Acte I, se. m
PANAIOTTI SOUTZO ET GIOVANNI ZAMBÊLIO. 295
la gloire et du salut de la Grèce. Ils cèdent aujourd'hui à un moment d'erreur. Sonpes-y, Rhodios, leur existence politique date d'hier ; ils portent encore les traces d'un long esclavage. Et puis, avant mon arrivée, ils dirigeaient à leur gré les affaires du pays, tyrannisant le pauvre peuple et s'enrichissant du bien de la nation. Nourris de tels principes dès leur enfance, comment imiteraient- ils tous le magnifique exemple d'un Colocotroni, d'un Nikitas, volontairement' soumis à la force des lois ? Comment goûteraient-ils déjà les doux fruits de l'égalité des droits? Ils reconnaîtront leurs fautes. En attendant, si je tirais le glaive de la justice pour punir les fauteurs de l'injuste opposition qui m'environne, ne serait-ce pas pour le plonger dans les entrailles mêmes de la patrie, puisqu'il faudrait le diriger d'abord contre la poitrine des héros de son indépendance? »
Ces dernières paroles font allusion au vieux prince du Magne, Pietro-Bey Mavromichalis, détenu sans jugement dans la forteresse de Nauplie à la suite des insurrections qu'il avait fomentées. Pietro-Bey avait été pris les armes à la main. Le président, nous a-t-on dit, ne voulut pas le traduire devant un conseil de guerre; une condamnation certaine l'aurait forcé à verser ce sang illustre. En attendant, Constantin et Georges Mavromichalis, l'un le frère, l'autre le fils du captif, parcouraient les rues de Nauplie sous la surveillance illusoire de deux soldats qu'ils n'avaient pas de peine à séduire par le prestige de leur jeunesse, de leurs exploits et de leur argent; ils achetaient des armes et proclamaient l'usage qu'ils voulaient en faire. Voici quels propos tient en même temps Basos, l'un des factieux les plus ardents ! : « Puisqu'il a concentré le pouvoir dans ses seules mains, nous refoulant tous dans la glèbe, confondant ensemble toutes les classes de la société, le chef avec le soldat, le maître avec le serviteur; puisqu'il refuse de partager