‹ La greffe de muqueuse buccale: thérapeutique du pterygionChapitre 10 sur 16 · HOT · texte numérisé non relu

HOT

elle donne lieu à des récidives à peu près immédiates.

La cautérisation consécutive à l’ablation du pterygion pourrait paraître plus logique et plus afficace, par le fait qu’elle provoque la formation d’un tissu cicatriciel là où était implanté le pterygion. Cette thérapeutique, de l’aveu même de ceux qui l’ont employée donne lieu à de fréquentes récidives. Et l’échec de ce procédé peut s’expliquer, à notre avis, par la différence du processus de cicatrisation au niveau de l’œil et dans les autres organes : alors qu'après une cautérisation cutanée, par exemple, il y a envahissement de toute la région par du tissu fibreux que l’on retrouve au niveau detousleséléments histologiques, au niveau de l’œil il y a une régénération de tissus à peu près semblables aux tissus normaux. Le pterygion se trouve alors dans les conditions optima pour récidiver, d'autant mieux que la région cautérisée est formée alors de tissu en état de moindre résistance.

Procédant d’un même ordre d'idées les traitements par la diathermocoagulation et par l’electrolyse n’ont pas donné à leurs auteurs les résultats escomptés et ces auteurs eux-mêmes reconnaissent qu'il y a un certain danger à appliquer ces procédés.

Nous ne ferons pas une étude des différents procédés dits Refoulements, Plicatures et Déviations; ces

procédés ont été employés et le sont encore à l'heure

me

actuelle par de nombreux ophtalmologistes. Ils consistent à enfouir la tête du pterygion sous la conjonctive bulbaire ou à la détourner de sa direction primitive, le principe étant le même dans les divers cas. Ces méthodes nous semblent devoir être abandonnées complètement. Il est en effet absolument contraire à la logique, lorsqu’on se trouve en présence d’une formation à caractères extensifs et destructifs, en un mot lorsqu'on se trouve en présence d'une tumeur maligne, de la détourner simplement de sa direction primitive sans essayer de l’extirper. Le résultat ne peut être que la récidive à plus ou moins longue échéance, et d’autre part le résultat esthétique qui doit tout de même être envisagé est absolument défectueux, surtout dans le refoulement.

Restent les opérations plastiques, et en premier lieu les autoplasties conjonctivales à lambeau pédiculé qui consistent à recouvrir la région où reposait le pterygion avec un lambeau conjonctival mis en place par glissement ou par retournement. De nombreuses techniques ont été décrites pour obtenir cette sorte de recouvrement conjonctival, et toutes donnent lieu à des récidives fréquentes toujours pour la même raison : il n’existe aucune barrière s’opposant à une nouvelle prolifération du pterygion.

Un procédé pouvait paraître donner des résultats :

l’autoplastie avec un lambeau de conjonctive saine

ne te dat QD Ne SE EAN CN Sie PA QE A EE

De MEN DS Deer Dee

prélevé sur un œil non atteint ; malheureusement, la récidive est à peu près certaine et encore plus rapide qu’avec l’excision simple; il semble que le terrain créé par la greffe soit plus favorable à la nouvelle prolifération du pterygion.

La kératoplastie proposée par Magitot est fort heureusement à peu près abandonnée, du moins en tant que traitement du pterygion. Cette opération consiste en principe à combler un vide en en créant un autre à côté, La cicatrisation de la cornée au niveau du point où on enlève le lambeau donnera fatalement naissance à une taie qui, si elle ne gêne en rien la

vision sera absolument inesthétique. D’autre part, le

Page 1