re> connurent bientôt que ce personnage, auquel les clartés vagues de la lune prêtaient des proportions colossales* n'avait réellement rien de fantastique. C'était l'ermite, génie inofîensif de ce site sauvage, qui, saisi d'une pieuse inspiration à l'approche de la flotte , là bénissait au passage du haut de 8a solitude, après avoir allumé un grand feu afin d'attifer les regards sur lui. Rassurés et persuadés que cette

circonstance était d'an heureux augure, les matelots s'agenouillèrent, et l'amiral répondit par une salve d'artillerie à la prière du cénobite *.

Miaoulis rencontra Ibrahim dans les parages d'Halicar* nasse, et il fut bientôt renforcé par la division de Sachtouris, qui venait de remporter un avantage près de Samos sur Topai-Pacha. Ce dernier ne tarda pas, de son côté, à rejoindre les Égyptiens. Les deux flottes musulmanes combinées offraient un effectif de 25 frégates, autant de corvettes» 8() bricks et schooners, et un nombre infini de transports, en tont près de 300. voiles, portant 80,000 matelots ou soldats, et 9,300 canons 2 . Le navarque d'Hydra n'avait à leur opposer que 70 bâtiments légers, 5,000 hommes et 700 bou? ches à feu 3 . Ces chiffres paraissent au premier abord inadmissibles, et ces combats, où les vainqueurs ne sont Jamais qu'une poignée d'hommes opposée à une multitude d'adversaires, semblent dépasser les bornes de 1a vrait semblance; mais tous les historiens grecs ou philhellènes sont d'un accord unanime sur l'énorme disproportion de forces qui existait entre les deux partis. On n'a pour s'en convaincre qu'à se reporter au temps où les hordes innombrables des Modes et des Perses, sortant des profondeurs de

1. Nous devons le récit de ce poétique incident au brave Leftôris, dont nous avons parlé plus haut, et qui faisait partie de cette expédition.

2. Histoiy of the Greek Révolution, by the late Thomas Gordon, général ol a division of the Greek army and a zealous promotor of the cause. London, 1844.

3. Les vaisseaux grecs les mieux armés ne comptaient pas plus de soixante-dix à. quatre-vingts hommes d'équipage, et leurs canons ne dépassaient guère le calibre de 12.

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l'Asie, venaient se briser contre l'héroïsme des phalanges sacrées de la Grèce.

Une première victoire fut remportée le 5 septembre 1824 par la flotte grecque à la hauteur du cap Géronte, voisin de l'antique ville de Milet. Topai-Pacha, découragé et brouillé ' avec Ibrahim, reprit le chemin des Dardanelles. Ibrahim tenta de tenir seul la mer et de parvenir sur les cotes de Messénie; mais le navarque, suppléant par une rare activité au petit nombre de ses vaisseaux, le tint constamment en échec, et finit par lui détruire en vue de Candie la plus belle de ses frégates et par lui enlever d'un seul coup vingt transports, qu'il livra aussitôt aux flammes. Les Égyptiens rentrèrent alors dans Alexandrie, et Miaoulis, ramenant son escadre à peu près intacte, reparut le 12 décembre à Hydra, où il reçut un accueil triomphal. Cette campagne est celle que le général Gordon * regarde comme la plus glorieuse pour les Grecs et la plus désastreuse pour les Turcs, qui, du mois de juillet au mois de décembre 1824, perdirent 3 frégates, 2 corvettes, plusieurs bricks, 50 transports et 15,000 hommes. Miaoulis avait, en divers engagements, consommé 21 chaloupes incendiaires et perdu un seul navire.

Ibrahim, qui surpassait en courage et en habileté tous les autres amiraux turcs, résolut de braver les dangers et les difficultés d'une campagne d'hiver, afin de surprendre les Grecs. Cette hardiesse lui réussit. 11 sortit d'Alexandrie dans les derniers jours de février 1825, et six semaines après il débarqua 11,000 hommes et 800 chevaux sur les côtes deMessénie r à l'endroit où s'élèvent les villes fortes de Modon et de Navarin ou Néocastron. Ayant mis le siège devant cette dernière

U Tome Iî, p. 168.

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place, il envoya 80 bricks pour s'emparer de Sphactérie, tle étroite et longue qui ferme d'un bout à l'autre le vaste demicercle dessiné par la rade de Navarin, et qui ne permet de pénétrer dans cette rade que par deux minces passages, l'un au nord, l'autre au midi. Sphactérie avait pour toute défense huit canons et 350 soldats sous les ordres de Tsamados, le meilleur ami de l'amiral Miaoulis. Cette faible garnison lutta avec acharnement pendant douze heures. Vers le soir, ceux qui avaient survécu aux combats de la journée se jetèrent dans des embarcations, trompèrent la vigilance de l'ennemi, et gagnèrent les côtes de Morée pendant la nuit. Avant de s'éloigner, ils avaient inutilement exhorté leur chef à les suivre; celui-ci avait répondu ces belles paroles, restées célèbres dans l'Archipel : < Fuyez, mes enfants, et dites à Hydra qu'Anastase Tsamados a fait une bonne mort. > Resté seul avec Sahinis et quelques compagnons déterminés, il s'enferma dans la citadelle, mit le feu aux poudres, et périt dans l'explosion.

