‹ La greffe de muqueuse buccale: thérapeutique du pterygionChapitre 7 sur 16 · NOR · texte numérisé non relu

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E. Redslob, sous le titre : « Contribution à l'étude de la nature du ptérygion. ».

Il est de toute évidence que nous n’envisagerons ici que les ptérygions vrais dont les caractères cliniques et anatomo-pathologiques les plus importants seront repris ultérieurement en insistant tout particulièrement sur ceux qui sont en faveur de la thérapeutique préconisée.

Et précisément à ce propos, nous considérons. comme une erreur d’une importance capitale le fait que dans toutes ou presque toutes les études publiées sur le ptérygion les auteurs fassent une place aux ptérygions cicatriciels ou artificiels. Ces formations étant la résultante soit d’une atteinte antérieure de l'œil, soit d’une intervention chirurgicale, doivent être étudiées avec leurs causes et non, comme nous le verrons à propos de l’anatomie pathologique avec le véritable ptérygion; leur aspect, leurs caractères sont tellement différents qu’il n’y a même pas lieu de les considérer au point de vue du diagnostic différentiel qui serait le seul à envisager et seulement par des gens non avertis. Or s’il est une question qui relève uniquement du domaine du spécialiste, et qui n'intéresse que lui, c’est bien celle, si complexe mais

bien facile à simplifier, du ptérygion.

Symptomatologie du ptérygion

Dans l’étude de la symptomatologie du ptérygion, il n’y a pas lieu, à notre avis, de tenir compte des pterygions que nous qualifierons d’anormaux ou d’atypiques. Ce sont les pterygions qui siègent partout ailleurs qu’à l’angle interne de l’œil : soit verticaux en haut ou en bas, soit obliques, soit enfin ceux de l’angle externe.

Et, somme toute, à part leur situation particulière, ces ptérygions sont d’une constitution absolument identique et peuvent arriver à produire exactement les mêmes symptômes et en particulier le plus génant : le trouble visuel par oblitération de la pupille, que les ptérygions en place normale.

De plus rien ne s’oppose à ce qu’on leur applique exactement le même traitement sans aucune modification de technique, qu’à ceux de l’angle interne. En conséquence, tout ce que nous disons du ptérygion de l’angle interne s’appliquera aux autres qui sont extrêmement rares et constituent plutôt des curiosités

pathologiques sauf cependant les ptérygions externes.

MN Fe

Il faudrait pour étudier les symptômes du ptérygion le considérer à la période de début et à la période d'état mais il est bien difficile de définir ces deux périodes et surtout de leur donner des limites. La période de début existe évidemment mais nous pouvons affirmer à coup sûr que nous ne la connaissons pas. Des auteurs ont cité à ce moment des signes d’irritation, de conjonctivite bullaire, ceci est fort problable, mais il n’est pas encore possible de dire qu’il y a pterygion et lorsque l’ophtalmologiste voit le malade, il est en général déja porteur d’une néoformation qui empiète sur sa cornée. On ne peut plus alors parler de période de début, c’est bien la période d'état.

À l'examen d’un porteur de pterygion on constate d’abord la présence d’une formation triangulaire siégeant sur la cornée : la base est située au limbe et un sommet se dirige vers le centre de la cornée ; de teinte rosée, vascularisée, cette formation fait une saillie assez peu accentuée et présente des dimensions très variables : au début la distance qui sépare le sommet du limbe peut être infime mais le pterygion va s'étendre et, se dirigeant vers le centre de la cornée, arrivera à masquer en partie la pupille. On constatera par des examens successifs un envahissement de la cornée progressif et variable dans sa rapidité. Contrairement à la tête qui paraît macroscopiquement avoir

des limites assez nettes, le corps du pterygion forme

une Saillie émet des prolongements radiés qui se con-: tinuent sans démarcation nette avec cette même conjonctive bulbaire ; et c’est précisément cette absence de limites nettes qui nous permettra d’affirmer qu'on ne peut pas enlever à coup sûr un pterygion dans sa totalité.

Entre ces deux éléments, tête et corps, se trouve 1e col, région assez mal définie dans sa topographie et surtout dans ses rapports avec le plan sous-jacent qui est le limbe. De nombreux auteurs ont prétendu qu’à ce niveau il y avait possibilité de passer un instrutrument sous le pterygion sans effraction des tissus, et, partant du ce décollement pré-existant, certains de ces auteurs ont prétendu encore qu’ils pouvaient décoller entièrement la tête du pterygion. Cette conception est absolument fausse ; le col du pterygion, bien qu’il présente à chacun de ses deux bords supérieur et inférieur, une fossette, est adhérent à la cornée en son milieu, et d'autre part nous verrons en étudiant l’anatomie pathologique que la tête du pterygion n’est pas simplement posée sur la cornée, mais qu'il y a une pénétration des lames cornéennes par certains éléments du pterygion. Il n'existe aucun plan de clivage à ce niveau. Le seul point intéressant de l’étude macroscopique du pterygion, réside dans cet envahissement progressif du centre de la cornée

car il en résulte un trouble visuel considérable, étant

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