‹ La Grèce moderne: héros et poetesChapitre 22 sur 48 · Mémoires de Coiocotronis, page · texte numérisé non relu

Mémoires de Coiocotronis, page

vier. Jean, frère de notre héros, était allé à Dimitzana où il avait un ami sûr; par malheur, cet ami était absent, sa maison fermée. Jean frappa à la porte d'un monastère; nu caloyer le reçut, le cacha, le nourrit et, saisi de crainte en apprenant le nom de son hôte, courut chercher les Turcs. Le fugîtif, assiégé dans une cellule, se défendit intrépidement pendant plusieurs heures, et mourut, comme tous les siens, le sabre à la main. Le caloyer, bourrelé de remords , chercha plus tard lui-même le châtiment de sa perfidie; il se livra entre les mains de Théodore Colocotronis, qui lui trancha la tête et laissa son corps sans sépulture.

Théodore échappait seul aux poursuites acharnées de l'ennemi; un génie mystérieux semblait veiller sur lui et justifier ainsi sa superstitieuse confiance en une sorte de protection surnaturelle. L'intrépide capitaine avait à Léontari un parent éloigné, du nom de Paraskévas, auquel il demanda un asile de quelques jours pour lui, sa femme et trois palli* kares opiniâtrement attachés à sa fortune. Paraskévas le reçut avec un feint empressement, l'enferma dans une chambre basse, et sortit pour avertir les Turcs. Pendant son absence, quelques paroles échappées à un enfant de la maison éveillèrent les soupçons deColocotronis, qui pratiqua un trou dans la muraille, et se sauva avant que personne eût pu se douter de sa fuite. Gomme il était tombé peu de neige, ses ennemis-perdirent sa piste pendant la nuit. Traqué partout comme une bête fauve, il arrive à Zygoristi 1 et apprend que les Turcs ont publié un firman qui exempte de tout

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