A la première nouvelle de l'apparition d'Ibrahim, Miaoulis, qu'un -violent accès de* goutte retenait dans sa maison, s'était fait transporter à bord sur un brancard, et avait fait voile vers Navarin avec une vingtaine de bâtiments. Une affreuse tempête et des vents contraires lui interdirent constamment l'approche de Sphactérie, à laquelle il ne put porter aucun secours. Lorsqu'il apprit que Tsamados avait succombé, il éprouva une profonde douleur; laissant tomber sa tête dans ses mains et enfonçant son bonnet pourpre jusque sur ses yeux, ce qui était chez lui le signe ordinaire d'une violente colère, il jura de venger de son propre bras la

mort de son ami. Il voulait pénétrer pendant la nuit au mi-

lien de la flotte turque et semer partout l'incendie. Vainement Kriésis et d'autres officiers s'offrirent à exécuter ce coup de main, représentant au vieil amiral que ses forces le trahiraient peut-être, et que les devoirs de son commandement autant que son âge s'opposaient à ce qu'il remplît l'office d'un simple capitaine. Miaoulis resta inébranlable, c Croyez-vous, leur disait-il en redressant sa haute taille, que ce bras ne saura pas lancer un crampon et mettre le feu aux étoupes? Le droit de venger celui qui vient de mourir n'appartient qu'à moi! > Néanmoins, ayant appris qu'Ibrahim avait quitté Navarin pour passer a Modon, il changea subitement d'avis, et favorisé par une forte brise du nord, il tomba sur les Turcs à l'improviste au moment même où ils venaient d'entrer au port. Ces derniers levèrent l'ancre afin de gagner le large; mais, contrariés par le même vent qui poussait les Grecs sur eux, ils ne purent sortir. Miaoulis leur brûla une grande frégate, six bricks ou corvettes et vingt galiotes ; il ne pouvait offrir aux mânes de son ami de plus magnifiques funérailles.

Pendant le cours de la même année (1825), Miaoulis ravitailla trois fois de suite Missolonghi à travers les plus grands périls. Ayant tenté de jeter une quatrième fois des hommes et des vivres dans cette malheureuse ville, contre laquelle les Turcs avaient réuni leurs forces, il ne put accomplir son entreprise, et, après avoir tourné pendant plusieurs jours comme un lion furieux autour de l'ennemi, il se retira désespéré '• Nous n'insisterons pas sur ces opéra-

i. Les Missolonghiotes, conduits par Constantin Botzaris et par Karaïskakis, ne pouvant plus défendre leur ville, firent une sortie dans laquelle ils furent en grande partie massacrés.

tions, parce qu'elles n'offrent aucun incident vraiment digne d'être rapporté dans cette rapide étude. Pour la même raison, nous ne suivrons point le navarque dans les nombreuses rencontres qu'il eut avec les Turcs jusqu'à la fin de l'année 1827, époque à laquelle les insulaires, ruinés et dé- , cimes par sept années consécutives de combats et de victoires, auraient fini par succomber dans cette lutte inégale, si la France, l'Angleterre et la Russie ne s'étaient enfin entendues pour soustraire la Morée au cimeterre d'Ibrahim. On sait comment la bataille de Navarin anéantit en quelques heures la puissance maritime de la Turquie.

Les Hellènes, à peu près débarrassés des barbares, faillirent compromettre par des querelles intestines tout le fruit de leur héroïsme. Après avoir si glorieusement prouvé qu'ils tf avaient rien perdu des grandes vertus de leurs ancêtres, ils montrèrent malheureusement qu'ils en avaient aussi gardé tes défauts. Les diverses provinces de la Grèce présentèrent en ce temps- là un spectacle analogue à celui qui fut tant de fois offert jadis par ces petites républiques dont les sanglantes rivalités remplissent l'histoire. Les Rouméliotes et les Péloponésiens , n'ayant plus à verser leur sang en face de l'ennemi commun, se regardaient réciproquement comme des étrangers, et leurs bandes, se heurtant sur le sol ï^ragé de la Morée, en venaient parfois aux mains pour de futiles motifs*. Les capitaines les plus célèbres par leur bratoure et leur patriotisme se disputaient le pouvoir, et l'on

vit alors à Nauplie le farouche G ri vas, maître de la haute forteresse de Palaraède, user sa poudre et ses derniers boulets contre son ennemi personnel Straios, qui occupait à rentrée du port l'îlot fortifié d'Itsch-Kalé. Quant aux îles, on va voir la part qu'elles prirent à ces discordes civiles.

Miaoulis resta longtemps étranger aux factions, et lorsqu'on 1828 l'assemblée d'Heruiione, voulant couper court aux disputes des chefs militaires, confia le commandement des années de terre au général Church et celui de la flotte à lord Gochrane, il offrit spontanément sa démission, et consentit à servir comme simple capitaine. La lettre qu'il écrivit à ce sujet aux membres du gouvernement donne une haute idée de son abnégation et de son caractère. < Voilà sept ans que je ne cesse de combattre de toutes mes forces les ennemis de mon pays. Ni le sentiment de mon impuissance, ni la pesanteur du fardeau dont je me trouvais chargé, ne m'ont fait reculer devant l'accomplissement du devoir de tout bon citoyen, devoir qui consiste à coopérer de tout son pouvoir au salut de sa patrie. Depuis longtemps, la nation attend un homme assez puissant pour mettre fin au grand combat qu'elle soutient. Cet homme est venu * : je félicite la nation et le gouvernement de son arrivée. La marine grecque peut tout attendre de lui, et le premier je suis prêt à voler sous ses ordres à de nouveaux combats que mon âge me rendra pénibles, mais que mon cœur, qui n'a d'autre désir que le bonheur de sa patrie, acceptera toujours avec joie 2 . »

1. Cochrane, revenu du Brésil depuis peu et ardemment dévoué à la cause de l'indépendance hellénique.

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