‹ La Grèce moderne: héros et poetesChapitre 23 sur 48 · Àrcadie · texte numérisé non relu

Àrcadie

THÉODORE COLOCOTRONIS. t69

impôt pendant quatre ans le village qni livrera morts ou vifs ces klephtes insaisissables, et qui promet de passer au fil de l'épée tous les habitants de celui qui leur donnera asile. Cette proclamation redoubla les dangers des fugitifs. Toutes les milices se mirent sur pied, battant les bois et les montagnes, comme s'il se fût agi de purger le pays de quelque monstre fabuleux. Forcé par les Albanais dé Misthra l dé quitter les impraticables ravins qui bordent la spacieuse vallée de Lacédémone, Colocotronis se jette sur la grande route de Tripolitza; il ébranle la porte d'un monastère; à sa grande surprise, accueilli par un spahis, il n'a que le temps de lui brûler la cervelle et de se sauver à toutes jambes. Un cheval portait sa femme et ses deux enfants. Il rebrousse chemin vers Carytène et campe le soir au milieu d'un bois, à une portée de fusil de cette petite ville. Mourant de faim, il attend impatiemment la nuit pour se glisser furtivement dans une maison et obtenir quelques vivres ; mais il trouve sous ce toit douze Turcs, heureusement endormis, par un de ces hasards qui, protégèrent si souvent sa vie; il se retire sans bruit et pénètre avec mille précautions dans une seconde, puis dans une troisième habitation : partout des Turcs. Découragé, et sur le point de rejoindre ses compagnons, il aperçoit de la lumière dans une misérable cabane, à l'extrémité du hameau : il y court; cette chaumière était la demeure d'une vieille femme chez laquelle les Turcs se seraient bien gardés de pénétrer, car elle faisait métier de sorcière. Théodore ^connaissait de longue date; il l'avait plus d'une fois consultée, et, plus d'une fois, elle lui avait

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