‹ La greffe d'Albee: Sous anesthésie locale dans le mal de Pott: Indications et TechniqueChapitre 5 sur 19 · PHASE D'ETAT · texte numérisé non relu

PHASE D'ETAT

Elle va se caractériser par l’apparition d’une gibbosité plus ou moins marquée, d’abcès ossiffluents, et l'installation d’une paraplégie Ces trois ordres de signes pouvant co-exister ou se trouver isolément. La gibbosité médiane et symétrique est formée uniquement aux dépens du rachis d’après les auteurs classiques.

On l'apprécie surtout au dose) qui, en suivant la ligne des apophyses épineuses, est arrêté par la saillie de la gibbosité.

Les abcès peuvent constituer le seul symptôme d’une atteinte vertébrale. Ils ont été surabondamment décrits tant au point de vue processus de formation que voies migratrices.

La paraplégie représente la conclusion normale du tassement, de l’effondrement au niveau du rachis.

Elle participe également en plus de la compression médullaire de « phénomènes d’irritation inflammatoire, d’œdème et de myelomalacie » décrits par Dupré et Camus.

Il est admis que cette paraplégie des pottiques passe par trois périodes : d’établissement, d’état stationnaire et de regression qui sont d’une durée approchée de six mois chacune.

C’est à cette époque que le diagnostic radiologique ne permettra plus aucun doute avec ses signes d’effondrement vertébral, ses images de contours osseux mal limités dans tous les sens, et de fuseau paravertébral traduisant la formartion d’abcès ossifluents.

I est inutile de Ss’attarder. Disons simplement que cette période est celle du diagnostic patent du Mal de Pott. Peu à peu ces phénomènes regresseront et nous assisterons à la troisième phase de la maladie.

%) PHASE DE REGRESSION.

Elle sera caractérisée par des signes cliniques qui consisteront en latténuation progressive des paraplégies, la disparition progressvie des abcès froids ou le tarissement de leurs fistules.

Le seul intérêt sera celui des épreuves radiographiques faites à cette époque, qui montreront une nouvelle netteté

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des contours osseux, correspondant à-une cicatrisation anatomique des lésions comme le dit Sorrel dans le Traité de Chirurgie Orthopédique. Le cliché montrera une condensation marquée at niveau des lésions anciennes. Ceci étant surtout net chez l'enfant. | L'intérêt du diagnostic réside donc presque uniquement

dans un dépistage précoce de la maladie. En effet aux

moments où le diagnostic est évident et patent, sa connaissance n'offre plus ‘le même intérét du point de vue pronostic qu’à la phase de début. <

Nous pensons que deux. ordres de recherches doivent mettre sur la voie d’un diagnostic exact au début de l’affection :

C’est, d’une part, un interrogatoire Péce et “minutieux du malade, et deuxièmement un “contrôle radiographique absolument systématique dans fous les cas de doute, même chez

le vieillard, car, le Pott, s’il a son maximum de fréquence dans

l'enfance, n’en est pas moins une maladie de tous les ages | et il faudra y penser même chez un septuagénaire «qui pré- : sentera des douleurs rebelles à type rhumatismal et siègeant surtout au niveau du rachis.

Il conviendra également de porter avec précision le diagnostic. de la phase évolutive dans laquelle se trouvera le malade soumis à l'examen du médecin car:de cette précision dépend à notre avis, en grosse partie l'indication thérapeur tique qui va suivre.

En effet si chez l'enfant un traitement médical et de repos complet dans le decubitus suffit à amener la guérison par

ankvylose, il n’en est pas de même pour ladulte chez : qui nous

devrons apporter «in situ» les moyens de mener. à bien cette ankylose.et ce par l’osteo- synthèse vertébrale par greffon tibial.

Rôle du (ireffon

Ainsi chez l’adulte nous interviendrons chirurgicalement pour fixer au niveau des épineuses atteintes, un greffon osseux, permettant de favoriser la guérison par ADS

Par quel mécanisme ce greffon va-t-il agir ?

IE est facilement compréhensible que deux théories se soient fait jour. :

La première soutient que le rôle mécanique est primordial et que Vaction bienfaisante du greffon Wexiste que dans la mesure où il assure le blocage plus ou moins complet des articulations des corps vertébraux malades entre eux, et de celles sus et sous jacentes.

Ke er es —.18 — ER EE

Cette immobilisation forcée amenant à la longue l’ankylose voulue.

La deuxième, rejetant cette première théorie, ne voit qu’une solution à fournir à ce problème.

Un apport calcique massif au niveau malade, favorisant l’osteogénèse et d’autre part, une hypervascularisation impottante aidant beaucoup ce processus cicatriciel.

La première de ces théories semble peut être un peu trop exclusive. D’aucuns pensent que le rôle de blocage par le greffon ne pourrait en aucun cas avoir l'importance que certains lui prètent.

Monsieur le Professeur A. Aimes a greffé une malade sur 9 vertèbres dorsales et elle a conservé une souplesse importante du rachis.

La seconde théorie par contre semble comporter de nombreux points exacts. On tend à penser à l’heure actuelle que le simple ébranlement vasculaire causé par le traumatisme opératoire, serait un mécanisme important d’amélioration, le rôle propre du greffon étant assez réduit. l

Peut être pourrait on concilier ces deux thèses en restant dans la vérité et admettre que le greffon par apport calcique local, favorise l’osteogénèse locale et contribue ainsi puissamment au blocage articulaire visé et que, portant sur plusieurs apophyses épineuses qu’il immobilise en les bloquant partiellement, il facilite mécaniquement l’ankylose, mais que néanmoins une part importante dans la formation de cette sorte de cal vertébral revient au traumatisme opératoire lui même qui dès le début va créer une perturbation salvatrice dans la circulation locale.

Si le rôle de blocage de la colonne vertébrale par le greffon est absolument nié ou si l’on ne lui attache qu’une importance minime il est bien évident que l’on aura intérêt à prendre un grefion long et large ; mais d’autres opérateurs soutiennent qu'un greffon trop long immobilisant un segment trop important du rachis, ne limitera pas son ankylose aux segments médullaires malades mais l’étendra bien au dessus et bien au dessous.

Pour nous dans les observations prises au Sanatorium du Grau du Roi nous avons toujours employé un greffon portant sur les apophyses épineuses malades et celles immédiatement sus et sous jacentes.

Les résultats ainsi obtenus nous permettent de croire à une efficacité aussi marquée de cette méthode, que de la technique à longs greffons.

Nous appelons lattention sur les signes radiographiques

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